‹ L'empire de MaximilienChapitre 38 sur 61 · DE BÉARN · texte numérisé non relu

DE BÉARN

Lieutenant d'état-major.

Dans ce long manifeste, Antonio Lopez de Santa- Anna rappelait bien l'adhésion publique qu'il avait donnée à l'empire le 27 février 1864, mais il la qualiliait d'erreur déplorable :

J'ai adhéré à ce système de gouvernement, qui semblait être celui de la majorité, par suite de la déférence que j'ai toujours montrée pour la volonté nationale, et parce que je croyais que les Mexicains, dans l'exercice de leurs droits, s'étaient donné eux-mt^mes les nouvelles institutions, et cherchaient ainsi à concilier l'ordre et la liberté. Erreur déplorable ! De celte île hospitalière, je contemple avec indignation Céchafaud que la tyrannie arrose du satig de nos frères, dans notre pays bien-aimé!

Mais il ne s'était pas engagé à fond : il était trop fin pour cela. Il le rappelle avec complaisance :

L EMPIRE DE MA XI MI LIEN. ioi

Compatriotes, si, en lisant mon manifeste de l'année dernière, vous trouvez ces mots : « iMa conscience et mes convictions sont pour la monarchie constitutionnelle y^ , rappelezvous aussi que je vous ai dit : « Je ne suis pas l'ennemi de la démocratie, mais de ses excès, et surtout n'oubliez pas que je suis le fondateur de la République... ».

En revanche, il ne trouve quune explication assez piteuse pour l'apposition de sa signature sur l'acte rédigé à bord du Comway ' :

Les journaux de la capitale ont affirmé que je reconnaissais l'intervention française. Cet acte de ma part ne venait pas de ma volonté, mais il m'était imposé par les circonstances. A peine le steamer qui me portait était-il entré dans le port de Vera-Cruz qu'un officier français vint me trouver à bord et me fit savoir que je ne pouvais pas débarquer, et que je devais repartir par le même navire si je ne souscrivais pas immédiatement à toutes les conditions qu'on me présenta écrites en français. Les conditions étaient de reconnaître l'intervention et le monarque élu, et de ne pas faire d'adresse au peuple.

« Die pareille insolence ne pouvait qu'exciter mon indignation; mais les souffrances de ma femme, que le voyage avait fatiguée, et les conseils de quelques amis qui vinrent me trouver me portèrent à souscrire aux conditions qu'on m'imposait... »

11 terminait en affirmant son patriotisme, son désintéressement et son amour pour le Mexique :

Mes amis, en m'adressant à vous aujourd'hui, je ne suis mû que par un désir : celui d'assurer votre bonheur et la gloire du Mexique...

Page 1