‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 136 sur 367 · Ancien grade de brigadier, depuis longtemps supprimé · texte numérisé non relu

Ancien grade de brigadier, depuis longtemps supprimé

3. Les titres de translateur et d'archiviste ne sont plus guère en usage par rapport aux classes civiles sans nom spécial.

4. Elle répond à l'allemand Hochwohlgeboren , non pas à Hochyeboren, qui est une qualification plus élevée. Celle de Wohlgeboren est réservée à la classe bourgeoise.

Tous les membres compris dans les quatorze classes du tchine sont appelés Ichinovniks, classifiés. Ils forment un corps très -nombreux1 étagé par rangs, comme dans une pyramide à très-large base, qui va se rétrécissant pour se terminer en une pointe plus ou moins aiguë. En effet, au haut de l'échelle , c'est-à-dire dans le rang de feldmaréchal ou de conseiller privé actuel de première classe , il n'y a jamais plus de trois, quatre ou cinq personnages, et il peut n'y en avoir qu'un seul , tandis qu'à la hauteur de majorgénéral ou de conseiller d'État actuel, des centaines, même des milliers de ces titrés donnent déjà une certaine ampleur à la pyramide, à la base de laquelle est ensuite toute une armée de simples officiers. Dans les classes moyennes, la condition de tchinovnik est un objet d'envie pour tous , et l'avancement d'une classe à une autre est, pour ces fonctionnaires, la grande préoccupation de la vie, car les émoluments et les broderies de l'uniforme se proportionnent , au service, suivant la classe où ils sont rangés; cet avancement les dédommage jusqu'à un certain point de l'insuffisance des traitements, dont il augmente même graduellement la quotité. La haute noblesse , au contraire, regarde de haut en bas les concurrents que place à ses côtés cette institution qui a brisé l'aristocratie; elle lui garde rancune, sans toutefois s'en exclure. À l'étranger, où l'on désigne les tchinovniks sous la dénomination de bureaucrates, bureaucratie, on les juge avec une extrême sévérité. Certes, il y a parmi eux un très-grand nombre d'estimables serviteurs de l'État, modestes, laborieux et même fidèles, intègres; mais tel n'est pas, il faut l'avouer, le caractère du corps, de la majorité de ses membres. Ces hommes, comme nous l'avons dit ail-

I. En 1863, comme on le verra plus loin. 276,809 personnes avaient la noblesse personnelle ; celles qui jouissaient , à raison du tchine, de la noblesse héréditaire , devaient être au nombre de plus de 80,000.

leurs1, la plupart promus par ancienneté, ignorants, d'une servilité extrême vis-à-vis de leurs supérieurs, bouffis d'orgueil dans la vie ordinaire comme tous Ips parvenus, étaient les plus fermes soutiens de l'état corrompu d'autrefois, et encore aujourd'hui, amis des abus dont ils vivent, enclins à la violence par le souvenir de celle à laquelle ils onl euxmêmes été en butte dans les rangs inférieurs, d'une vénalité jadis proverbiale, ils ont peu de goût pour la vraie civilisation et traitent ce qui est étranger, hommes, idées ou usages, avec cette arrogance tempérée par une avidité sordide dont le théâtre, certains mémoires et des pamphlets fameux nous ont quelquefois présenté les personnifications typiques.

Si le tchine otTrait des avantages évidents, il avait pourtant aussi, d'un autre côté, des inconvénients réels, surtout en élargissant outre mesure les rangs de la classe privilégiée, en jouissance d'exemptions qui donnaient lieu à des pertes sèches pour l'État, et en appauvrissant, au point de vue moral, la bourgeoisie qu'elle décimait et décapitait. Mû par le désir de remédier au mal au moins sous ce dernier rapport, l'empereur Nicolas, appréciateur fort clairvoyant de la situation intérieure de son empire, eut l'idée de doter à son tour la bourgeoisie d'une classe d'honneur sous le nom depalchotnoië* grajedanstvo. Son manifeste du 10 avril 1832 annonça cette création nouvelle; et le titre qui, par suite , fut conféré à un nombre considérable de personnes placées en dehors de la noblesse, leur assura à la fois l'exemption de la capitation3, du recrutement, des punitions corporelles en cas de crime et des obligations muni-

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