L'empereur Kang-hi et les Jésuites
L'Empereur Kang-hi qui cultivait l'Arithmétique, la Séométrie et l'Astronomie, favorisa les missionnaires qui étaient de savants Jésuites et les employa, surtout dans te tribunal des Mathématiques; par un éditde mars 1652, il leur accorda l'autorisation de prêcher leur religion.
Rendue au culte catholique après le traité de Tien-tsi vers 1858, elle a été remplacée par une autre, à cause de sa trop grande proximité du palais impérial.
En 1687 Louis XIV envoya une ambassade en Chine et l'Empereur de Chine envoya une ambassade à Paris. Le marquis de Louvois fit partir pour Pékin six missionnai-
res.
L'Empereur Kan'g-hi se déclara leur protecteur et fit bâtir à Pékin une belle Eglise qui a été fermée lors de la persécution, mais cependant conservée par respect pour l'inscription qu'y avait fait mettre Kang-hi pour consacrer le souvenir de sa donation. Elle a été rendue au culte
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catholique solennellement après le traité de Tien-tsi et 1 général de Montauban avec son Etat-majpr a inaugur cette restitution.
il. Eclipse du Catholicisme.
Le successeur de Kang-hi se brouilla avec les catholi ques, à cause du peu de tolérance de la cour de Rome pour le culte des ancêtres. Les Jésuites, mieux à même de juger la situation religieuse, avaient toujours su sa rendre agréables à la cour de Pékin, On raconte qu'un empereur fut même sur le point de se convertir, ce qui aurait entraîné toute la Chine. Mais il avait une seconde épouse dont il était épris ; ce fut l'obstacle. Les Jésuites fermaient les yeux et avaient quelques condescendances, peut-être uniquement de forme, pour les usages et les traditions de la Chine, notamment pour le culte des ancêtres, les offrandes de fruits et de fleurs devant les tablettes de Confucius et des sages, et les cérémonies en l'honneur des mânes dans lesquelles ils s'efforçaient de ne voir que des témoignages de respect filial. Les Dominicains venus après eux pour la conversion de la Chine, et beaucoup plus rigoristes, entrèrent en lutte avec eui, comme ils l'avaient fait dans l'Amérique du Sud. Ils les dénoncèrent à Rome comme trop faciles et manquant à l'Orthodoxie. Les Jésuites furent condamnés par une bulle de Clément XI en 1715, comme ils lavaieut été dans l'Inde pour leur condescendance aux usages de l'Inde. Dans les deux pays le résultat fut fatal à l'œuvre de la conversion. En Chine la querelle entre les deux ordres religieux, et les exigences toutes nouvelles des missionnaires obligés de se conformer à la Bulle, firent prendre leur religion en doute et en aversion, et les refus essuyés par l'Empereur aliénèrent la cour. De là une persécution et une situation que le père Attiret- Jésuite, dans une lettre du 1 er novembre 4743 qui fait partie de la collection des lettres curieuses et édifiantes, décrit ainsi :
* Le dernier Empereur a chassé les missionnaires et il a confisqué leurs biens ; il n'a laissé que les Européens
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le la capitale comme gens utiles à l'état par les mathénatiques, les sciences et les arts, L'Empereur régnant a aissé les choses sur le même pied. »
• Plusieurs des missionnaires chassés sont rentrés secrètement dans les provinces ; de nouveaux venus les ont suivis en assez grand nombre. Ils s'y tiennent tous cachés le mieux qu'ils peuvent et cultivent les chrétientés, ne faisant guère leurs fonctions que la nuit. »
« Nous sommes avoués dans la capitale ; nos missionaaires y exercent leur ministère librement. Nous avons ici trois églises, une aux Jésuites français et deux aux Jésuites portugais, italiens, allemands. 11 y a dans Pékin un très grand nombre de chrétiens qui viennent en toute liberté aux Eglises. »
Mais on ne laisse cette liberté que, parce que l'Empereur sent qu'il a besoin des missionnaires. Ceux qui sont dans les provinces n'y sont pas tellement cachés qu'on ne pût les découvrir si on voulait, mais les mandarins ferment les yeux, parce qu'ils savent sur quel pied nous sommes à Pékin. »
Peu après, fut supprimée la société de Jésus à la charge de laquelle on mettait, en Europe, plusieurs actes funestes, tels que la dispersion de Port-Royal, la Révocation de TEdit de Nantes, mais qui, dans les missions, a toujours rendu et rend encore aujourd'hui les plus signalés services. Ce fut un rude coup pour les missions catholiques, les seules qui existassent alors, et surtout pour celles de la Chine *. En 4773, la congrégation des missions étrangères fut chargée par le Saint-Siège et par la cour de France, de remplacer les Jésuites en Orient et en
1 Le Yévérend Eskins, missionnaire protestant en Chine, s'exprime ainsi, au sujet des Jésuites : Les missionnaires Jésuites, jeunes hommes animés d'un noble zèle et d'un généreux esprit de sacrifice, n'ont jamais été dépassés par aucun ordre de missionnaires en science profonde et en dévouement à leur religion et à leur ordre. Le caractère des convertis à la communion romaine en Chine parait être supérieur aujourd'hui à ce qu'il est dans l'Inde; on en trouve un grand nombre qui connaissent bien les doctrines et l'histoire du christianisme, tandis que les Catéchumènes catholiques romains de l'Inde sont en général fort peu instruits.
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Chine ; mais, peu après, éclata la révolution française qui bouleversa toute l'Europe. Ne se recrutant presqu( plus de missionnaires dans l'Occident, le Christianisme s'éteignit presque dans l'Extrême-Orient. Les peuples de ces contrées n'ont point la force, ni surtout la chaleui d'àme de ceux de l'Occident. En Europe, la persécution élève les cœurs et retrempe les caractères ; en Asie, as contraire, elle les abat ; elle a anéanti le Bouddhisme dans l'Inde, et le Christianisme en Chine et au Japon.
La faiblesse d'esprit et de caractère des Hindous (les brahmes exceptés), ne permet point en général auj missionnaires d'en faire des catéchistes, des collaborateurs. Au contraire, parmi les Chinois et les Japonais, ils ont pu former des propagateurs et des confesseurs de la foi chrétienne dont quelques-uns même, surtout au Japon, ont subi le martyre volontairement. Mais le sang de ces martyrs n'a pas été une semence féconde de nouveaux chrétiens. Le Bras séculier a toujours, dans ces contrées, triomphé de toute résistance religieuse. A toute époque on a vu les Mandarins Chinois se permettre tout envers le culte, ouvrir ou fermer à volonté les temples de toute secte, introniser ou détrôner des idoles, renvoyer à la vie privée les bonzes et marier les bonzesses avec les premiers venus. Ce sont là des actes de tous les jours et qui paraissent simples et naturels en Chine, tandis qu'ils sembleraient exorbitantans en Europe. A tort ou à raison, les Missionnaires sont persuadés qu'en écartant de l'Inde les Brahmes et de la Chine les Bonzes, il serait possible d'amener les populations au Christianisme moitié par autorité, moitié par enseignement. On sait, qu'il y a peu d'années, le Gouvernement Japonais avait formé le projet d'arrêter, en puisant à toutes les sources, la meilleure religion possible et de la faire régner, ne doutant nullement de son acceptation.
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