Voir Karamzine, t. VI, chap. u (p. 44 et
2. La traduction allemande est donnée par Weber, t. Ier, p. 356. La date n'y est pas. Sur la chose même voir Meiners, t. H, p. 96.
dit1 : «Maximilien et Vassili se nomment l'un l'autre frères, très-puissants seigneurs et tsars. L'original russe fut traduit en allemand à Moscou, et à la place du mot tsar on mit empereur.* Cela passa en usage chez les interprètes, le baron de Herberstein* nous l'apprend et d'autres autorités3 confirment que l'usage fut ensuite adopté par le tsar luimême. Quelquefois cependant il y eut contradiction, et dans une lettre de l'empereur Maximilien II à Ioann IV, du 24 juillet 1576, le titre impérial ne se retrouve point4. Vis-à-vis de la Pologne, qui le contestait tout particulièrement, aussi bien que le titre de tsar lui-même, Ioann se montra très-exigeant sous ce rapport1, et il faut voir la hauteur avec laquelle il traite cette question dans ses lettres au roi de Suède. « Il ne convient pas, lui dit-il entre autres, que Tu mettes Ton nom avant le Nôtre, car l'Empereur et d'autres grands monarques sont Nos frères à Nous, et Tu n'oserais pas Te nommer leur frère, attendu que le pays de Suède n'égale pas à beaucoup près la grandeur de leurs États6.» L'Angleterre n'hésitait pas à lui accorder le titre d'empereur. Vers 4575, la reine Élisabeth écrivit une lettre qui existe
t. T. VII, chap. il (p. 45, et noies, p. 450). Cf. Schœll, Histoire des traités de paix, t. XIII, p. 512.
2. Voir son Commentarius Rer. Moscov. (p. 17) déjà cité. ùtar solum Cœsarem seu Imperatorem dici existimant, etc. Herberstein lui-même se défend positivement de s'être jamais servi de ce titre d'empereur à l'égard du tsar.
3. Par exemple Jean Kabri, Moscovitarum religio ad ser. Ferdinandum (1525), où on Ht ce passage: *Quoties per oratorem (par un ambassadeur) vet per epistolam sese Moscovitarum imperator insinuât, hoctitulo uti consuevil: Basilius, D. gr. Imperator totius Russiœ , etc. Atque cette ille est titulus quo anno proximo elapso XXIV (1524) mense augusto, dum in inclytâ Viennâ Tuâ Te ex magni Basilii nomine salutarent, sunt orationem suam exorsi. » Cf. Paul Jove, De legatione Basilii; Possevin, Moscovia, p. 7 et 82, etc