Idem, t. IX, ch.ip. in (p
4. Voir Karamzine, t. IX, chap. u (p. 155 et suiv.); Herrmann, t. III, p. 387 et suiv. C'est dans la même année 1585 qu'il fut question pour la première fois d'un partage de la Pologne. Voir Herrmann, ibidem , p. 389.
avaient mis en avant cette proposition comme étant dans les convenances des deux empires. L'ambassadeur moscovite prince Troïékourof ayant déclaré qu'il n'était pas possible à son maître de prendre une décision, en une si grave affaire, sans avoir d'abord consulté une assemblée générale , on lui fit cette réponse : « Ce n'est pas l'usage en Russie de tenir conseil avec les États du pays; le Isar veut, les boïars disent oui, et l'affaire est terminée. »
Au fait, c'était là l'état exact des choses1, et tout ce qu'on a dit, souvent avec une profonde ignorance de l'histoire, au sujet de l'acte d'élection du prince Chouiski , élevé au trône, en 1606, sous le nom de Vassili Ioannovitch, ou de celui de 1613, auquel l'illustre famille des Romanof a dû son élévation, ne prouve pas le contraire1.
L'acte de 1613 existe encore dans les Archives de l'empire; il est d'ailleurs imprimé, et Wichmann en a donné, dès 1819, une traduction allemande. La «charte précédente» (ce mot pris dans le sens de gramota, écrit authentique, document) dont il y est fait mention3 et qui pourrait bien n'être autre chose que l'acte d'élection du prince Chouiski4, a seule disparu. L'acte encore existant, nous l'avons nous- même déjà discuté dans un de nos précédents ouvrages5, en nous appuyant surtout sur les travaux
1. Herrmann, t. IIJ, p. 328. Le baron de Herbersteio dit encore des Russes : Gens Ma magis servitute quant libertate gaudet.
2. Voir entre autres Russlands Einfluss , etc., de M. Sugenheim, t. Ier, p. 29.
3. En 1613, il parait y avoir eu plusieurs séances : la première le 7 février, puis une autre le 21, et une troisième le H avril. C'est à l'occasion de cette troisième séance qu'il est question dune <• charte précédente. »
4. Voir sur elle Scblœzer , Russlands Reichsgrundgesetze , p. 12 et p. 94, ainsi que notre Histoire intime, t. Ier, p. 364.
5. Histoire intime de la Russie, t. I", p. 342-3C9. Comme sources où nous avons puisé nos renseignements, nous avons cité Strahlenberg, Description historique de l'empire Russien , tt ad. franc, t. Ier, p. 70 (original allemand, p. 204 etsuiv.); Wichmann, Urkunde ûber die Wahl Michael Romanow %um dardes Russischen Reichs , et Sammlung bisher noch ungedruekter kleiner Schriften
de l'historien russe M. Artsybychef. Or, cet acte dément l'assertion de Strahlenberg selon laquelle une capitulation aurait été imposée au jeune tsar élu : il n'y est question ni de conditions ni de restrictions, et Ton ne cesse d'y donner au tsar la qualification d'autocrate, comme par exemple dans ce passage bien significatif : «Nous avons, en baisant «la croix vivifiante, prêté serment, et nous avons promis, «comme nous promettons encore dans ce moment, à Dieu « notre Seigneur et à la sainte Mère de Dieu , de dévouer « nos âmes et nos têtes pour le très-puissant seigneur, pour «le tsar et grand-prince, honoré, élu et aimé de Dieu, « Mikhaïl Fœdorovitch, autocrate de toutes les Russies, etc. »
Mais, nous le savons bien, à cela l'habile champion russe des Etats généraux1 répond on ne peut plus catégoriquement, en chargeant de la plus grave des accusations l'un des personnages de l'histoire de la Russie dont la mémoire est le plus restée en vénération, Philarète, père de Michel*. « Revenu en Russie (après sa longue captivité en Pologne) , dit le prince Dolgoroukof , élevé immédiatement à la dignité de patriarche, Philarète s'empressa de mettre fin au pouvoir des États généraux (qui auraient été en vigueur de 4613 à 1619), et, sans renoncer à convoquer cette assemblée, dont les lumières lui étaient si utiles, la réduisit à n'avoir plus qu'une voix consultative. Les boïars, sur lesquels les regards de l'opinion publique s'étaient portés à l'époque de la vacance du trône, furent éloignés et relégués dans un exil honorable.... Il (Philarète) donna l'ordre de détruire la charte d'élection de 1613 et d'en rédiger une nouvelle, où
%ur dllern Geschichte des Russischen Reichs ; le Magasin de Busching, t. II, p. 405; l'ouvrage de M. Artsybychef, intitulé: Narrations sur la Russie Povestvovanié o Rossii), et Herrmann, t. III, p. "» 1 2-T»2 1 .