‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 67 sur 129 · De l'athéisme attribué aux Chinois · texte numérisé non relu

De l'athéisme attribué aux Chinois

A en croire seulement les sinologues, le Monothéismi serait tout aussi antipathique à la nature des Chinoil qu'il est sympathique à celle des Sémites. Sauf Paul An< tonini, tous les synologues prétendent que le nom d| Dieu n'existe même pas comme racine dans la langod Chinoise, Les trois religions de la Chine sont athées.

Le spiritualisme de la Chine, si toutefois on peu donner ce nom à ses croyances, se réduit à ridée grosi sière et confuse chez le plus, grand nombre, de l'existence de l'âme et d'une certaine continuation après la mort dot cette existence dans les Esprits. Le surnaturel n'est che^ les Chinois que superstition. Manquant de cœur, ils ne| peuvent avoir l'amour de Dieu comme les chrétiens ; dé*J pourvus d'imagination, ils ne sont point susceptibles dôj la dévotion exaltée et sensuelle des Hindous Sivaïstes oui Krischnaistes.

On ne saurait cependant admettre que le Chinois est, par nature, essentiellement antithéiste. Sans parler des objections philosophiques qui, dans tout esprit non athée* s'élèvent contre cette conclusion, l'histoire offre un trop! grand nombre de Chinois Monothéistes pour qu'on puisse!

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attribuer à leur race l'absence complète du sens religieux. La tendance vers l'unité est naturelle à l'esprit humain en général et, universellement, elle conduit au dieu personnel, soit qu'on le considère comme foyer d'amour ainsi qu'en Occident, soit qu'on le regarde comme force et justice souveraine, point de vue que les Chinois admettent bien plus volontiers que les théories Indiennes brahmanistes et Bouddhistes de la métempsychose et de la rétribution future inhérente aux actes.

Ainsi que nous l'avons dit au titre V. M. d'Hervey de Saint-Denys, en fouillant et discutant le Chi-King et le C.hou-King, ouvrages où Gonfucius a réuni les matériaux formant la doctrine et les croyances des anciens Chinois, déclare avoir trouvé l'immortalité de l'âme et un Dieu unique et omnipotent.

L'hymne aux ancêtres, antérieure de cinq siècles à Gonfucius, renferme deux passages exprimant que les ancêtres étaient associés à la gloire du maître du ciel, mais non confondus avec lui. Nous les empruntons à la traduction de l'hymne par le père Amyot ; (c'est l'Empereur qui parle à ses ancêtres) :

— « Je vois avec transport vos âmes immortelles De délices toujours nouvelles Goûter l'ineffable douceur » — — « Vous descendez pour moi du séjour du bonheur. » —

Enfin, un dernier passage fait jouer au maître du ciel le rôle de dieu assistance et par conséquent providence.

« Du pouvoir le pesant fardeau Me ferait trébucher sans cesse Si le ciel ne daignait secourir ma faiblesse Par un secours toujours nouveau. »

Ces citations ne sont qu'en apparence contradictoires avec ce que nous avons dit au chapitre II sur l'Animisme ; car cetté dernière croyance n'est ni le matérialisme, ni l'athéisme, c'est seulement le premier degré dans le spiritualisme ; et on conçoit, qu'en Chine, l'élite de la nation, ses sauges et ses chefs, se soient élevés assez rapi-

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dément à un degré supérieur, tandis que le vulgaii restait presque matérialiste *.

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