Voir t. 11, p
que le titre en question, très -anciennement connu des Russes, a cependant été rais en usage parmi eux seulement par suite (le leurs rapports avec ces princes orientaux dont parle Voltaire, qui, dans ces limites, a raison aussi bien que Karamzine.
Une seconde question à examiner est celle-ci : quelle importance les Russes attachaient-ils à ce titre de tsar? Évidemment une très-haute. Héritiers des Paléologues de Byzance,par le mariage, dû à l'intervention de Rome, de Ioann III avec la princesse Sophie ou Zoé, nièce du dernier empereur d'Orient, en 1472' , les tsars se regardèrent dès lors comme élevés au même rang, et Ioann III adopta encore lui-même, comme on Ta vu (p. 436), l'aigle impériale ô deux têtes pour armoiries de son empire. Lui et ses successeurs, désormais environnés de la splendeur et de la roide étiquette de la cour de Byzance, dont l'influence ne fut pas beaucoup plus heureuse que celle du joug mongol, prétendirent par conséquent aussi à l'égalité de rang avec l'empereur Romain ou empereur d'Occident, auquel seul était réservée, depuis 1453, dans les pays de civilisation, la majesté impériale. Cette prétention ne semble pas avoir élé combattue par la cour intéressée, sans doute par des motifs de haute politique dont la puissance, alors de plus en plus menaçante des Turcs, suggère l'explication. On invoque à ce sujet une lettre de l'empereur Maximilien Ier, adressée, le 4 août 1514, à Vassili Ioannovitch, pièce dont l'original russe est perdu, mais dont on trouva, en 1719, aux Archives de Moscou, une traduction, sans doute latine, que Pierre le Grand fit retraduire en allemand , en français et en russe*. Karamzine, qui a eu ce document en mains, nous