‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 115 sur 367 · Histoire intime, t. Ior, p · texte numérisé non relu

Histoire intime, t. Ior, p

et saintes prescriptions de la religion chrétienne. Au mois de mars 1818, dans son discours d'ouverture de la diète, il en parla aux Polonais, voulant être entendu non -seulement d'eux, mais aussi des Russes et de l'Europe entière1. Une espèce de charte russe fut, en effet, rédigée sous son inspiration par le comte Novociltsof, alors commissaire impérial en Pologne. On découvrit ce document à Varsovie lors de l'insurrection de 1830, et il fut publié5; mais ce n'était sans doute qu'une ébauche qui peut-être avait encore besoin d'être mûrie. Au reste, s'il faut en croire un voyageur allemand très-digne d'estime3, Alexandre, à l'époque même de son avènement et encore sous l'influence de son ancien mentor, aurait déjà rédigé un projet de constitution ; un autre fut préparé huit ou neuf ans plus tard par Spéranski*. Néanmoins aucune constitution ne fut octroyée sous le règne de ce prince si incontestablement libéral, et il faut croire que ce fut la force dès choses qui l'empêcha. Son successeur, l'empereur Nicolas (1825-1854), ne se piquait pas de libéralisme, et nul n'attendit de lui l'octroi d'une constitution; cependant ce fut lui qui termina la première codification complète des lois russes, qui prépara et recommanda à la sollicitude de son fils et successeur l'émancipation des serfs, qui, enfin , par son esprit de justice et la fermeté avec laquelle il entra en lutte avec les abus, avec la corruption qui est, de temps immémorial, la grande plaie du pays, fit voir à tous qu'il est des garanties qu'un souverain

1 . Voir les termes de son discours dans notre Histoire intime, t. Ier, p. 51 .

2. Dans le Portfolio ou Collection de documents politiques relatifs à l'histoire contemporaine , t. V, p. xxxiv-xli (1837). M. Nicolas Tourgbénief en fait mention aussi dans son livre La Russie et les Russes , t. Ier, p. 94.

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