L. Paris traduit « ses boïars » , t. F, p
auprès de tsésar, et tsésar fit appeler les koliars, etc. » Ainsi, à la rigueur, tsar pourrait être dérivé de ce mot tsésar; mais il y a plus : le mot de tsar lui-même figure dans la vieille traduction slavonne, où il est donné à tous les rois de l'Ancien Testament désignés par le nom de paatAeùc dans l'original grec. Il suit de là que ce titre était en usage chez les anciens Russes, car la traduction dont nous parlons, si elle n'était pas en entier de S. Cyrille ou de S. Méthode, les deux apôtres des Slaves au IXe siècle, remonte au moins à un temps peu éloigné du leur1. Nous avons dit que d'anciens grands-princes se l'attribuaient; mais ce qui est certain, c'est qu'il était employé, sinon pour désigner l'empereur de Constantinople qu'on appelait tsésarf au moins par rapport au grand-khan de la Horde d'or et aux khans qui régnaient dans les États du Kiptchak' démembrés de sa vaste domination, à Kasan, à Astrakhan, en Crimée, etc. Tant que le grand-prince de Moscou se reconnaissait vassal ou tributaire de ces princes étrangers et infidèles, il leur donna le titre de tsar, supérieur au sien propre; mais quand cette puissance fut tombée en dissolution, quand les souverains de Kasan et d'Astrakhan eurent été vaincus et humiliés, dès ce moment, se regardant tout au moins comme leur égal , il adopta leur titre pour lui-même , et bientôt il y attacha l'idée de sa suprématie sur eux.
De cette discussion critique, à laquelle nous avons donné pour base de vieux textes, résultent deux points qui nous paraissent désormais hors de contestation : le premier, c'est que le mot de tsar n'est pas directement dérivé de celui de César, et que c'est à tort que, dans la supposition contraire, on voulait maintenir l'orthographe czar; le second, c'est
1. Voir notre article Cyrille et Méthode dans l' Encyclopédie des Gens du Monde.