Voir plus haut, p. 63 et Ut , U
3. Toutes ces idées, nous les avons présentées au public, dès 1831, dans une brochure écrite d'enthousiasme et que nous ne relisons pas aujourd'hui sans plaisir, qu'on nous permette cet aveu. Cette brochure (Paris, chez F. Didot) était intitulée La Pologne et la Russie; elle avait pour but de rendre hommage à la cause polonaise sans exiger l'impossible, sans sacrifier la Russie. Bien des Polo* nais ont rendu justice alors aux intentions de l'auteur, toutes de conciliation , comme on peut le voir surtout à la page 43.
était alors remplie. Ainsi qu'on l'a dit !, avec une savante brièveté, celte mission consistait à «servir au christianisme de l'Occident de rempart impénétrable contre l'invasion et la domination des Mongols, des Tatars et des Turcs.» Cette mission, à laquelle les Polonais se sont montrés dévoués pendant tout le moyen-âge, ils l'ont remplie pour la dernière fois, et avec infiniment de grandeur, en 1683, quand Jean III Sobieski marcha au secours de Vienne, menacée par une nouvelle et dernière invasion ottomane. Ils ont été payés d'ingratitude; mais l'honneur de ce grand service rendu à la chrétienté a été pour eux un prestige au milieu de l'anarchie qui minait leur république. Cette anarchie a creusé leur tombe, en même temps qu'elle les mettait hors d'état de remplir une autre mission, celle de représenter la race slavonne et d'offrir un point d'appui à ses ambitieuses aspiralions. Pour jouer ce rôle, il fallait plus de vigueur, une vie nationale dont n'était pas exclu l'élément populaire, cette large base qui fait la puissance des États : la Russie s'en est emparée; c'est elle qui maintenant voit là sa mission5.
Ce coup d'œil général sur les destinées de la nation polonaise va recevoir tous les développements nécessaires dans ce chapitre, où, suivant la même marche que pour la Russie proprement dite, nous passerons en revue, aussi brièvement que possible, les principaux éléments de l'organisme social de la Pologne. Ce travail devra pareillement commencer par une sorte d'histoire constitutionnelle de ce royaume.
Le principe fondamental de l'État n'a pas toujours été le même. Sous ce rapport, on distingue dans l'histoire de