‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 134 sur 367 · Cet oukase avait été précédé de celui du 16 janvier · texte numérisé non relu

Cet oukase avait été précédé de celui du 16 janvier

toutes ses sommités. Cette autre institution est celle dont le nom usuel figure en tête de ce paragraphe, le tchine , mais dont le premier nom avait été tabell a ranghakh, tableau des rangs.

Le mot de tchine est ancien dans la langue nisse ; il signifie cérémonial , ordre , rang, et avant qu'il exprimât la hiérarchie civile, il y avait un tserkovnii tchine ou cérémonial d'église. Les Russes, peuple autrefois très-formaliste, étaient habitués à voir les choses se passer tschinno, c'està-dire suivant le cérémonial , et le sans-façon (bez tchinof, dans leur langue) n'était guère de mise chez eux. Quant à l'institution même , Pierre , qui savait bien à quel point sa noblesse, corps sans vie et sans émulation généreuse alors, était contraire à ses plans de réforme , y eut recours afin d'affaiblir celui-ci par la concurrence et aussi dans le triple but d'intéresser toutes les classes de ses sujels à l'ordre de choses nouveau enfanté par lui , d'assigner aux étrangers qui l'assistaient dans l'accomplissement de son œuvre, une position convenable et digne au milieu d'une population aux yeux de laquelle ils étaient des intrus , enfin de faire naître une émulation salutaire entre les hommes qui s'élevaient à force de services et de mérite et ceux qui ne devaient qu'au hasard de la naissance une posilion éminente dans la société. En conséquence, après avoir déclaré que le mérite aurait le pas sur la naissance, il fit une classification embrassant également les grades militaires et les fonctions civiles, et assigna leur rang à tous d'après une base commune. Cette classification se composait de seize degrés, réduits ensuite à quatorze , dont les huit premiers conféraient la noblesse héréditaire, avec tous les droits et immunités appartenant au corps des anciens nobles, tandis qu'aux deux suivants était attachée seulement la noblesse personnelle. Dès lors, même le titre de prince était loin de

valoir la noblesse de Tune des huit classes, pour ne pas dire celle du tchine en général. Celte institution existe encore avec ses quatorze classes, seulement il y fut apporté une modification imporlanle. Pierre , qui se garda bien de se lier les mains relativement à la récompense qu'il pourrait offrir aux hommes capables, s'était réservé le droit de conférer à chacun tel rang qui lui paraîtrait mérité : ceci fut changé dans la suite, et l'empereur Paul ordonna que, dans toutes les branches du service civil, on aurait à passer successivement d une classe dans l'autre, sans en sauter aucune. On ne fit d'exception que pour les fonctions de cour, pour les chambellans et les gentilshommes de la chambre. Les dénominations des classes ont aussi été légèrement modifiées sous les règnes postérieurs à ceux du réformateur de la Russie, et sous l'empereur Nicolas, un oukase du 23 juin 1845 a rendu facultative et plus ou moins dépendante de la volonté du souverain, l'hérédité de la noblesse, ainsi que la jouissance des droits et immunités qui y sont attachés.

11 nous reste à faire connaître l'échelle telle qu'elle est en vigueur encore maintenant, et avec la concordance de l'ordre, militaire et de l'ordre civil. Mais d'abord une remarque est nécessaire, c'est qu'il y a trois degrés qui n'appartiennent qu'à l'une ou à l'autre des deux espèces de service ou qui n'ont d'autre dénomination que le numéro de la classe. C'est le rang le plus élevé qui est le premier de l'échelle.

Service militaire. Service civil.

1. Feldmaréchal ou amiral gé- Conseiller privé actuel1 de 1" néral. classe.

1. Si Ton prenait â la lettre ce mot actuel, inhérent A trois clnsscs, il y aurait déjà une suffisante abondance de conseillers; mais relativement à co mot, comme à celui de conseiller même, il faut se souvenir qu'il s'agit d'un titre et non pas do fonctions effectives. S'il en était autrement, le luxe des conseillers serait plus qu'au niveau de celui des chambellans, des gentilshommes de la chambre et des demoiselles d'honneur.

Service militaire.

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