Galdan et les Dsoungares
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Dsoungarie, ambitieux, entreprenant, brave, plein de rej sources, mais sans scrupule ni moralité, et adonné au vn Galdan aspirait à fonder un puissant empire ; le Régal voulait s'affranchir de l'Empereur de Chine; chacun d'el considérait l'autre comme un instrument pour arriver! ses fins particulières. 1
L'histoire des Dsoungares commence à Charuchulla m ne fut pas le premier de leurs Khans, mais fonda leur m dépendance et introduisit parmi eux le Baaddfeisme. SI (ils et successeur Bagatur Chungtaidschi mourut ^n iWÊ après avoir étendu sa domination, jusqu'aux monts Alt» après lui le trône fut occupé successivement par ses de« premiers fils Senga et Galdan. Né en 1642, Galdan ou I Khan chutkutku entra dans l'état religieux ; il étudiai L'hassa et obtint à la cour du Dalaï Lama la dignité m Chutuku et plus tard celle de Ghangtaïdschi ; appuyé pi l'influence religieuse de Dalaï Lama, il dépouilla son oJ cle auquel obéissait une partie de la Dsungarie et souinj les Hordes Kalmoukes entre Saissang Noor et Kuku Nool Dès milliers de Kalmouks, avec leurs chefs, serefugièred sur le territoire de la Chine. L'Empereur Khang-hi alon hors d'état de combattre Galdan, lui envoya des présenta Celui-ci se tourna alors contre les Mahométans de la pd tite et de la grande Buccharié, soumit Hamo, Turfan,Kasj chgar, Taskend, Samarkande, Bockara etc., en tout 1.200 villes au témoignage de Kang-hi.
Mais son principal effort fut dirigé contre les Kalchas, la branche la plus nombreuse, la plus puissante et encore aujourd'hui la plus indépendante des Mongols orientaux.
En 1638, ils étaient devenus les vassaux ou plutôt les alliés des Mantchoux. Kang-hi se les était attachés encore davantage en réunissant les partis qui les divisaient et se combattaient. On pouvait craindre qu'ils ne tombassent dans la dépendance de la Chine comme leurs congénères du sud; si, au contraire, on le§ gagnait ou les soumettait, on pourrait, avec leur aide, rétablir le grand empire des Mogols (de Gengiskan) et conquérir la Chine- C'était l'ambition de Galdan.
Le pays des Khalchas était et est encore divisé entre plusieurs Khans. Le plus puissant de beaucoup était le Chutuktu Dscher Thur DampaTaranatha, frère de Tuschetu Khan.
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ce moment le second patriarche incarné de la Mone songeait à se rendre indépendant du Dalaï Lama, assaktu qui était gagné par Galdan demanda son aide lehxi du Dalaï Lama contre Tuschetu Kan et son ortilleux frère spirituel qui, avec Taide des belliqueux imouks, l'avaient attaqué alors et avaient tué un frère Galgan. Celui-ci avec 30.000 hommes entra dans leur fs, mit tout à feu et même les Lamasseries. Le Chuitu et Tuschetu khan se réfugièrent en Chine avec ï Lamas et 20.000 hommes et se mirent sous la protejc- •n de l'Empereur.
Cet événement au commencement de Pété de 1688, fut tccasion du premier traité de paix et de délimitation itre la Chine et la Russie, qui, depuis le milieu du c siècle, s'était avancée depuis la Sibérie jusqu'au fleuve mour et avait construit au point le plus septentrional de s ffeuve le fort Albassin. Les Chinois prirent le fort et aenèrent la garnison forte de 450 hommes à Pékin où urs descendants forment encore une communauté chréenne.
Le fort fut relevé, puis repris, et à ce moment, Galdan oursuivant ses conquêtes s'approcha des frontières Russes t chercha à nouer alliance avec la Russie. La Chine, pour mpêcher cette alliance, conclut avec la Russie un traité e paix le 7 septembre 1689.
En 1728 fut conclu un nouveau traité en vertu duquel a Russie envoie tous les 10 ans à Pékin une ambassade [ui a augmenté beaucoup les connaissances de l'occident ur l'orient et principalement sur le Bouddhisme.
L'Empereur Kan-hi* accorda la protection aux Kalchas éfugiés, leur donna des territoires et en fit des sujets de a Chine.
Il entra en négociations avec Galdan. Celui-ci demanda qu'on lui livrât les deux chefs ennemis comme meurtriers de son frère. L'empereur refusa et sollicita l'intervention du Dalaï Lama ou plutôt du Régent qui naturellement soutint son allié et fit entendre à l'Empereur que la seule condition de paix était de livrer les deux ennemis, alors les armes durent décider. Galdan défit une-première armée chinoise, mais il fut battu par une seconde, et forcé à une paix dont les seules conditions furent qu'il n'entreprendrait rien contre les Khalchas et les autres Mongols pla-
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cés sous la protection de l'Empereur de Chine. L'Empereui mit cette trêve à profit pour réunir les princes des Kal chas à une fête à Tolon Noor où il déploya toute lapomp« possible pour éblouir les Mongols et se les attacher, pendanl que Galdan s'efforçait de conclure une alliance avec la Russie. Enfin l'Empereur de Chine fit marcher contre lui trois armées comptant ensemble, y compris les servants, uo million d'hommes qui devaient traverser le Sud de la Mongolie et le désert de Gobi pour opérer contre Tula et Kerlon. L'Empereur conduisait en personne l'armée du centre. Celle de l'Ouest atteignit et battit Galdan qui ne se releva jamais de ce coup ; l'année suivante 4 armées envahirent son pays, la Dsoungarie; il fut battu et mourut, probablement empoisonné.
De L'hassa on avait favorisé autant que possible Galdan et on s'était efforcé de réunir tous les Mongols contre la Chine. L'Empereur en acquit la certitude un peu avant sa mort, et refusa à l'automne de 1696 de recevoir, à Pékin, l'envoyé du Régent de L'hassa. Il lui déclara qu'il savait très bien que, depuis longtemps, l'âme du Dalaï Lama avait changé de corps. 11 lui remit pour le régent une lettre pleine de reproches et lui enjoignant de laisser le Pan tche rin po tsche venir à Pékin suivant l'invitation qu'il lui avait adressée ; au cas où cet ordre ne serait pas obéi, il marcherait sur L'hassa avec quatre armées. |
Ne recevant point de réponse satisfaisante, Kang-hi se mit en marche sur Ning-hia. Le régent effrayé lui écrivit alors : que le Dalaï Lama mort depufs 16 ans avait donné l'ordre de cacher sa mort pendant 16 ans et qu'il avait laissé pour l'Empereur un paquet qui ne devait être ouvert que dans le dixième mois après sa mort (mort du régent) et qui contenait une lettre avec une image de Bouddha ; il le priait de la tenir cachée jusqu'à la mort du Dalaï Lama. L'Empereur satisfait de la soummission do régent lui répondit : Je ne désire point révéler tes secrets; je suis convaincu qu'à l'avenir tu te tourneras vers le mieux, que tu redoubleras de dévouement et de zèle et que tu obéiras à mes ordres. On fit au Dalaï Lama de magnifiques funérailles ; cette fête s'est conservée à L'hassa.
Son successeur de 15 ans montra des dispositions si vicieuses qu'un concile de Lamas réuni par ordre de l'Em-
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reur et des princes Kalmouks, déclara que l'âme du dhisattva avait quitté son corps et n'y avait laissé %ine créature pécheresse. Mais comme le régent le proeait, on n'osa pas proclamer sa déchéance. Alors Guschi an, le roi de la Loi (Kalmouk) marcha contre le régent, défit et le mit à mort. Après un combat où les Lamas partisans furent vaincus, le Dalaï Lama subit le même en 1705 ou 1706.
Le vainqueur avait agi de concert avec l'Empereur qui i envoya un sceau d'or avec le titre de Soutien et pacifiteur de la Religion. D'accord avec lui, il plaça sur le ne du Bouddha un Lama du couvent de la montagne de r, un des trois pics du Potala.
Vers cette époque (1707) la mission des Capucins vint à J/hassa et commença à ouvrir à l'Europe la langue et la littérature du Thibet.
: On n'était point habitué à voir un adulte choisi pour Dalaï-Lama ; la croyance populaire lui opposa un enfant *ju'on crut reconnaître pour le véritable incarné. Mais, sur l'ordre de l'Empereur de Chine, il fut interné dans le voisinage de Sining-fou en Chine.
Sur ces entrefaites, Tsaghan Azatpan, prince de la ■Dsonngarie qui s'était révolté contre son oncle Chaldan et l'avait vaincu, vint attaquer le Thibet et la Chine. 11 voulait empêcher les Kalmouks de tomber comme les Mongols de l'Est sous la domination Chinoise. 11 attira le Lat san Kan à une entrevue et le retint prisonnier.
Avec l'alliance des 32 princes de la Mer Bleue (Kuku noor) il mit deux armées en campagne ; l'une marchant sur le Sining fou pour délivrer le prétendant Dalaï Lama, prisonnier de la Chine ; l'autre sur le Thibet. La première échoua complètement ; la seconde, après des alternatives de succès et de revers s'empara de la Lamasserie où était le Dalaï Lama régnant. Lat San Khan fut mis à mort à Potala et le 7 e Dalaï Lama fut renvoyé du trône pontifical de L'hassa à son couvent. Il ne restait plus aux Lamas du Thibet, ses partisans, qu'à séparer complètement leur cause de celle des Dsoungares et à se jeter dans les bras de la Chine.
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4. Assujétissement du Thibet par les Empereurs de la dynastie Mantchoue.
L'Empereur Kang-hi jugea le moment favorable poa assujétir le Thibet. 11 envoya en 1718 une année Chinois qui fut battue; mais Tannée suivante, les Dsoungar* assaillis à la fois par quatre armées essuyèrent plusiew défaites et furent contraints d'évacuer fe Thibet. En 172 cent mille Chinois et Mantchoux avec trente mille Mob gols s'emparèrent de L'hassa.
De ce moment date la domination réelle des Empereur Mantchoux sur le Thibet. Kang-hi. pour donner satisfactioi aux Mongols, appela au siège du Bouddha le prétendan renfermé à Sining fou et mourut deux ans après en 1722
La lutte de la Chine contre les Dsoungares contina C'était une lutte à mort, car la possessioa de la Dsounga rie avait pour la Chine une importance capitale, comnn clef du passage en tête de la grande route entre la Chict et l'Occident 1 .
Jong-Tshing, fils et successeur de Kang-hi n'aimaitetm comprenait que les institutions et ce qu'il croyait être 1* intérêts de la Chine. Il détestait et persécutait les chrétiens et méprisait les Bouddhistes. Il fut assassiné en 1727, peut-être avec la complicité de son fils aîné et à Tintigation du corps Lamaïque qui ne lui pardonnait pas l'asservissement de la terre Satnte du Thibet, la profanation de la ville sainte, la destruction et le pillage des lama>>^ ries. Il est resté le summum odium des Lamas.
L'année suivante, une révolte éclata à L'hassa. Victorieuse d'abord, elle fut vaincue par une armée Chinoise aidée d'une partie du Thibet, et les choses furent rétablie conformément à la volonté de l'Empereur qui établit un pro-lama ou chef exerçant l'autorité religieuse pendant la minorité du Dalaï Lama.
En 1724, année où fut conclue la paix entre la Dsoungarie et la Chine, ce pro-lama mourut, probablement
* Se reporter à «c l'Inde avant le Bouddha Cha. II page 42.
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empoisonné ; et alors on laissa le Dalal Lama retourner à L'hassa pour y reprendre ses fonctions spirituelles.
II y trouva les rênes de l'empire que la Chine exerçait sur le Thibet serrées bien plus qu'avant la conquête. Deux résidents Chinois demeuraient à L'hassa, où, pour les appuyer, on avait laissé une partie de l'armée Chinoise. Les Thibétains restèrent en paix depuis 1736 jusqu'à 1795, 15 e année du règne de Khian-lung.
Photomaï qui avait eu le titre de Roi du Thibet était mort en 1746 et avait été remplacé par son fils Gjurnam Gjal. Celui-ci projeta de rendre l'indépendance au Thibet avec l'aide des Dsoungares. Les Résidents Chinois, au courant de ses projets, l'invitèrent à une conférence et le tirent poignarder sous prétexte de punir la mort de son frère. Une révolte suivit ce meurtre ; les deux Résidents et tous les Chinois demeurant à L'hassa furent massacrés.
La Chine envoya une forte armée ; mais ce fut surtout par la diplomatie qu'elle triompha. Malgré sa raideur habituelle, l'Empereur Kian Lung qui alors avait sur les bras une autre guerre, voulait à tout prix la paix avec le Thibet. Il voyait clairement que les troubles du Thibet provenaient de la séparation établie par son père entre les pouvoirs temporel et spirituel. On convint d'abolir le titre de Régent et de remettre toute l'autorité temporelle au Dalaï-Lama qui nommerait les Ministres. Mais, en même temps, on établit à poste fixe et permanent deux Résidents Chinois, on augmenta l'armée Chinoise, et tous rapports durent cesser entre les Thibétains et les Dsoungares. En d'autres termes, tout le pouvoir politique fut transféré aux Résidents.
Affaiblis par des dissensions, les Dsoungares devinrent, peu d'années après, la proie des Chinois. Ils furent d'abord, vers 1757, vaincus et soumis ; puis ils se révoltèrent. L'Empereur alors ordonna de les exterminer. Un million de Kalmouks périrent ; 20.000 familles se sauvèrent sur le territoire Russe ; il ne resta presque rien de la nalion ; le pays devint une solitude. Cet événement clot la conquête de la petite Boukarie. Ce fut en même temps, la soumission définitive du Thibet, car le Dalaï-Lama avait perdu dans les Dzoungares les derniers peuples guerriers qu'il pouvait opposer à l'Empereur de Chine.
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Vingt ans après, le Dalaï-Lama trouva à la ruine deti Dgoungares une compensation, bien faible, il est vrai,| dans le retour des Kalmouks qui, autrefois, avaient émigré! sur le Volga. Ces peuples qui avaient pris le nom de Tor-i gotes, avaient, bien qu'isolés très loin du Thibet, conservé! leur loi et leurs rapports religieux avec le Dalaï-Lama. lia étaient menacés dans leur religion, et de plus l'état dm servage et le joug de l'administration Russe leur étaienll insupportables à tous. Ils espéraient que, s'ils retournaient! dans leurs steppes, on leur donnerait, outre leurs anciens pays de parcours, ceux des Dzoungares anéantis. Le' 5 janvier 1777 ils partirent au nombre de quatre cent mille-! formant vingt mille familles, emmenant leurs troupeaux. ' Après avoir couru mille dangers et perdu le quart des leurs par les difficultés xle la route et la lance des Cosaques ; mis à leur poursuite, ils arrivèrent, sept mois après leur départ, dans la Dsoungarie et dans leur ancienne patrie où l'Empereur de Chine leur accorda tous les secours et toutes les terres nécessaires. Le Dalaï-Lama fut encore plus satisfait que l'Empereur, c'était une force qui pourrait l'aider un jour à résister aux empiétements de l'autorité Impériale Une multitude d'autres Mongols, chassés de leur patrie par les Chinois ou fuyant leur contact et leur civilisation, s'associèrent aux Kalmouks lors de leur retour et s'établirent avec eux sur les territoires libres. \ Un demi-million d'hommes repeupla ainsi l'espace qui ; s'étend du lac de Balkach au désert de Gobi ; toutes 1 s religions et toutes les races Nomades s'y étaient donné rendez-vous.
En 1772, le Radjah du Boutan s'était, par ses agressions, attiré sur les bras les Anglais et avait subi une défaite. Craignant, pour son trône, il avait sollicité l'intercession du Pan-tsheen Tescho, grand Lama de l'arrière Thibet, celui-là même qui avait fait un voyage à Pékin et qui représentait selon les uns la sixième et selon d'autres la neuvième incarnation de Tsong Kapa. Le Pan-thseen écrivit