‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 167 sur 367 · Dans le recueil Unsere Zeit de Brocknaus, t. II, p · texte numérisé non relu

Dans le recueil Unsere Zeit de Brocknaus, t. II, p

en masse des populations rurales : c'était un besoin encore plus pressant, une anomalie beaucoup plus crianle à faire cesser, car, dit M. Tourghénief1 avec vérité : «Les serfs de TEslhonie et de la Livonie, sinon ceux de la Kourlande, étaient en général beaucoup plus misérables, et par conséquent moins mûrs pour l'émancipation, que les paysans russes. » La Kourlande suivit presque immédiatement l'exemple donné par l'Esthonie : l'acte d'émancipation, voté par l'ordre équestre de cet ancien duché, fut ratifié par l'empereur dès le 25 août 1817; Tannée suivante, celui de la Livonie se résigna à un acte semblable, et lorsque ses députés soumirent à l'approbation de l'empereur, le 5 mars 1819, les bases de l'opération, Alexandre leur fît la réponse suivante: «Je suis bien aise de voir que la noblesse de Livonie a rempli mon attente. Vous avez donné un exemple qui mérite d'être imité; vous avez agi dans l'esprit de notre siècle, et vous avez senti que les principes libéraux seuls peuvent fonder le bonheur des peuples. » Notons pourtant que le libéralisme de la noblesse des trois provinces Baltiques, de celle surtout de l'Esthonie et de la Livonie, n'avait rien d'outré : l'émancipation, échelonnée d'ailleurs sur un espace de quinze années, s'accomplissait sans concession de terre, et la faculté même d'en acquérir à beaux deniers comptants n'était pas reconnue aux paysans, comme elle vient de l'être en Kourlande*. Affranchie de la servitude de

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