Zielinski, t. Ier, p
3. Voir Agricola, Polens Untergang und Wiederherstellung, p. 50, note 49, où l'on cite Lelewel , Considérations politiques au sujet de la Pologne (traduction allemande, p. 139 et suiv.).
quelle, en dépouillant le paysan du droit de propriété, le réduisit à l'état d'ilote1.
Les privilèges de Tordre politique se multiplièrent en faveur de la noblesse depuis le faible règne de Jean Ier Albert (1492-4501). En 1468, les diètes générales étaient devenues représentatives par l'envoi de nonces territoriaux, pourvus d'instructions précises de la part de leurs mandataires'. Comme le remarque un des fidèles amis du sage prince Adam Czarloryiski, Théodore Morawski, l'omnipotence parlementaire fut ainsi placée dans la masse des « citoyens. » Un autre Polonais, M. Zielinski, ajoute : c La faiblesse du caractère de Jean-Albert enhardit la noblesse à dépasser la sphère de ses franchises (légitimes?); de là l'atteinte aux ordres inférieurs.» A la diète de Piotrkow, en 1496, elle fit de notables conquêtes, et sous Alexandre, frère de Jean-Albert, prince un peu borné, l'autorité royale fit cette concession décisive : 2Vihil novi constitui debeat per Nos et successores No$trosy nisi communi nuntiorum terrestrium consensu. Notons cependant qu'à plusieurs diètes de ces deux règnes, les députés des villes furent encore admis3, quoique, officiellement, la nation ne se composât déjà plus que des trois ordres, qui étaient le roi, le sénat et les nonces. En 1538, l'égalité entre tous les nobles polonais fut proclamée.
Dans la seconde grande période de l'histoire de Pologne, celle de la monarchie élective, ou, pour mieux dire, de la
1. « Le peuple fut exclu du bienfait de la loi. Bientôt il tomba dans la dépendance complète des nobles, et peu â peu il fut réduit à la servitude. • Malte-Brun et Léon. Chodzko, Tableau de la Pologne, t. II, p. 42. Voir aussi Zielinski, t. Ier, p. 369.
2. « Par cette révolution , dit le comte de Salvandy, la Pologne ne fit que parer de Tune des formes de l'Europe policée le dernier des gouvernements barbares. » Histoire de la Pologne avant et sous le roi Jean Sobieski, t. 1er, p. 112. Sur l'égalité, voir ibid . p. 333.
3. Zielinski, t. Ier, p. 379; Morawski. dans Malte -Brun et Chodzko, t. Il, p. 38.
république nobiliaire qui commença en 1572 ou 1574 (moment de l'arrivée du roi Henri de Valois), les concessions, remises à Tordre du jour sous le nom de pacta conventa\ n'eurent plus de bornes; les nobles constituèrent de plus en plus à eux seuls la nation et s'arrogèrent tous les droits, et cela non pas seulement comme corporation , mais à la fin aussi en vertu du droit individuel de chacun. La loi des majorités, sans laquelle les délibérations de toutes assemblées quelconques ne sont que des masques, fut méconnue à ce point, en 1652, qu'un nonce de la diète put en rompre le vote par son ni pozvolam. C'est là le liberum veto dont nous avons déjà parlé (p. 424), « et qui, sans devenir une loi formelle, dit Morawski, entra dès lors abusivement dans les attributions de chaque nonce. Il s'introduisit malgré les clameurs et les imprécations de toute la diète,» et resta depuis en usage, souvent au grand profit de l'étranger qui trouvait moyen de l'exploiter pour son compte, au prix d'un sacrifice pécuniaire, même peu considérable quelquefois. Au moyen du liberum veto, il dépendait d'un individu de rompre les diètes. Pour comble de malheur, ce fatal usage engendra les confédérations, c'est-à-dire la résistance autorisée aux décisions de la majorité. La première apparition de ces émeutes légales date, il est vrai, des dernières années du règne de SigismondIer (1506-1548), et elles furent consacrées par une loi formelle déjà en 1609; cependant elles ne devinrent fréquentes que-depuis 1655. « La force et la violence étant ainsi une fois admises, — c'est encore le patriote polonais qui parle*, — il fallut désespérer de toute amélioration dans les lois. » Tout dépendait désormais du caprice, sinon d'un seul noble, du moins de toute réunion de nobles capable d'appuyer