‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 54 sur 129 · Cérémonies en V honneur de Confueius · texte numérisé non relu

Cérémonies en V honneur de Confueius

Chaque année, au printemps et à l'automne, Confueius est honoré dans tous ses temples, et des offrandes sonl faites à ses mânes. La cérémonie a lieu dans tout l'Empire, le même jour, à la même heure, au lever de l'Aurore. Les offrandes sont constamment présentées à Pékin par l'Empereur et partout ailleurs par le Mandarin dû grade le plus élevé.

La veille du jour de la cérémonie, un bœuf, neuf montons et neuf pourceaux sont introduits processionnellement dans le temple, escortés de mandarins, de musiciens, de porteurs de bannières, tous en habit de cérémonie. Le lendemain, après avoir été offerts aux Mânes de Confueius, les animaux sont immolés à Vàbattoir le plus voisin. Ce détail prouve qu'ils sont la matière d'une offrande et non d'un sacrifice. Les corps, ceux des moutons dépouillés de leur laine, et ceux des bœufs et des porcs de leur peau, sont placé? sur les autels, le bœuf sur celui faisant face à la tablette de Confueius, les autres animaux vis-à-vis des tablettes des principaux disciples ou parents.

Trente différentes sortes de fruits, de Heurs, de gâteaux, ainsi que dix-sept rouleaux de soie blanche sont également offerts à Confueius ; neuf de ces rouleaux sont placés sur une petite table dressée du côté Est du grand autel ; les huit autres sur une table semblable du côté de l'Ouest.

Ces deux tables reçoivent en outre trois pots d'encens, deux flacons de vin et vingt-quatre coupes pour libations religieuses. Cinq de ces dernières, les plus sacrées, de six à sept pouces de hauteur, sont en cuivre et montées sur trois pieds. Elles portent sur les côtes deux anses et deux

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as-reliefs représentant le faipeux quadrupède que les hinois appellent Kélin. Les autres coupes sout en poreeline.

Près du grand autel, soixante-quatorze musiciens, pora urs d'instruments à vent, à cordes, et à percussion, très rimitifs, accompagnent deux hymnes qu'on chante in valablement dans ces fêtes.

Sur Igb autels des quatre assesseurs sont déposés deux fioutons et deux porcs avec vingt-cinq sortes de Heurs, e fruits et de gâteaux ; sur ceux des douzes Sages, un fiouton, un porc et quatorze espèces de fruits et de gâeaux ; sur ceux des soixante-quatre Ecoliers (disciples) énérables, deux moutons, deux porcs, et dix autres eslèces de fruits, de fleurs et de friandises. Quand tout est jnsi préparé et que toutes les autorités civiles et milinires sont présentes, on donne Tordre de commencer la érémonie. -

Aussitôt les assistants vont prendre place aux quatre ingles du sanctuaire, la face tournée vers le grand autel, tendant que deux officiers vêtus de robes blanches, poreurs d'étendards et trente jeunes gens, tenant à la main le longues plumes de paon, vont occuper un kiosque n pierre qui s'élève à l'entrée du principal sanctuaire.

Alors le maître des Géiémonies adresse à la tablette qui «présente le génie de Confucius, ces mots : « Reçois, Es- •rit Un autre maître de Cérémonies répond : « L'Esprit i reçu. »

Vient ensuite un héraut qui, après plusieurs génulexions, dit : « Tu es grand, ô sage parfait, tes vertus et es doctrines sont complètes. Nul ne t'a égalé. Tous tes ois t'honorent ; tes doctrines, tes lois ont glorieusement riomphé. Tu es le modèle que prend celte assemblée ; ivec une crainte respectueuse, nous faisons retentir nos rongs et battre nos tambours. »

En ce moment, les chanteurs font entendre un hymne Raccompagnent les musiciens, pendant que les mandarins agenouillés se prosternent jusqu'à trois fois. Puis le fonctionnaire qui représente l'Empereur, entre dans le Sanctuaire par la porte de l'Est, se purifie en lavant ses mains dans un vase d'airain et se place devant l'autel, pour faire hommage à Confucius des offrandes. Il s'agenouille et se prosterne ; pendant qu'il est encore incliné,

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un servant placé à sa droite lui tend un bâton d'en enflammé qu'il élève au-dessus de sa tête et passe e~ à un second servant qui le reçoit sur un brûle-parf L'Empereur ou son représentant répète la même cér nie pour les quatre Assesseurs et les douze Sages, fait, il repasse en s'inclinant devant la tablette de Co cius. sort du Sanctuaire et retourne au quadrangle temple. Il s'y s'agenouille encore, ainsi que tous les — darins présents, pendant que les chœurs chantent hymne à Confucius. Il va jusqu'à neuf fois du quadrang] à F autel, offrant alternativement des fruits, des fleur des soies, des viandes et du vin, mais toujours après k avoir tenus élevés au-dessus de sa tête pendant quelque instants. A la fin de la cérémonie, il s'incline une dei nière fois et envoie un héraut lire à genoux devant Tault de Confucius la prière suivante : (League, the religion i China). x * ,

Nous, au nom de Sa majesté l'Empereur, offrons ui sacrifice 1 au philosophe K'ung, l'ancien Maître f le Sag parfait. 0 maître dont la vertu égale le Ciel et la TerH dont la science embrasse le passé et le présent 2 , qui a laissé les six classiques et donné les leçons pour toutej les générations !, dans ce second mois du printemps (ot d'automne), nous t'offrons pieusement un sacrifice. Non! t'associons dans notre pensée le philosophe Yen toJ émule, Tseng le propagateur de ta doctrine, Tse-sze toi continuateur et Nang, ton second. Puisses-tu jouir de na offrandes !

La prière sur papier jaune et en lettres rouges est ensuite jetée dans un brasier par le héraut ; c'est l'offrande la plus éclatante et suprême, en raison de la vertu que les Chinois attribuent aux papiers écrits. Puis chacun se retire,

* Le mot Sacrifice, n'a pas sans doute ici le sens indien oo payen d'holocauste pour nourrir celui auquel il est fait de li fumée de l'encens et de l'odeur des victimes ; à la rigueur cette supposition pourrait s'appliquer aux mânes ; pour les lettrés les plus éclairés il s'agit d'un simple hommage par l'offrande des objets réputés les meilleurs.

«Remarquons qu'il n'est pas question a'avenir, ni de rien de surnaturel.

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Confucius reçoit encore d autres témoignages de vénération ; une génuflexion est faite devant sa statue ou devant sa tablette, le premier jour de Tannée, à l'anniversaire de sa naissance et le premier et le quinzième jour de chaque nouvelle lune.

Ce culte Confucéen est certainement très remarquable par sa simplicité et par sa nature exclusivement philosophique.

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