Les Darani
La collection des Daranis forme le i« r tome du Kaa jour Thibétain, Leur objet avoué est de conjurer les dâ gers et de calmer les frayeurs superstitieuses ! . Il y beaucoup de petites légendes dans ce sens. On peut c« sidérer comme des Daranis les diverses dénominatiû ou épithètes des Bouddhas et des Bodhisattvas et cel des monuments. La vertu mystique de celles-ci procfl l'aide de celui qui est dénommé soit oralement soitp écrit ; l'entretien des monuments religieux et les pro« sions autour d'eux ont la même propriété. Certains Dai nis couvrent les monuments et les idoles.
Avec eux apparaissent dans la théorie des conjuration les sacrifices expiatoires (Bala) pour éloigner les mauva esprits. C'est principalement là-dessus qu'est fondée) cérémonie des funérailles. Les conjurations et les M<H dras détruisent Tenfer qui peut-être attend le mort;fl invoque les Prêta et on les fléchit ; on évoque les pécW du défunt et on les annule ; on fait paraître ses bonne œuvres, on prépare le breuvage qu'on verse dans la gorj du défunt ouverte par les Moudras et les Daranis; on 11 donne la consécration des trois joyaux.
Par là on lui procure une meilleure renaissance et ol prépare en lui un homme religieux dans la vie futurt Comme cérémonial c'est presque le retour au Brahm* nisme ; comme doctrine, c'est tout le contraire du dogme è Bouddha sur l'influence absolue et exclusive des mérita et des démérites. Mais en même temps, c'est la tendres* pieuse et compatissante de presque toutes les religions, pour les morts.
Le soutra tantrique de la conservation ajoute que si l'homme n'a été ni bon ni mauvais, comme il ne renaîtra
* Ne pouvant empêcher le peuple de croire aux Esprits et aux démons et aux charmes, le Bouddhisme a pris le parti de, lui donner des remèdes imaginaires pour des maux imaginai* res.
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part, son âme restera dans la tombe (cela paraît interpolation chinoise) ; en cas contraire, il ira au ou dans Fenfer.
ajoute encore que notre monde étant corrompu, on it désirer renaître dans les autres mondes et particulent dans le royaume d'Amitabha. Les vœux et les res procurent la renaissance dans les régions pures tnonde de Bouddha; mais l'aumône au nom d'un int réduit sa peine, et celui qui la fait, a la septième ie de cet avantage, si Ton donne en entier la fortune ticulière du défunt, on peut le sauver de l'enfer (il se rappeler que les enfers bouddhiques ne sont que purgatoires ! .
tour que les Daranis opèrent, il faut qu'ils soient réciou lus un grand nombre de fois. C'est pourquoi cette Station ou cette lecture a été remplacée au Thibet et Mongolie par la roue à prières, y a tout un système pour assurer l'efficacité des Dais.
.Celui qui y a recours doit croire aux trois joyaux, " \\er des aromates, donner une place dans son cœur aux mddhas et Bodhisattvas. — Enfin on dresse des autels itour des Daranis. Dans ces conditions, les Daranis dément presque des formules de prières et la croyance leur efficacité n'est plus que l'exagération de la >yance à l'efficacité de la prière. En fait, dans tout ce îi précède et dans ce que nous verrons de la dévotion tes ThibfUains, il y a à peu près confusion entre les Dans et les prières.
Après avoir vu les objets dans les noms, puis les noms îs les lettres, on a attribué aux lettres une valeur ibstantielle et un pouvoir mystique.
L'usage des chapelets pour compter les répétitions des
■ 1 1 II y a dans l'ensemble une ressemblance incontestable entre fées croyances et les croyances catholiques. 11 faut remarquer 'toutefois que, d'après ces dernières, ce sont les prières, les , mortifications etc. des vivants, bien plus que les aumônes, qui servent pour les âmes du purgatoire et que les souffrances que t'impose un dévôt catholique à l'intention des âmes du purgatoire sont comptées à celles-ci avec un énorme coefficient en f leur faveur ; par exemple une année de cilice du dévôt réduira de mille années le supplice du feu des âmes châtiées.
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prières ou des formules rentre dans cet ordre d'idées, la nombres ayant été considérés comme pouvant remplace les prières ou formules comptées ou censées l'être.
Dans la contemplation des Daranis ou des lettres qtf représentent la substance d'un Bouddha ou d'un BodJii sattva, on doit se figurer le voir sur son propre cœur, 01 sur le nombril ou une autre partie du corps.
Le Darani qui protège le Royaume, fait dire Bouddhi plongé dans le Çanadi :
« C'est dans notre esprit qu'il faut chercher le corps de l'Omniscience ; la raison qui sait tout est aussi engendrée par l'esprit. L'esprit est de même nature que le vide (couniata espace immatériel). Il en est de même de la Bodhi et du Darani.
« L'exercice du Çanadi est accessible à tous, même aui insensés qui ont commis les cinq péchés irrémissibles ei aux Tchandalas (tous exejus par le petit Véhicule).
« La miséricorde des deux Véhicules inférieurs (petit et moyen) ne va que jusqu'à Fépiderme, celle des Bodhisattvas (grand Véhicule) entre dans la chair, celle du Tatagatha (contemplatifs et mystiques) pénètre jusqu'à la moelle des os.
« Le Bodhisattwa (religieux du grand Véhicule) a quatre ornements: les vœux, la contemplation, la raison et le Darani qui renferme en lui mystiquement les 6 parami* tas. »
Les livres du grand Véhicule et du Mysticisme sont imprégnés du dogme d'une charité illimitée des Bodhisattvas pour l'homme. On y adresse souvent des prières, dans le strict sens du mot, aux Bouddhas mythologiques habitant les différentes régions au de-là de la terre et I on recommande de réciter ces prières pour annuler les péchés et arriver à la délivrance.
Telle est, dit Schlagenweit, l'opinion générale des Thibétains sur les prières ; on voit que le but des prières est le même que celui de la plupart des nôtres. Toutefois il