Ouvrage cité, t. Il, p
2. Dans ce gouvernement , d'après des données officielles relatives à la fin de Tannée 1858, 15,885 enclos de paysans étaient sous le régime de la redevance pécuniaire, et 4,595 sous celui de la corvée, régime qui va cesser tout h fait. En Livonie, la diète provinciale de 1865 arrêta la suppression définitive des baux à corvée, à partir du 23 avril 1868, ainsi que l'abolition, pour les paysans majeurs chefs d'une exploitation rurale, des peines de police corporelles. Sur le mode de la libération dans les trois provinces, voir l'article Die Leitmgenschaft in Russtand, dans Utuere Zeit , t. II, p. 629. Cf. Tourgbénief, t. II , p. 198 et suiv. On peut consulter aussi un autre article du même recueil, Die deulschen
la glèbe, la population rurale de ces provinces, si remarquables par la civilisation avancée de leurs nobles et do leurs bourgeoisies, resta dans un état voisin du prolétariat, car aucune part à la propriété ne fut accordée aux paysans. Après tout, néanmoins, ce fut un commencement, et pour le reste de l'empire un avertissement. Alexandre, quoique un peu mâté par l'opposition qu'il rencontra par rapport à cette grande opération, ne la perdit cependant jamais entièrement de vue. Elle était pour lui un<* affaire d'amour-propre encore plus que de conscience. Dans les provinces Baltiques, elle avait été conduite à bonne fui par un énergique étranger, le général marquis de Paulucci, avec lequel le lecteur a sans doute fait connaissance dans la correspondance du comte Joseph de Maistre. L'empereur voulut que, sous son autorité de gouverneur général, le gouvernement de Pskof fût réuni aux trois provinces; sans doute il avait en vue de faire participer ainsi une première province de la Grande-Russie au mouvement d'émancipation mené à bonne fin dans les provinces annexées, afin qu'ensuite elle se propageât dans les autres gouvernements de l'intérieur. Ce but, toutefois, ne fut point atteint, et M. Tourghénief 1 en fait peser la responsabilité sur le gouverneur général; l'émancipation des serfs dans les trois gouvernements Baltiques, ajoute-t-il, « est demeurée sans aucune influence appréciable sur le reste de l'empire. » En revanche, un autre auteur russe nous apprend qu'en traversant la Lithuanie, en 1818, Alexandre Ier fit paraître une ordonnance qui obligeait tous les propriétaires de ces an-
Ostseeprovinzen liusslands, t. rr, p. 490 et >uiv. (par un Patriote); Die Zustâtide des freien Banernstandes in Kurland , 2 vol. in-8°, 1860 et 1863; autre anonyme, Der Este und sein Hent 1861 ; Merkel, F. de Firks, Otton de Rtittenberg, etc. Voyez aussi le BauerngeseUbuch de chacune de ces trois provinces. De nouveaux codes agraires ou ruraui furent publiés en 1849 , 1856 . etc. 1. T. II, p. 203 et 207.
ciennes provinces polonaises à ramener à une règle fixe les redevances de leurs paysans, d'après les inventaires territoriaux existants. Connue sous le nom d'oukase de Mozyr, elle porta si peu de fruits que l'empereur Nicolas jugea plus tard nécessaire de la modifier.
Ce frère d'Alexandre qui, dans les derniers temps de sa vie, se regardait peut-être un peu trop comme la personnification providentielle d'une autocratie nécessaire et qui , de ce chef, a été jugé avec une sévérité qui ne tenait plus aucun compte des bonnes intentions de sa loyale nature, fut mis en face de la même question sociale par les événements qui enveloppaient d'un voile lugubre son avènement au trône, dont toutes les circonstances sont d'ailleurs glorieuses pour lui. L'adversaire le plus implacable même de Nicolas1 n'a pu lui refuser ce témoignage: « Quelque hostile qu'il fût à toutes les idées de liberté, il faut lui rendre la justice de dire qu'il ne cessa, pendant toute sa vie, de nourrir l'intention d'émanciper les serfs. » Son premier acte concernant les paysans* était loin sans doute d'annoncer cette intention libérale. Mais à ce moment-là, Nicolas était las des révoltes qui avaient suivi la mort de son prédécesseur, même dans cette classe, et son langage, d'une extrême sévérité, s'en ressentait. «Nous ordonnons, disait-il, de faire connaître partout que tous les bruits circulant sur l'affranchissement des paysans de la couronne du payement de leurs redevances et des paysans seigneuriaux, y compris les hommes de semee (dvorovyié), de l'obéissance due à leurs maîtres, ne sont que paroles mensongères, de l'invention de gens malveillants et répandues par eux dans un but intéressé, afin de pouvoir, parce moyen, s'enrichir aux