CHAPITRE III
L'Administration.
L'Empire des Sassanides était administré par des bureaux ou, en pehlvi, des dévàn$\ dans lesquels régnait un ordre d'affaires minutieusement fixé. Nous ne possédons pas de renseignements directs sur le nombre des dêvâns et leurs domaines respectifs d'administration. Nous savons seulement , que le roi avait des sceaux différents pour la chancellerie secrète, pour les lettres (le secrétariat), pour la justice criminelle, pour la distribution des marques d'honneur et des charges, et pour les finances'), et nous pouvons en conclure, je pense, qu'il y a eu au moins un dèvân pour chacune de ces branches. Cependant cette liste n'est probablement pas complète: il est vraisemblable qu'il a existé aussi des dêvâns pour les affaires militaires, pour la poste, pour la monnaie et les mesures, peut-être encore pour les domaines royaux etc. De plus, il aurait été singulier, que la plus importante de toutes les branches de l'administration, celle des finances, n'eût pas compris plusieurs dêvâns, comme ce fut le cas plus tard, et sous les Omeyyades et sous les ' Abbâsides ^).
Quelques notices sur la manière de travailler, particulièrement dans les affaires de finance, se trouvent chez Belâdhorî*). Des rapports sur les sommes d'argent perçues étaient lus à haute voix devant le roi, et le wàstriôâânsâlâr remettait tous les ans au roi un compte-rendu du revenu des divers impôts et de l'état du trésor, auquel le roi apposait son sceau. Khusrau II, qui n'aimait pas l'odeur du parchemin, ordonna que les comptes-rendus fussent écrits sur du papier teint de safran et mouillé d'eau de roses. Quand le roi émettait un ordre, il était rédigé en sa présence par le secrétaire royal (l'Êrân-dablrbedh ?) ; pour le contrôle, un autre fonctionnaire l'enregistrait dans son journal qui était rédigé par mois et était, au bout de ce temps, déposé aux archives, muni du sceau royal. L'ordre était remis,
') Hûbschmann: Armen. Gramni. I p. 143. Le mot fut adopté plus tard pour radministration islamique, dans la forme néo-persane divan. L'anecdote sur Porigine du mot que donne Ibn Khaldûn (Not. et Extr. XVII p. 16, XX p. 19) n'est naturellement qu'une légende étymologique; mais il est bien possible qu'Ibn Khaldûn ait raison en soutenant que le mot ndivân** a été employé, à l'origine, pour désigner les registres des revenus et des dépenses, puis, par extension, l'endroit ou travaillent les fonctionnaires des finances et les percepteurs, et qu'il a été enfin transporté à tous les autres bureaux.
^) Belâdhorî d'après Ibn-el-MoqafTa', voir Nœld. p. 354 n. 2.
^) Les Omeyyades avaient un bureau de l'impôt foncier et un bureau de la rente d'Etat pour le compte des revenus de la location des territoires publics. L'Etat des 'Abbâsides possédait, au temps de Mutavakkil, un dîvân de l'impôt foncier et un autre pour Tenregistrement des dépenses (Kremer: Kulturgesch. d. Orients I p. 174 et 199).
*) D'après Ibn el-Moqaffa', v. Nœld. p. 354 n. 2.
dans Foriginal, à remployé qui gardait le sceau et, scellé par lui, expédié au fonctionnaire à qui l'exécution en était imposée. Celui-ci transcrivait Tédit dans le style recherché ordinaire à la bureaucratie perse, et Toriginal de cette dernière rédaction était expédié au secrétaire, qui le présentait au roi et puis le comparait avec son journal, après quoi, si les deux versions se trouvaient d'accord, il le scellait en présence du roi ou de son plus intime confident (généralement, sans doute, le wazurg-framâdhâr), et l'ordre entrait en vigueur.
Les ordonnances royales, les traités et d'autres documents d'Etat étaient scellés du sceau royal qui consistait en un anneau portant gravée l'effigie d'un sanglier (warâz). S'il s'agissait d'obligations prises envers un autre Etat -* dépendant ou indépendant de. la Perse — , le document était accompagné d'un sachet de sel, scellé de l'anneau royal, en signe de l'immutabilité du serment^).
Les Finances.
Le chef des finances était le directeur général de l'impôt foncier, le wâstriôèânsâlâr^). Un autre des grands fonctionnaires, dont le titre nous est parvenu, est le percepteur des impôts des vispuhrs {vispahrân-hamarkâr''^)). Le trésorier du roi a eu probablement le titre de ganjuvar^).
Les principaux revenus de l'Etat étaient l'impôt foncier {*kharagh) et la taxe personnelle (gesîth^))» La taxe personnelle était fixée une fois pour toutes à une somme annuelle constante, que les autorités devaient répartir, le mieux qu'elles pouvaient, entre les contribuables. La répartition de l'impôt foncier sur la population se faisait de cette manière, que, calcul fait du produit de la récolte, chaque canton en payait du sixième au tiers, selon la fécondité de la terre ^).
>) Faust, de Byz., Langlois I p. 269; Patkanian, J. A. 1866 I p. 113. - Mas'Adî décrit d'une manière détaillée les quatre sceaux de Khusrau I et les neuf sceaux de Khusrau 11 (Barb. de Meynard II p. 204 et 228).
'^) Voir ci-dessus, p. 38.
^) Voir ci-dessus, p. 28 n. 1.
*) Hûbschmann: Arnien. Granim. 1 p. 126.
^) Noeld. p. 241. Dans le premier siècle de Tlslam on se sert sans différence des deux mots kharàj et jizya pour désigner tantôt Timpôt foncier, tantôt la taxe personnelle. En Khorassan on employé le terme Jizya pour tous les deux, en d'autres contrées kharâj est le terme général ^Wellhausen: Das arab. Reich p. 173). Pour l'Egypte, M. Bekker (Beitr. zur Gesdi. Âgyptens p. 87) explique ainsi l'état de choses : ^Aus der rômisclien Kopfsteuer wurde eben ein Teil des kopfstcuerartigen Tributes bestrittcn, der zur Hauptsache aus der alten rômischen Grundsteuer aufkam. Der Tribut hiess jfizya; er wurde zum grôssten Teil aus den Ertriignisscn des Landes, den kharâj, bestritten; er heisst daher auch kharâj. Beide Ausdrûcke werden promiscue gebraucht". — Enfin, dans la première moitié du 8e siècle de notre ère, la terminologie est fixée: kharâj est l'impôt foncier, Jizya la taxe personnelle. L'établissement de cette distinction en Khorassan est dû, selon M. Wellhausen, à Nasr b. Sayyâr, en Egypte, M. Bekker l'attribue à 'Obeidallâh b. el-Habhâb. (Wellhausen 1. c. p. 299, Bekker 1. c. p. 110). Est-ce que cette terminologie provient d'une étude plus approfondie du système sassanide? A-t-elle existé déjà pendant cette période-là V La question est très difficile à résoudre, d'autant plus qu'on trouve dans le Talmoud, M. Nœldeke Ta remarqué dans la note p. 241, le mot kharâg avec la signification de taxe personnelle.
^) Ou, d'après Dinâvarî (éd. Guirgass p. 72 1. 19), du dixième à la moitié du produit, la distance plus ou moins grande d'une vJlle entrant aussi dans le calcul.
Cependant la répartition et la perception des impôts occasionnaient bien des exactions et des malversations de la part des fonctionnaires, et comme, d'après ce système, les revenus variaient beaucoup d'une année à l'autre, il n'était pas possible de faire d'avance un calcul estimatif de l'état des finances et de leur utilisation. En outre, le contrôle en était très difficile. Il en résultait souvent que, la guerre survenant, l'argent faisait défaut. Alors il fallait que des impôts extraordinaires fussent établis, qui frappaient presque exclusivement les riches provinces de l'ouest, surtout la Babylonie. ââpûr II voulant réunir toutes les forces de son royaume dans la guerre contre Rome, écrivit aux marzbâns des pays araméens: „Dès que vous aurez pris connaissance du présent ordre de nous autres dieux, qui est contenu dans le pli expédié par nous, vous arrêterez Simon, le chef des Nazaréens. Vous ne le relâcherez pas tant qu'il n'aura pas signé ce document et n'aura pas consenti à recueillir, pour nous les verser, une capitation double et un double tribut pour tout le peuple des Nazaréens qui se trouve dans le pays de notre divinité et qui habite notre territoire. Car nous autres dieux, nous n'avons que les ennuis de la guerre et eux n'ont que repos et plaisirs ! Ils habitent notre territoire et partagent les sentiments de César, notre ennemi I**^). Il va sans dire que de telles surimpositions arbitraires et souvent très pesantes ne contribuaient pas à bien disposer les chrétiens envers la puissance perse.
En somme le système suivi n'était pas seulement peu avantageux pour la couronne, mais il amenait aussi bien des inconvénients pour les contribuables. Ainsi il est rapporté, que les cultivateurs n'osaient pas toucher le fruit mûr, avant que le taxation eût eu lieu^), et que c'était justement en apprenant cet état de choses que Kawâdh se serait décidé à changer d'une façon radicale le système des impôts, réforme qui fut accomplie par Khusrau I. Tout le terrain cultivé fut exactement mesuré et taxé, et cette taxation fut la base d'une nouvelle répartition de l'impôt foncier, celui-ci étant imposé selon des taux fixes: 1 direm^) par an par garib^) de froment ou d'orge, 8 direms par garib de vigne, 7 direms par garîb de luzerne"'), | direm par garlb de riz, 1 direm par 4 dattiers perses ou 6 dattiers araméens ou 6 oliviers. Tous les autres produits de la terre étaient exempts d'impôts ainsi que les dattiers épars qui ne faisaient pas partie d'une plantation continue*^. Ces taux ne peuvent pas avoir été très onéreux; seulement nous ne savons pas jusqu'à quel point on a pu élever le pour cent par les paragraphes de détail des lois sur l'impôt, ou par des mesures d'exception et des empiétements administratifs. Mais en général, le système nouveau a été indubitablement un soulagement pour la population, en même temps qu'il a procuré au trésor un
^) Labourt; Le Christianisme dans TEmp. perse p. 45—46. ») Nœld. 1. c.
^) Environ 88 centimes (d'après Nœldeke).
*) 2400 mètres carrés.
^) Important comme fourrage pour les chevaux (voir Nœld. 1. c.)
') Tab. Nœld. p. 241—45. Les notes détaillées de M. Nœldeke contiennent beaucoup d*observations importantes.
n. K. I) VIdensk. S«>lsk. Skr.. 7. Rn>kke. hlstorl.ik oK fllosonsk Afd. I. 1. 8
revenu multiplié et plus constant. Aussi le califat le prenait-il pour base pour l'imposition du pays.
La taxe personnelle fut aussi réformée par Khusrau I. Elle fut imposée à tous les hommes entre 20 et 50 ans «excepté aux nobles et grands, aux soldats, aux prêtres, aux secrétaires et aux autres individus qui étaient dans le service du roi"". Les contribuables furent divisés en plusieurs classes selon leur fortune: il y en avait qui payaient 12 direms, d'autres payaient 8, d'autres 6, et la grande masse du peuple payait 4 direms par tête. Les impôts^) furent payés par termes (simarrak) tous les trois mois.
Khusrau fit déposer une copie des taux nouveaux dans les archives; d'autres copies furent remises à tous les employés du département des impôts et à tous les juges de canton qui eurent la tâche de veiller à ce que la perception fut faite avec justice et que ceux dont les blés ou les arbres avaient éprouvé du dommage correspondant au montant de l'impôt en fussçnt exempts. Les juges de canton avaient à donner compte-rendu des exemptions au gouvernement central qui donnait alors des ordres en conséquence aux percepteurs. Par ce système de contrôle, Khusrau voulait empêcher les abus qui avaient été communs jusqu'alors dans la perception des impôts*).
Aux impôts réguliers s'ajoutaient des dons coutumiers qu'on appelait âgtiiy et encore l'acquit obligatoire de présents à l'occasion du Nowrûz et du Mihrgân% Des autres revenus, ceux des domaines royaux et des régales ont été, je pense, les plus importants. Parmi ces dernières étaient les raines d'or de Pharangion dans la Persarménie^). Le butin de guerre formait un revenu plus irrégulier. Khusrau II résume dans son apologie les richesses qu'il a gagnées dans la guerre: de l'or et de l'argent, des joyaux de toutes sortes, de l'airain, de l'acier, de la soie, du satin, du brocart, du bétail, des armes, des femmes, des enfants et des hommes captifs, «qui se trouvent en masses énormes dans nos trésors et magasins"" % Probablement il y a eu aussi des droits de douane, mais je n'ai pas pu trouver de renseignements là-dessus chez les historiens.
Dans la 18® année du règnb de Khusrau II (607 — 8 ap. J.-C.) le contenu du trésor, que le roi faisait transporter dans un nouvel édifice à Ctésiphon, était environ 468 millions dé mithqâls en espèces^, ce qui correspondrait à environ 336 millions de francs, en tant que l'unité pondérale d'un mithqâl ait été égale a un direm sassanide. A cela s'ajoutait une immense quantité de joyaux et de vêtements
^) Probablement et l'impôt foncier et la taxe personnelle.
*) Tab. Nœld. p. 246—47.
') Fête du Jour de l'an à l'équinoxe du printemps et fête de Téquinoxe de l'automne. Voir van Vloten: Recherches sur la domination arabe (Verhand. d. koninkl. Akad. v. Wetenschap.« Amst. 1892) p. 9. — Le système des dons est en vigueur de nos Jours encore, voir Curzon: Persia (passim) et J. Greenfîeld: Die Verfassung des pers. Staates (Berl. 1904) p. 346.
*) Procope: B. P. I, 15.
^) Tab. Nœld. p. a76.
^) Dont 48 millions — en 12,000 bourses à 4000 mithqâls — étaient en monnaies frappées sous Pêrôz et Kawâdh.
dont la plupart auraient été des contributions extraordinaires^). Avec combien peu de ménagement Khusrau II mettait le peuple à contribution, c'est ce que montre le fait que, malgré les guerres incessantes, coûteuses et dévastatrices, il avait amassé, jusqu'à la 30^ année de son règne, 1600 millions de mithqâls en espèces monnayées ou environ 1400 millions de francs^).
Les dispenses des impôts arriérés sont mentionnées souvent sous l'ancien système. C'était pour un nouveau roi un moyen de se rendre populaire. Bahràm V ordonna à son avènement que les impôts arriérés, qui se montaient à 70 millions de direms (env. 60 millions de frcs.) fussent remis, et que l'impôt foncier de Tannée de son avènement fût diminué d'un tiers ^). Pendant la famine, Pêrôz dispense entièrement son peuple de l'impôt foncier et de la taxe personnelle ainsi que des contributions spéciales dans l'intérêt de l'utilité publique, de la corvée et des autres charges*).
Les dépenses de l'Etat étaient surtout la guerre, l'entretien de la cour, le traitement des fonctionnaires d'Etat et, en somme, les frais du fonctionnement régulier du mécanisme d'Etat, ensuite les travaux publics pour la cultivation du pays, la construction et l'entretien de digues, de canaux etc. Pourtant, quant aux travaux publics, la population des contrées qui en étaient touchées, y contribuaient souvent — généralement peut-être — par des redevances extraordinaires. Avec la dispense des impôts restants sont mentionnées quelquefois des distributions directes d'argent aux pauvres, p. ex. de la part de Bahràm V et de Pêrôz ^). Le premier de ces deux rois fit distribuer beaucoup d'argent, non seulement aux pauvres, mais aussi „aux nobles et aux plus honorés*" qui reçurent 20 millions de direms (environ 17 millions de frcs.). Du reste, la part du trésor utilisée pour le bien public n'aura pas été trop grande: les rois de Perse ont eu de tout temps la coutume d'amasser dans leurs trésors autant d'argent et d'objets précieux que possible.
' D'après les auteurs arméniens, on fondait, à l'avènement d'un roi, toute la monnaie existant dans les trésors et on la refrappait à l'effigie du nouveau roi. De même les documents conservés dans les archives étaient recopiés en son nom avec les changements les plus indispensables^.
L'Armée.
Pour la haute direction des armées et des affaires de guerre, voir ci-dessus p. 36 sqq.
>) Tab. Nœld. p. 354-56.
^) Ibid. p. 377. — Pour la monnaie sassanide, voir Mordtmann, ZDMG. VHI p. 143—47, et Spiegel: Érân. Âlterthumskunde IH p. 662.
8) Tab. Nœld. p. 105.
*) Ibid. p. 122.
^) Ibid. p. 105 et 119, de même le Siâset-nâmeh, éd. de Schefer p. 18, trad. p. 27. — Un
procédé ingénieux et peu. coûteux pour TEtat a été employé en temps de famine, dit-on, par Pérôz
(Tab. Nœld. p. 122). 11 ordonna à ceux qui avaient de grandes provisions et des magasins comblés
d'aider ceux qui manquaient des moyens de vivre, et proclama que si quelqu'un venait à mourir de
faim, il punirait sévèrement la ville ou la contrée où Tévènement aurait eu lieu.
«) Patkanian. J. A. 1866 I p. 113.
La fleur de Tarmée était comme au temps des Ârsacides la cavalerie cuirassée, les chevaliers nobles. La cavalerie (aswârân) avait la première place dans Tordre de bataille, et c'était avant tout de sa force et de sa bravoure que dépendait le succès^). Un bas-relief chez Flandin et Coste (pi. 8) nous représente un tel chevalier perse, à cheval, vêtu d'une cuirasse d'écaillés lui descendant à peu près jusqu'aux genoux et munie de manches et d'une espèce de collet montant qui lui cache tout le visage; à la tète il porte un casque aux rubans flottants, à droite une lance d'environ deux mètres de longueur et à gauche une petite rondache, et un carquois est attaché à la ceinture. La tête, le cou et le poitrail du cheval sont également couverts d'une cuirasse d'écaillés. Ce bas-relief provient probablement du premier temps des Sassanides. Âmmien raconte^, que les Perses jetaient contre les Romains des masses ordonnées de cavaliers cuirassés en rangs tellement épais, que les écailles des cuirasses, qui suivaient les inflexions du corps, réfléchissaient une splendeur éblouissante, et il ajoute que les chevaux étaient protégés par des couvertures de cuir. Au temps des Khusrau, l'armure complète des chevaliers était composée d'une cuirasse de cheval, d'un haubert, d'une cuirasse de poitrine, de cuissards, d'une épée, d'une lance, d'une rondache, d'une massue attachée à la ceinture, d'une hache, d'un carquois contenant deux arcs avec des cordes et 30 flèches et encore deux cordes tordues qui étaient attachées derrière, au casque^). A cause de l'armure épaisse de fer, les chevaliers étaient désignés sous le nom de ianàrïk% Les armes principales étaient la lance et l'arc, les armes classiques que, dès les plus anciens temps, les Perses avaient maniées en maîtres. Procope témoigne'^) que les Perses sont presque tous des tireurs d'arc et dans cet art les plus habiles de tpus les hommes, mais que leurs coups de flèche manquent de force, parce que les cordes ne sont pas assez tendues.
Un grand fonctionnaire, ^l'instructeur des chevaliers'' {andarzbedh'i-aspwâraghân) avait la tâche d'aller dans les villes et les campagnes pour y initier les gens de guerre au métier des armes et aux différentes disciplines de leur profession^').
Comme à l'époque achéménide, il y avait un corps de chevaliers choisis appelé ^le corps des immortels'''^), qui aura été composé, probablement, comme son modèle achéménide, de 10,000 hommes^).
Après les chevaliers suivait l'infanterie (pâîghân), commandée par des pàî-
^) Les Perses se fiaient avant tout à la cavalerie, „où toute la noblesse et tout ce qui est distingué fait le service pénible"; elle se distinguait par son ordre militaire et sa discipline ainsi que par son exercice continuel et par son armement. (Âmmien Marc. XXHI, 6, 83).