CHAPITRE IX
PREMIÈRE SECTION
Écoles tnrqaes : primaires, secondaires et snpérlenres.
Jusqu'en 1846, rinstruction publique, en tanl qu'elle existait chez les Ottomans, était exclusivement religieuse ou littéraire et entièrement concentrée entre les mains de Tuléma. L'enseignement était divisé en deux sections : Tenseignemerit élémentaire donné dans les mektèbs (écoles primaires) et l'enseignement supérieur, donné dans les médressés (écoles supérieures). 11 n y avait pas d'écoles moyennes, de sorte que les élèves, quittant l'école primaire, n'étaient pas suffisamment préparés pour aborder des études plus élevées.
Une ordonnance impériale du mois d'août 1846 réorganisa entièrement l'instruction publique, d'après le plan proposé par une commission qui avait été nommée dans ce but. Cette nouvelle organisation enleva à l'uléma une de ses prérogatives les plus essentielles, en substituant l'enseignement de l'État à celui de la mosquée. Une autre ordonnance du même mois instituait un
conseil permanent de l'instruction publique, placé sous la haute direction du président du conseil d'État et du ministre des affaires étrangères. Ce conseil organisa séparément les diverses parties de l'enseignement, embrassant à la fois les divers degrés de Tinstruction publique, primaire, secondaire et supérieure.
Écoles prlmalrefl.
Chez les musulmans, l'instruction primaire est gratuite et obligatoire. La loi oblige tous les pères de famille à se présenter devant le chef de la municipalité du quartier {moukhtar), à l'effet de faire inscrire sur les registres du meklèb, les enfants des deux sexes, âgés de six ans, a moins qu'ils ne manifestent l'intention de leur faire donner l'enseignement primaire à domicile; dans .ce cas, les parents doivent justifier qu'ils en possèdent les moyens nécessaires.
L'enseignement primaire comprend, outre les principes de la religion et de la morale, la lecture, les éléments de l'orthographe et du calcul. Depuis la réorganisation , le conseil permanent d'instruction publique a introduit dans l'enseignement primaire des méthodes nouvelles et adopté de petits livres élémentaires,, en. turc vulgaire, composés exprès pour les enfants.
En Turquie, il y a autant d'écoles primaires que de mosquées; or^ comme il n'y a pas un seul village turc qui n'ait sa mosquée, il ne s'en trouve pas un qui n'ait son école plus ou moins bien organisée.
Les dépenses de l'instruction primaire (loyer, répa-
LNSTRUGTION PUBLIQUE. 281
ration et entretien des maisons d'école, mobilier el traitement de Tinstituteur) sont prélevées sur les revenus des donations et legs dont jouissent la plupart des mektèbs. Lorsque ces revenus sont insuffisants, TÉtat accorde les subsides nécessaires pour combler le déficit. Avant la réforme de renseignement, les parents payaient une rétribution mensuelle de deux piastres pour chaque enfant.
Les écoles primaires sont beaucoup fréquentées en Turquie; on estime que sur 100 enfants musulmans il y en a 95 qui reçoivent une bonne instruction élémentaire.
Les quatorze quartiers principaux de Constanlinople comptaient^ en 1850, 396 écoles primaires fréquentées par 22,700 élèves des deux sexes.
Au commencement de Tannée 1859 et sur le rapport du ministre de Tinstruction publique, le gouvernement de la Sublime Porte a ordonné la division de Constantinople en treize sections, dont chacune aura cinq ou six écoles primaires et une école supérieure spéciale pour les jeunes filles musulmanes. L'enseignement qui y sera donné comprendra, indépendamment des études littéraires, tous les ouvrages de broderie et d'aiguille. C'est un progrès réel, car il n'y aura plus d'écoles mixtes, c'est-à-dire d'écoles fréquentées à la fois par les jeunes enfants des deux sexes.
Écoles «econdalres.
D'après l'ordonnance impériale du mois d'août 1846, des écoles secondaires doivent être créées dans les
principales villes dëri'empire. En 1851, on en comptait six, fréquentées par 870 élèves.
Les écoles secondaires, appelées mektebi ruehdié (écoles de Tadolescence) , reçoivent les enfants à Tàge de dix ou onze ans. On y enseigne la grammaire et la syntaxe arabes, Torthographe, la composition et le style, l'histoire sainte, l'histoire ottomane, l'histoire universelle, la géographie, l'arithmétique et les éléments de la géométrie.
L'instruction est gratuite dans toutes ses parties. Les professeurs sont pris indifféremment dans les rangs ou en dehors de l'uléma, jusqu'à ce que des écoles normales aient été partout établies. Toutes les dépenses de l'instruction moyenne, Tenlretien des écoles, le traitement des professeurs, l'achat des livres et des instruments de travail à l'usage des élèves, sont à la charge du trésor public.
Écoles sapérleures.
Le haut enseignement est donné dans les médressés où les études sont conduites avec beaucoup d'ordre et de méthode. Le premier collège ou médressé, fondé à Brousse, date du Sultan Orkhan. Le nombre des établissements analogues et des professeurs qu'ils renfermaient s'accrut, sous les successeurs de ce dernier Sultan, dans la même proportion que les mosquées à côté desquelles ces collèges sont établis. En 1763, on comptait 275 médressés dans l'enceinte de Constantinople; leur nombre dépasse aujourd'hui 300. Chaque ville a au moins un médressé; les plus importantes,
comme Ândrinople, Bagdad ^ le Caire, en ont jusqu'à quarante et cinquante.
Les professeurs de ces collèges, nommés muderris^ se divisent en trois classes : ceux de Constantinople, ceux d'Andrinople et de Brousse, et ceux des autres villes. Les muderris de la première classe peuvent atteindre aux premières charges judiciaires de l'empire, tandis que ceux de la seconde et de la troisième, doivent se contenter des emplois secondaires.
Les études, dans les médressés, se divisent en dix branches, savoir : la grammaire, la syntaxe, la logique, la métaphysique, la philologie, la science des tropes (les dix considérations de Pyrrh6n), la science du style, la rhétorique, la géométrie, l'astronomie.
Les étudiants des médressés se divisent en trois classes. Les étudiants de la première classe s'appellent softasy ceux de la classe suivante mind, et les autres danishmend. Après dix ou douze années d'études dans les médressés, les étudiants de la dernière classe, qui n'aspirent pas aux degrés supérieurs de l'uléma, sont libres de se destiner aux fonctions de cadi (juge), de mufti (interprète de la loi) ou d'imam (fonctionnaire du culte). Ceux qui ont le désir d'arriver aux premières dignités de la loi, doivent, comme on Ta déjà fait remarquer, consacrer sept nouvelles années à l'étude de la dogmatique, du droit, des commentaires de la loi écrite et dés traditions orales. Les dix sciences ci-dessus énumérées, enseignées dans les médressés, forment donc plutôt la base première que la partie intégrante du haut enseignement. Aussi le nombre des candidats
à l'uléma esl-il fort restreint et atteint à peine la proportion de 4 sur 100.
DEUXIÈME SECTION
Écoles «pédales.
Les écoles spéciales, au nombre de dix, sont établies à Gonstantinople.
1^ L'école de la mosquée d'Ahmed et celle de la mosquée de Suleïman, fondées par le Sultan Mahmoud pour les jeunes gens qui se destinent aux emplois civils.
2^ Le collège de la Validé-Sultane, fondé en 1850, par la mère du Sultan, en vue de combler la lacune qui existe dans renseignement supérieur et pour fournir des sujets à l'administration. L'enseignement y est donné gratuitement à tous les élèves qui se recrutent par le concours, parmi toutes les classes de la population, sans distinction de religion.
8^ L'école normale ou maison des professeurs ; les élèves peu fortunés qui la fréquentent reçoivent de rÉtat une indemnité pour leur entretien et leurs menues dépenses. Chaque province sera dotée successivement d'une école du même genre.
4^ L'école impériale de médecine, fondée par le Sultan Mahmoud à Galata-Seraï. Elle forme deux sections, h section préparatoire, qui peut être assimilée à un établissement d'instruction secondaire du premier ordre, et la section médicale. Tous les élèves jouissent de bourses et sont recrutés parmi les sujets musulmans
et non musulmans de Tempire. A cette école sont annexés : 1^ une typographie servant à l'impression d'une feuille spéciale, la Gazette médicale de Constantinople^ rédigée par les principaux professeurs de l'école; 2^ une lithographie; 3° un cabinet de physique et d'histoire naturelle; ¥ un dispensaire, et 5^ des bureaux de vaccine qui ont pratiqué 12,000 vaccinations en 1851.
5^ L'école impériale militaire instituée, en 1830, par le Sultan Mahmoud , sur le modèle de l'école militaire de Saint-Cyr, fondée par M°*® de Maintenon. La durée des études est de quatre ans pour l'infanterie et de cinq ans pour la cavalerie. Des écoles préparatoires, qui fournissent au recrutement de l'école militaire, existent à Gonstantinople, à Ândrinople, à Monastir, à Brousse, à Damas et à Bagdad.
6*^ L'école impériale de l'artillerie et du génie, à Coumbar-Khanè, entre Galata et les Eaux douces d'Europe, est commandée par un ferik. Elle est destinée à former des officiers, tant à l'arme du génie qu'à celle de l'artillerie, ainsi que des ingénieurs civils.
7° L'école impériale de la marine de Khalki (une des îles des Princes dans la mer de Marmara), sous le commandement d'un vice-amiral.
8® L'école d'agriculture de San-Stefano, près Gonstantinople; elle comptait 46 élèves en 1850, la moitié musulmans et les autres appartenant aux différentes nationalités chrétiennes de l'empire.
9** L'école vétérinaire, instituée à la fin de 1850.
TROISIÈME SECTION
Écoles grecques, aruiéniennes, catholique» et Juives.
Dans les écoles primaires des grecs orthodoxes, on se borne uniquement à enseigner aux enfants la lecture du psautier, recueil d'hymnes en plain-chant; on n'y enseigne ni écriture, ni grammaire, ni histoire, ni géographie. Le maître d école est ordinairement un clerc pourvu du diaconat, qui attend la prêtrise; quelquefois aussi c'est un laïque; il est nommé par les magistrats municipaux qui lui allouent une rétribution annuelle de 200 à 2S0 piastres. Dans les villages pauvres, qui n'ont pas de maître d'école en titre, le papa en remplit les fonctions moyennant une légère indemnité pour le surcroît de travail.
Les écoles grecques, attenantes ou annexées aux églises, sont en général décorées de l'image de Jésus- Christ et d'un portrait de l'empereur de Russie, que les orthodoxes sont portés à considérer comme leur légitime souverain.
Les écoles primaires sont plus nombreuses et plus fréquentées dans la Turquie d'Europe que dans la Turquie d'Asie. En Macédoine et en Thessalie, tous les villages ont leur école plus ou moins subsidiée.
L'enseignement moyen n'existe pas chez les Grecs orthodoxes d'une manière régulière et officielle. Les 20 écoles, dites centrales, de Constantinople, dont 12 sont disséminées dans les faubourgs et sur le Bosphore,
ne peuvent pas être assimilées à des établissements d'enseignement moyen, le programme ne différant des écoles ordinaires qu'en ce que Ton est censé y enseigner le grec littéral. Il existe cependant dans certaines villes, à Janina, à Ândrinople et à Salonique, des écoles ou gymnases, espèces de lycées, où la jeunesse peut étudier gratuitement les éléments des sciences et des belleslettres; mais renseignement y est dans Tétat le plus déplorable par suite de la mauvaise gestion des revenus de ces établissements provenant de dons ou de legs particuliers. L'enseignement moyen est encore donné dans des pensionnats particuliers fondés par des négociants grecs, à Galata, à Pera et à Khalki; on y enseigne le grec ancien, les langues vivantes (turque, française, anglaise, italienne), Thistoire, la géographie, l'arithmétique, les arts d'agrément.
Le haut enseignement est donné dans deux établissements placés sous la dépendance immédiate du patriarche, le séminaire de Khalki et l'école du patriarcat, nommée grande école de la nation.
Le séminaire de Khalki compte une quinzaine de professeurs, tant clercs que laïques. L'enseignement y est gratuit et comprend, outre la théologie et le grec littéral; le latin, la philosophie, les mathématiques, etc. Ce séminaire, l'unique de ce genre qui existe dans l'empire, fournit annuellement à l'Église une cinquantaine de jeunes prêtres.
L'école du patriarcat ou Fanar , est l'ancienne école de Kourou-Tchesmè, sur le Bosphore, fondée par Démétrius Morousi, sous Sélim III, vers 4799. L'école
du Fanar> à la fois école pour le haut eBseignement et école normale, possède quatre chaires de littérature grecque et étrangère, une chaire de philosophie, une d'histoire, deux de sciences^ et forme des professeurs pour tout lempire. Les élèves y reçoivent gratuitement Tinstruction, le logement et la nourriture.
Écoles arméniennes. — Les écoles . primaires des Arméniens sont établies sur le même pied que celles des Grecs orthodoxes. A Coï^tantinople, chacune des trente paroisses arméniennes possède une école gratuite qui n'est guère fréquentée que par les enfants d'artisans et des classes pauvres du quartier. L'instruction qu'on y donne est fort bornée et ne va pas au delà de la lecture, de l'écriture, des premiers éléments du calcul, du catéchisme et du chant d'église pour les enfants doués d'une voix flexible. Dans un petit nombre de ces écoles, on enseigne encore la grammaire, la géographie, l'histoire et un peu de mathématiques. Pour suppléer à l'insuffisance de leurs écoles,, les banquiers et riches Arméniens envoient leurs fils à Paris et dans d'autres villes de l'Europe pour y faire leurs études; quant à l'éducation de leurs filles, ils la» confient à des institutrices privées qu'ils font venir des mêmes pays.
Écoles catholiques. — Les catholiques, sujets de la Porte, n'ont pas d'écoles, leurs enfants jouissent gratuitement de l'enseignement primaire donné par les missionnaires catholiques.
Depuis plusieurs années, les maisons d'éducation fondées dans les principales villes de la Turquie par les
missionnaires lazaristes avec Tassislance des Filles de Saint- Vincent de Paule et des Frères de la doctrine chrétienne, contribuent puissamment à l'abandon des écoles grecques. On trouve ces maisons établies à Constantinople, dans les faubourgs de Pera et de Galata, à Salonique, à Smyrne, à Damas, à Beyrout, à Alep, etc.; elles augmentent d'année en année, et des milliers d'enfants de toutes les religions reçoivent gratuitement l'instruction élémentaire. Les Pères lazaristes ont également fondé un collège dans le village de Bebek, sur la rive européenne du Bosphore, à deux lieues de Constantinople ^ les élèves sont au nombre de 80 environ ; on leur enseigne à parler et à écrire cinq langues différentes, le français etle latin, qui forment la base de l'enseignement, le turc, le grec et l'italien. Trois établissements analogues existent en Turquie : le collège de la Propagande à Smyrne, l'école d'Angora et le collège d'Antoura, en Syrie.
Écoles juives. — Les écoles juives de Turquie sont très-nombreuses ; elles sont dirigées par des sous-rabbins et existent partout où se trouve une agrégation, même peu considérable, d'Israélites. On n'y enseigne pas les éléments de la langue hébraïque, mais une sorte de patois usité parmi les Juifs de la Turquie, dont le fond est espagnol et mélangé de mots indigènes ou étrangers, turcs, arabes, grecs, italiens.
L'instruction supérieure est donnée dans des cours annexés aux bibliothèques, dans lesquels les enfants, qui se destinent à la carrière rabbinique, sont admis gratuitement. Ces bibliothèques jouissent de revenus
provenant de legs particuliers augmentés par des subsides des corporations juives.
QUATRIÈME SECTION
Lettres et «clences, blbllotlièqiies et |oarnaiix.
Une académie des sciences et belles-lettres a été créée au mois de juin 1851 , dans le but de travailler au progrès de la littérature et de la langue, et d'activer le développement de llnstruction publique en Turquie, par la publication ou la traduction d'ouvrages propres à élever le niveau des connaissances. Les membres de cette société académique ont été choisis parmi les hommes les plus distingués de l'empire, tant en politique qu'en science; ils se divisent en deux sections : la première se compose des membres ordinaires fixés à quarante; la seconde, des membres correspondants et externes dont le nombre est illimité. Jusqu'ici cette compagnie n'a publié qu'un seul ouvrage^ la grammaire ottomane de Fuad-Effendi.
L'école impériale de médecine, fondée par le Sultan Mahmoud, a eu un meilleur succès. Les élèves qui la fréquentent, au nombre de 400, année moyenne, sont tous boursiers et recrutés indistinctement parmi les sujets musulmans et non musulmans de l'empire. A cette école sont annexés une typographie, un cabinet de physique et d'histoire naturelle, un dispensaire et
des bureaux de vaccine. L'enseignement se fail, partie en français, partie en turc (i).
Bibliothèques publiques. — Il existe à Constantinople quarante bibliothèques publiques, quinze grandes et vingt-cinq petites; elles sont généralement placées dans les mosquées dont elles forment des dépendances nécessaires. Cependant quelques-unes de ces bibliothèques, fondées par des vizirs, des muftis et même par des particuliers, forment des établissements à part, tout à fait indépendants des mosquées.
Les bibliothèques sont ouvertes au public chaque jour de la semaine, le mardi et le vendredi exceptés; mais les Francs et tous ceux qui ne sont pas Mahométans ont beaucoup de peine à y être admis, à moins d'un firman spécial.
Les plus célèbres des bibliothèques publiques de Constantinople, sont les suivantes :
La bibliothèque du Serai. — Elle est située dans l'ancien palais impérial et forme deux bâtiments, dont le premier a été construit en 4749, sous le règne d'Admed III, et le second, en 4767, sous le règne de Mouslafa III. Elle se compose d'environ 4,500 volumes en arabe, persan et turc, sans compter une grande quantité de manuscrits grecs et latins enfouis dans les diverses salles ou souterrains du Serai.
La bibliothèque de la Mohammedjiè, fondée par Mohammed II et rétablie en 4774, à la suite du tremblement de terre de 4764 qui endommagea une partie
(l) VoyeZy aux annexes, le rapport sur les travaux de l'école pendant les années 1851 et 1852.
considérable de la mosquée à laquelle elle est annexée. Le nombre des manuscrits que renferme celle bibliothèque est évalué à 9,000, outre environ 1,200 livres imprimés.
La bibliothèque de Sainte-Sophie, fondée par Soliman le Grand et agrandie en i7S4 par Mahmoud P^, Elle a huit bibliothécaires et renferme 1,527 ouvrages.
La bibliothèque de la Suleimanjiè annexée à la mosquée du même nom et possédant 2,000 manuscrits turcs, arabes et persans.
La bibliothèque delà Nouri-Osmanjiè, fondée en 1755 par Osman III, a six bibliothécaires et environ 8,000 volumes.
La bibliothèque d'Abdul-Hamid, fondée en 1779, compte six bibliothécaires et 1,604 ouvrages imprimés ou manuscrits.
La bibliothèque des grands-vizirs Kupruli-Admed Pacha et Raghib Pacha, ne compte pas plus de 2,000 volumes, tant manuscrits qu'imprimés, mais tous ouvrages de choix.
Outre les bibliothèques publiques, la capitale renferme plus de mille bibliothèques particulières provenant de legs pieux faits anciennement aux mosquées.
Le gouvernement a institué une commission spéciale chargée de dresser un catalogue général de tous les volumes, tant manuscrits qu'imprimés, compris dans les diverses bibliothèques de la capitale.
Journaux, — La presse périodique, y compris les journaux en langues européennes, est soumise à la censure en Turquie : il est expressément défendu
d'imprimer en caractères tares, d'autres livres et brochures que ceux qui sont autorisés, et les imprimeurs étrangers ne peuvent non plus imprimer aucun ouvrage en langues étrangères s'ils n'en ont préalablement obtenu l'autorisation du gouvernement.
Pour surveiller la presse, la Sablime^Porte a nommé des censeurs à Gonstantinople, à Smyrnej au Caire et à Alexandrie.
Le nombre des journaux qui se publiaient en Turquie, en 1853, a été de 34, dont 13 à Gonstantinople, 6 à Smyrne, 2 au Caire, 1 à Alexandrie, 8 en Servie, 4 dans la Valachie et la Moldavie. De ces 34 journaux, 4 étaient rédigés en turc, 1 en arabe, 3 en grec, 2 en arménien, 10 en français, 3 en italien, 2 en bulgarien, 4 enservien, 2 en valaque, 1 en hébreu et 2 en allemand.
Les treize journaux qui se publiaient à cette époque à Constantinople étaient les suivants :
1^ Le Taqvimi vaqui ou Gazette d'État^ feuille hebdomadaire rédigée en turc et tenant lieu de moniteur officiel. Ce même journal parait en arménien, littéralement traduit du turc;
2" Le DjerideïhavadiSy ou Registre des Nouvelles^ journal hebdomadaire rédigé en turc, mais sans caractère officiel.
3^ Le Journal de Constantinople, Écho de l'Orient, paraissant les 4, 9, 14, 19> 24 et 29 de chaque mois;
4^ Le Courrier de Constantinople, feuille hebdomadaire ;
5® Le Commerce de Constantinople, feuille commerciale, paraissant les 4, 14 et 24 de chaque mois;
6^ La Gazette médicale, journal scientifique, aiensueK
Ces quatre journaux sont rédigés en français,
7^ V Omnibus f paraissant deux fois par senaaine, le mardi et le samedi ;
8^ L'Indicatore bisantino, purement commercial, hebdomadaire ;
9^ L'album bisantino, hebdomadaire;
10^ La Giurisprudenza bisantina, journal de droit.
Ces quatre journaux sont rédigés en italien.
11^ Le Télégraphe du Bosphore, feuille hebdomadaire, rédigée en grec;
12° heHaïasdan ou V Arménie, feuille hebdomadaire, rédigée en arménien ;
43<* Novina bulgarska, feuille en caractères russes et en langue bulgare, paraissant deux fois par semaine.
Parmi les journaux qui se publiaient à Smyrne, on cite les suivants :
V Impartial de Smyrne, rédigé en français ;
VÀmalthée elle Journal de Smyrne, rédigés en grec;
VÀrchalouïs oiv Y Aurore, rédigé en langue arménienne;
Le Chakhar-Misrah ou V Aurore de t Orient, en hébreu.