‹ L'empire de MaximilienChapitre 33 sur 61 · ACHILLE FOULD · texte numérisé non relu

ACHILLE FOULD

Dans une publication intitulée Révélations sur l'occupation FRANÇAISE au MEXIQUE au point fie vue financier, et faite par ordre du gouvernement constitutionnel de la République, on blâme naturellement la France et l'Empereur Maximilien d'avoir imposé de telles charges au pauvre Mexi<iue. d'autant, disait-on, que, grâce aux conditions de l'emprunt, aux commissions promises, au taux de l'intérêt, aux primes de remboursement, aux lots attachés à chaque tirage, le Trésor mexicain était débité de 250 millions, alors qu'il ne devait guère toucher que 96 à 97 millions.

On comprendrait ce blâme et cette sollicitude si le

gouvernement constitutionnel de la République avait eu un seul instant la pensée de reconnaître cette dette ; mais comme il n'en était rien, et que jamais le Trésor mexicain ne paya un sou de cet emprunt, pas plus que des autres contractés sous Maximilien, il eût été plus naturel au gouvernement constitutionnel de se féliciter que le Mexique eût bénéficié de 96 à 97 millions, la perte des millions versés incombant tout entière aux souscripteurs, à ces 70 000 malheureux que M. Fould se réjouissait imprudemment d'avoir vu prendre la place des banquiers soumissionnaires.

Parmi ces souscripteurs, y eut-il des Mexicains ? Bien peu s'il en faut croire le rapport officiel du commandant en chef : pas une souscription mexicaine ne fut enregistrée par le Trésor de notre armée, et, si l'on souscrivit chez les banquiers, ce fut en si petite quantité qu'on ne s'en aperçut pas.

En cette occasion c'était encore la France qui donnait son argent, comme elle donnait son sang. On peut dire qu'elle plaçait l'un et l'autre à fonds perdus.

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