Voir plus haut , p
3. Zinkeisen , GeachicMe de» Oêmanischen Reiches , t. V, p. 800.
l'Espagne en 1745 seulement; mais en y consentant , ces dernières se firent encore délivrer des réversales portant que le nouveau titre ne changerait rien au cérémonial et qui devaient être renouvelées à chaque changement de règne. Catherine II , lors de son avènement , refusa d'en signer. Par sa déclaration du 21 novembre 17621, elle soutint que le titre impérial, attaché à la couronne et à la monarchie de Russie , et perpétué depuis de longues années et successions, en était inséparable ; que « ni elle ni ses successeurs à perpétuité ne pourront plus renouveler les réversales , et encore moins entretenir quelque correspondance avec les puissances qui refuseront de le reconnaître aux personnes des souverains de toutes les Russies , ainsi qu'à leur couronne et à leur monarchie; que cependant, voulant par cette déclaration terminer à jamais toutes les difficultés dans une matière qui ne doit en comporter aucune, Sa Majesté, en se conformant à la déclaration de Pierre le Grand, déclare que le titre impérial n'apportera aucun changement au cérémonial usilé entre les cours, lequel restera toujours sur le même pied ». À cette condition, la France et l'Espagne acquiescèrent à la volonté de Catherine, non toutefois sans répéter dans leurs notes que « les souverains ne peuvent pas s'attribuer des titres à leur choix », ni sans réserver encore « l'usage constamment suivi entre les deux cours sur le rang et la préséance2 ».La république de Pologne fut la dernière à se résigner à cette concession : elle ne le fit qu'en 1764.
Ces détails nous ont paru intéressants au point de vue historique; quant à la politique, elle n'a plus rien à voir en
1. Voir cette pièce, ainsi que les réponses auxquelles elle donna lieu, dans les Appendices de notre Statistique, p. 446-440.
2. Voir à l'endroit cité de notre Statistique. Cf. Herrmann, t. V, p. 342 et (Le- »ur) Des progrès de la puissance russe, p. 324, note 2.
ceci, et certes ce n'est pas par rapport à elle que nous nous sommes livré à cette discussion. Quelle importance peut avoir le titre d'un prince dans un temps où on a laissé prendre celui d'empereur au chef du gouvernement de l'île d'Haïti et où l'on accorde celui de reine à une obscure cacique de quelques îles de l'Océanie où on ne compte pas 10,000 habitants? Mais autrefois les titres des souverains, comme tant d'autres points du droit public aujourd'hui regardés avec indifférence, étaient chose sérieuse, et il pouvait être curieux de montrer quelles étaient à ce sujet, durant des siècles, les prétentions de la Russie. Elles ont toutes obtenu satisfaction, et aujourd'hui le titre qui appartient au souverain de cette monarchie est celui d'empereur. Il doit lui être donné par tous en toute occasion, où il ne s'agit ni de rhétorique, ni de poésie, ni simplement et vulgairement, très-vulgairement, d'une intention d'injure. Aussi n'est-ce que par une réminiscence historique que, sur notre titre, figure « l'Empire des Tsars; » nous désignons ainsi la Russie comme nous dirions le royaume des Piasts à propos de la Pologne ou l'empire du Croissant relativement à la Turquie.
Voici maintenant quel est le titre actuel du souverain de la Russie, le petit, le moyen et le grand. Le premier se borne à ceci : Alexandre II, par la grâce de Dieu, empereur et autocrate de toutes les Russies, tsar de Pologne, grandprince de Finlande, etc. Le titre moyen comprend en outre toutes les tsaries et les grandes-principautés. Le grand titre, tel qu'il se trouve sur le grand sceau de l'État, est beaucoup plus long. En voici la teneur exacte : Alexandre II , par la grâce de Dieu, empereur et autocrate de toutes les Russies1, de Moscou, Kief, Vladimir, Novgorod; tsar deKasan, tsar d'Astrakhan, tsar de Pologne, tsar de Sibérie,