Voir t. Ier, p
bourof, les Velyaminof, les Saltykof, les Toutchkof et 72 autres, il présente des listes comprenant celles qui existaient avant Tan 1600, soit en Russie, soit dans les contrées adjacentes aujourd'hui soumises à l'empire. Sur ces listes figurent 737 familles russes, 1 20 des provinces Baltiques, 877 de la Pologne et de la Lithuanie, et 52 autres actuellement rangées sous la loi russe, mais dont l'existence dans leur patrie respective était déjà constatée à l'époque dont nous parlons. Voilà donc près de 1,800 maisons, dont plusieurs se divisent en de nombreuses familles, avec branches et sous-branches; mais notre auteur en a joute encore d'autres dans des listes supplémentaires, et il le fallait sans doute pour atteindre le chiffre déplus de 120,000 propriétaires nobles que nous avons constaté plus haut (p. 194), exclusivement dans les gouvernements auxquels s'est appliquée la grande mesure de l'émancipation des serfs. (Dans les seules provinces Baltiques, les propriétaires nobles de terres rurales présentent le chiffre de 1,800, et dans l'ancienne Pologne on comptait jusqu'à 120,000 familles nobles.) On se rappelle que le total des familles nobles indiqué plus haut est de 200 à 220,000 \
Encore aujourd'hui, cette noblesse possède une notable partie des terres, dont nous avons déjà fait connaître l'importance (p. 192 et suiv.); mais depuis 1861 , elle ne les possède plus exclusivement et le droit de possession qu'elle avait aussi sur la population rurale qui vit sur ces terres, elle
I . Le Livre généalogique entre dans des détails de personnes au sujet de toutes les maisons princièies, et aussi au sujet de beaucoup de familles non titrées. Dans la Notice du comted'Alniagro, on trouve de petits articles sur plus de 200 familles. Le baron de Haxtkausen (t. III, p. 84-), quand il lui emprunte ses données, s'appuie sur un terrain solide; les détails qu'il a tirés du Calendrier héraldique, Moscou, 1787, et qu'il a disposés dans un ordre à lui propre (pi 73 et suiv.) . nous inspirent moins de confiance. Une liste publiée en 1843 , dans le but de compléter le nombre des «principales familles de Russie, nobles et anciennes , » ajoute aux 200 noms du comte d'Almagro 1 34 autres , « bonnes et anciennes maisons , » que celui-ci , dit le réclamant , n'aurait pas dû oublier.
Ta perdu sans retour, non sans regrets, ni sans amoindrissement considérable pour elle , mais pourtant en cédant de bonne grâce à la nécessité, en se résignant presque sans murmure à un sacrifice que le progrès national et l'esprit du siècle lui imposaient. Elle perdait ainsi plus de 11 millions de serfs mâles, près de 23 millions d'âmes à elle inféodées, et tout à la fois non-seulement des privilèges considérables , une grandeur de position qui approchait de la souveraineté, mais, partiellement et transiloirement du moins, jusqu'à l'aisance qui semble être l'apanage obligé du premier ordre de la nation.
Quant aux considérations morales auxquelles nous pourrions nous livrer par rapport à la noblesse, elles ne seraient pas à leur place dans un travail qui doit se restreindre à l'exposé des faits; au besoin, le lecteur les trouvera dans le livre, déjà souvent cité, du baron de Haxthausen1.
2. Le clergé. Comme il sera traité de la société religieuse dans un chapitre à part de cette section, nous réservons pour cette partie de notre travail tout ce que nous aurions à dire ici du clergé comme classe de la population, comme caste ou comme ordre, nous bornant à noter ici qu'il compte environ 250,000 membres, lesquels avec leurs familles forment un total de plus de 650,000 têtes1.
S0 Les habitants des miles. D'abord un mot des villes mêmes, quoique à cet égard nous pussions, à la rigueur, nous référer à ce qui a déjà été dit dans le volume précé-
1. Notamment, t. III, p. 66 et suiv. Nous-mème, nous avons au moins essayé d'indiquer quelques traits essentiels du tableau , 1. 11 , p. -422.