Le Christianisme et les lettrés
D'ailleurs la cour et les mandarins ne tarderont pas reconnaître, qu'en ce qui concerne la Chine, les missioi pèsent bien peu dans la politique générale aujourd'hi subordonnée aux grands intérêts commerciaux et appuyé par des engins et des moyens de guerre formtdablei Ce n'est pas la propagande religieuse, qui mettra j mais l'Empire en péril s'il sait, par des traités & commerce bien combinés, maintenir l'équilibre entr les puissances Européennes qui le touchent, et en mèm
1 La situation de l'Annam a rendu en dernier lieu la Ghii plus hostile au Catholicisme et plus favorable au Bouddhisun Le père Jésuite Parennin a écrit dernièrement dans les Lettre! Edifiantes : « On ne voit partout que bonzes et pagodes qu l'Empereur a encore bien plus multipliés que ses prédécesseurs. »
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ps organiser à l'intérieur des moyens de défense sufnts ; armée, chemins de fer, places fortes. Les Chinois t déjà vu que la concurrence par le commerce la navigation maritime, leur servira à arrêter les ogrès des Anglais chez eux, mieux que tout autre oyen.
Ils s'apercevront aussi que l'absence de prosélytisme s ce qu'on appelle les trois religions de la Chine, et manque de foi des Chinois dans la métempsykose uddhiste, le seul dogme qui puisse suppléer jusqu'à un brtain point à celui d'un dieu personnel rémunérateur tes œuvres, vont laisser toute la lutte pour la conquête jeligieuse, aussi bien en Chine que dans l'Inde et en ^Trique, se continuer exclusivement entre le Christia- $sme et Tlslam, les deux grandes religions monothéistes, [ombreux, riches et actifs, les Musulmans s'accroissent à t fois par la propagande de chaque fidèle et par le ra- |de développement de leur population. Le gouvernement fiinois est impuissant à arrêter cet envahissement. La ropagande chrétienne peut seule, avec les ressources u'elie tire d'Europe et d'Amérique, disputer le terrain ux Mahométans. Or, les chrétiens sont des[sujets toujours >umis, lors même qu'on les proscrit, et ils apportent rec eux la bienfaisance, la civilisation et la science. Les insulmans, au contraire, ont pour cortège l'insurrection, t violence, l'esprit de guerre et de conquête, le luxe et I corruption des fonctionnaires, le despotisme presque trinisé, en un mot tout ce qu'il y a de plus contraire ftx besoins, au tempérament et aux traditions de la Bine. Les lettrés peuvent être conduits un jour, par igcessité politique, à opposer le Christianisme à l'Islapsme contre lequel le Bouddhisme refroidi et discrédité test aujourd'hui qu'une trop faible barrière. Alors ils Iront, pour le Christianisme, ce qu'ils étaient pour le buddhisme sous la dynastie des Sung, des philosophes imirateurs de sa morale et de sa science religieuse, des |>li tiques respectant et encourageant la foi dans les tasses et, en même temps, des libre-penseurs (dans le isis large du mot) adhérant peut-être, au fond les uns * positivisme français et au Darwinisme, les autres au writualisme indépendant, mais s'en tenant pour leur induite et leur doctrine publique à la morale élevée de
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Confucius, à sa théorie facile et conciliante du juste m* lieu, au bon sens pratique et prosaïque.
Ils resteront ainsi fidèles au génie et aux antiques traditions de la Chine jusqu'à ce que ses institutions dispa raissent englouties par une tourmente sociale ou par uni invasion étrangère. Mais c'est uniquement par le relève ment intellectuel et moral de la masse de la populatio: que le principe de la solidarité humaine dominera Chine effectivement et non pas seulement nominalemeni comme cela a lieu aujourd'hui. Ce relèvement suppofl une transformation dans le mode d'apprendre et d'ensci gner, dans la langue et l'écriture. Il faut que la scienc des choses remplace la science des mots et des sentence philosophiques qui, jusqu'aujourd'hui a été à peu prèsl seule possédée par les lettrés. Déjà les Chinois voien que cette science est creuse et que les étrangers, en étu diant beaucoup moins, apprennent beaucoup plus, h révolution est déjà en partie faite dans les esprits ; la mi sère publique peut un jour la faire passer dans les faits La classe des commerçants serait alors substituée à celle des lettrés pour le gouvernement, comme en Europe H bourgeoisie l'a été à la noblesse. Tout l'avenir est dans les progrès que la classe riche fera en instruction et en influence. Ces progrès seront lents parce que les corn* merçants Chinois sont habitués à se désintéresser de la politique. Le corps des lettrés a d'ailleurs tout intérêl à isoler le plus possible les Chinois des étrangers et des chrétiens dont l'exemple ruine leur prestige de savoir el de sagesse. C'est sans doute à cet intérêt autant qu'à leui patriotisme qu'il faut attribuer la lutte sourde ou ouverte des mandarins et des lettrés contre les chrétiens soit et Chine, soit en Annam, lutte qui s'est traduite si souvenl par le meurtre et la dévastation.
i La misère publique est grande malgré le bas prix des subsistances à cause de l'exiguïté des salaires. Un porteur de p»' lanquin est payé 0 fr. 50 comme dans l'Inde.
Original from UNIVERSITY OFVIRGINIA