Voir l'observation faite plus haut, p
2. La terminaison vitch (non pas wUs ou wic*), au féminin evna ou ovna , est patronymique, comme on sait ; peut-être vient-elle du grec ulôç, et dans tous les cas elle rappelle le Ian-son, Erik-sun , des Scandinaves. Kn Russie, quand on adresse la parole à un homme bien-né (pour nous servir du langage de nos gens à prétention), on l'appelle par son prénom, toujours unique, suivi de son nom patronymique; l'empereur lui-même, si un sujet l'apostrophait par cette formule, Alexander Nikolaïémtch , serait â peine en droit d'y trouver à redire, tant elle est dans les convenances et rappelle un usage vieux et respectable.
3. On prononce Piotr. — Les médailles sont figurées dans l'ouvrage de Ricaud de Tiregale, Médailles sur les principaux événements de C empire de Russie depuis le règne de Pierre le Grand jusqu'à celui de Catherine //, p. 3, 4, 9, 20, etc.
prirastitel, ce qui devait signifier Petrus Alexii filins Imperator Moscoviœ semper Augustus, et faire pendant au titre de l'empereur Romain. Sur une autre médaille, frappée en mémoire de la victoire navale de Hangôud (1714), la légende russe porte : Tsar Petr Akxéïévitch vseia Rossii Povélilel.
Povélitel, nous le répétons, était déjà l'équivalent d'empereur , mais ce n'était pas franchement et nettement ce titre même; or, Pierre le Grand, qui avait toujours en vue l'Europe occidentale et ses jugements, s'accommodait mal de dénominations indigènes auxquelles elle ne savait quel sens attacher. En conséquence , il se prêta volontiers à un acte solennel qui consacra l'usage établi dans le pays, mais que l'étranger regardait encore comme une usurpation. Il venail de conclure glorieusement le traité de Nystad (10 sept. 1721) qui faisait de la Russie la première puissance du Nord, à la place de la Suède humiliée1. Six ou sept semaines après eut lieu une grande fête populaire en mémoire de cet événement décisif. Pendant la solennité par laquelle on la célébrait à Saint-Pétersbourg, des députations du saint-synode et du sénat, les deux premiers corps de l'État, allèrent, conformément à une décision prise le 20 (31) octobre, présenter à Pierre un vœu de la nation. « Nous, vos fidèles conseillers, dit en portant la parole pour eux le grand-chancelier comte Golovkinc*, nous osons supplier humblement Votre Majesté de daigner accepter de nos mains le titre de Pierre le Grand , Père de la Patrie et Empereur (il y a en russe Imperator) de toutes les Russies, en témoignage d'une reconnaissance aussi juste qu'illimitée. » Rappelant que ce titre avait déjà été donné à l'un de ses prédécesseurs plu-