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226 SECOM>E SECTION. — CHAPITRE PHEMlEli.
roideur l'autocratie, dont le relâchement n'avait produit aucun fruit durable, au lieu que le pouvoir absolu, tel que l'exerçait Nicolas, maintenait l'ordre, tenait en respect, par une crainte salutaire, tant d'hommes qui vivaient des abus et de l'excès de la corruption , et commençait l'élaboration lente et difficile du tiers-état, cette véritable force d'un empire qui manque encore à la Russie. Un pas décisif fut ensuite fait dans celte même voie par l'affranchissement des serfs , qui est l'œuvre immortel d'Alexandre II : c'est encore à l'autocratie qu'on le doit, et sans elle il me se serait pas accompli. En effet, dans l'état antérieur des choses, il n'y avait, en Russie, à côté du pouvoir monarchique, qui est son égide, que l'aristocratie et le clergé. Ce dernier n'a aucun moyen d'action en dehors de ses attributions spirituelles; quant à l'autre , elle n'a jamais rien fait pour le développement des libertés populaires, et s'il est juste de dire que les nobles se sont galamment exécutés quand l'empereur Alexandre H eut déclaré sa volonlé de passer outre au grand acte qui est l'honneur de son règne, il n'en est pas moins vrai qu'ils n'auraient jamais pris l'initiative de cette mesure et qu'ils la voyaient même avec déplaisir, sentiment fort naturel dans un monde où l'intérêt et le devoir sont constamment en lutte.
Ceci posé, nous n'avons pas à examiner maintenant si l'autocratie, oui ou non, a fait son temps, même en Russie. Bornons-nous à dire que nous aimerions à le croire, n'étaient les événements de l'été 1862, qui ont bien pu faire naître des doutes à cet égard. C'est à la sagesse du souverain, éclairée par les conseils de l'intelligence, de l'expérience et du patriotisme, qu'il appartient de décider. En attendant, l'autocratie subsiste et rien n'a encore infirmé l'article 1er du Code des lois (t. Ier, sect. irc) où il est dit expressément : « L'empereur de toutes les Russies est un
monarque autocrate dont la puissance est illimitée. Dieu lui-même ordonne d'obéir à sa volonté suprême, non-seulement par crainte, mais par conviction1. »
Cependant une question intéressante est agitée depuis quelque temps, celle de savoir si les Russes ont jamais vécu sous un autre régime que celui de l'autocratie, s'ils ont jamais joui du bénéfice d'une véritable constitution, dans le sens qu'en droit public on attache aujourd'hui à ce mot; enfin si l'on peut songer sérieusement, comme un habile écrivain russe, possédant notre langue dans la perfection1, en a fait récemment la tentative un peu hardie, à écrire une histoire constitutionnelle de la Russie.
Sans remonter, comme l'a fait cet écrivain, jusqu'à l'arrivée des Varèghes et la fondation de l'État, nous ferons pourtant remarquer, relativement à ce temps-là, que luimême, en supposant des droits exercés, dans l'âge primitif, par les assemblées populaires , n'admet pas que la classe la plus importante après le prince, sa droujina (les amis ou leudes), hommes de guerre ou employés au service civil , ait joui alors et depuis de droits particuliers. Voici en quels termes il s'exprime : «Les principaux de ces compagnons d'armes furent placés par Rurik dans les diverses villes pour y maintenir l'ordre et faire reconnaître l'autorité suprême du prince, mais sans porter atteinte en rien au pouvoir des assemblées populaires (vetché). Les fonctions de ces gouverneurs non-seulement n'étaient point héréditaires, mais pas même inamovibles, ce qui mit obstacle à l'établissement de la féodalité en Russie. » Il ajoute plus loin : « La position