Temples de Confucius
Le caractère des temples de la religion de Confucius est le plus souvent funéraire, ce sont les demeures des esprits, génies ou âmes des morts. Le. nom de la tablette place de Vàme suppose un esprit présent, Chin. Mais il faut remarquer que le mot Chin bien défini par l'usage que nous en avons indiqué au commencement de ce livre signifie matière invisible, en sorte que la conception chinoise des esprits est toute différente de la nôtre qui exclut Fidée de matière. Elle est identique à l'idée qu'avaient les Grecs et les Romains dans le culte qu'ils rendaient aux morts et aux ancêtres, aux Mânes et qui est tout à fait semblable à celui que leur rendent les Chinois depuis un temps immémorial « Se reporter à la Cité antique » de M. Fustel de Coulanges, chapitres I et IL
Dans chaque chef-lieu de district, il y a un temple de Confucius. Tous ces temples grands ou petits ont le même nombre de portes, de parties semblables et d'autels; il suffit de décrire l'un d'eux comme type ; nous en prendrons un à Shangaï.
On pénètre dans l'enceinte par trois portes à claire-voie faisant face au sud. Celle du Centre est la porte de l'Etoile Ling ; en tête de la porte de droite on lit l'inscription : « Sa vertu égale celle du Ciel et de la Terre » ; sur celle de gauche « sa doctrine surpasse celle des anciens et des modernes. »
En s'avançant, on rencontre d'abord un Etang demicirculaire dont l'eau est considérée par les lettrés comme l'emblème de la pureté des doctrines du grand Maître. Un pont à trois arches est jeté sur cet étang et on croit que ceux qui le franchissent sont purifiés de toutes leurs taches. Il forme la tête d'une avenue, dans la direction du Nord, bordée d'autels élevés à la mémoire des « magistrats célèbres » et des « sages» de la localité et conduisant à une porte qui donne entrée dans une vaste cour entourée de petites salles ou portiques fermés. Au fond est le temple appelé : le Palais du grand et du Parfait.
Original from UNIVERSITY OFVIRGINIA
SI
-4 eu
ti CU
eu o
eu
La toiture inclinée est couverte de tuiles vernies et supportée par des piliers massifs de bois coloré en rouge.
On y voit d'abord trois tablettes, chacune avec une inscription ; celle du Centre « depuis que l'homme existe, il n'y a jamais eu de sage pareil » ; celle de droite : le Maître (renseignement) de toutes les générations, celle de gauche « l'Egal du Ciel et de la Terre. »
De chaque côté sont des autels dédiés aux plus célèbres de ses disciples : à l'Est ceux de Yenn tsee « l'autre saint o et de Tsseu Tsee (le descendant du saint) ; à l'Ouest ceux de Tseng-tsee l'adorateur du saint et de Meng tsee (le second saint). On les appelle les quatre assesseurs de Confucius.
A droite et à gauche sont de nombreux autels dédiés aux hommes les plus célèbres de l'antiquité qui ont suivi les doctrines de Confucius ; leurs noms sont inscrits sur des tablettes ; douze principaux ont le titre des douze Sages ; soixante-quatre, seulement celui de disciples.
Toutes les tablettes ont de deux à trois pieds de long et de trois à cinq pieds de haut. Elles sont en bois peint ou en belle laque rouge. Les lettres en relief sont dorées.
Parfois, mais rarement, dans divers temples, des statues représentant Confucius et ses disciples remplaoent les tablettes. La préférence donnée généralement aux tablettes a eu évidemment pour but d'empêcher le culte de dégénérer en idolâtrie. Un édit d'un Empereur a proscrit ces statues.
Près du temple de Confucius est celui plus modeste dédié aux femmes vertueuses de la province. Devant chacune d'elles est placée une tablette où Ton brûle de l'encens dans certaines circonstances. Il existe quelquefois de pareils temples hors des villes.
Tout autour de l'enceinte, il y a de petits temples ; celui de l'Equité et des livres sacrés, celui de la littérature qui seul contient l'image du dieu, les autres ne renfermant que des autels et des tablettes, etc.
Le dieu de la guerre et Van chang le dieu de l'instruction ont partout des dévots. Le dernier est l'objet particulier des hommages des étudiants ; on croit qu'il prend leurs noms et les inscrit sur un livre de mémoire en leur donnant des Notes. Il est fameux pour ses qualités et ses œuvres littéraires et son amour de la vertu. Toutes les
nnf ib Original fronn
,uu ô lL UNIVERSITY OFVIRGINIÂ
grandes villes de la Chine ont des temples en son honneur, il a pour dévots, outre les étudiants, des personnes df tout sexe et de tout rang.
Il y a à Canton dix temples du genre de ceux qui viennent d'être décrits.