‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 198 sur 367 · Zielinski , t. II , p · texte numérisé non relu

Zielinski , t. II , p

2. Malte-Brun et Chodzko , t. II , p. 63 ot 79. Voir aussi sur le liberum veto, Salvandy, ouvrage cilé , t. Ipr, p. 332 et suiv., et Wielhorski, p. 71-86.

ses volontés par la force. La noblesse était toute-puissante et lTStat périt. L'histoire donne ici une de ses plus éloquentes leçons, et à ses leçons politiques nous ajouterions des leçons de morale non moins utiles, si nous pouvions revenir ici sur ce qui a été dit du caractère des Polonais, nous voulons dire de la noblesse polonaise'.

En dépit de l'égalité politique entre tous les membres de cette caste, il y avait parmi eux les distinctions qu'établit, dans toute société quelconque, la différence de fortune et de position. Nominalement, tous étaient frères, mais la haute noblesse, pourvue de propriétés immenses (sans majorats toutefois*) et qui avaient toujours été en possession soit des hautes charges de la cour, de l'Etat et de l'Eglise, soit des nombreuses terres ou starosties dont la Couronne disposait, était séparée par une distance immense de la noblesse ordinaire ou simple szlachta3. Car, ne pouvant vivre selon leur rang du revenu de leurs terres, souvent peu étendues, ces nobles secondaires se pressaient dans les palais des grands, auxquels, semblables aux clients* des anciens patriciens romains, ils faisaient cortège et qu'ils entouraient de leurs soins officieux. La condition d'une foule de szlachdc n'était guère supérieure à celle des odnodvortses russes dont nous avons parlé (p. 409), et leur aisance n'égalait pas toujours celle des paysans libres dans les autres pays voisins. C'est seulement par leur esprit guerrier, par leurs droits politiques et surtout par leurs prétentions qu'ils s'élevaient au-dessus des cultivateurs. Ils étaient donc dans une position subordonnée vis-à-vis des magnats, même quand ceux-ci les traitaient de frères. Les titres nobiliaires

1. Voir t. II, p. 482-486; Reùe eines Lieflânders , t. III, p. 1 et suiv. ; Haxthausen, t. III, p. 32; Agricola, p. 60-65.

2. Ce qu'on appelle aujourd'hui majorais en Pologne, ce sont des concessions de terres octroyées par le gouvernement russe à de certaines conditions.

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