III
ment des persécutions. Mais en 1264, ils obtinrent une espèce de sauf-conduit, auquel Casimir le Grand, vers 1335, donna une plus grande extension1. Chez ce prince du moins, ils trouvèrent un refuge, quand les injonctions intolérantes du pontife de Rome les firent expulser de la Hongrie ou du moins frapper de telles vexations qu'ils durent, pour s'y soustraire, se résoudre eux-mêmes à l'exil. Casimir leur permit, même à Léopol (Lemberg), le libre exercice de leur culte ; de plus , il leur accorda d'être jugés selon leur propre loi, ou, s'ils le préféraient, selon le droit de Magdebourg. Différents articles du célèbre statut de Wisliça(1347*) s'occupent aussi des israélites, et quoique ce fiit principalement dans le but de mettre des bornes à leurs habitudes d'usure, ils attestent néanmoins une modération fort rare parmi les contemporains de ce roi éclairé, modération dont l'Église n'avait garde de donner l'exemple. Aussi, à l'occasion de la «peste noire,» qui sévit partout encore du temps de Casimir, l'histoire a-t-elle à relater moins de supplices et de massacres par rapport aux juifs de Pologne que relativement à ceux des autres pays. Dans les siècles suivants, des cultes de toute espèce, le culte grec uni et non uni, le culte protestant, etc., étant pratiqués dans le pays, où même quelques milliers de mahométans exerçaient librement le leur, les juifs n'étaient pas les seuls objets de l'inimitié de l'Eglise et trouvaient plus facilement moyen de se dérober à ces «rigueurs salutaires» auxquelles elle n'hésitait pas à avoir recours partout où elle pouvait espérer de maintenir ou de rétablir ainsi l'unité, seule arche de salut à ses yeux. L'aisance dont jouit cette classe est le fruit de l'activité et de
1. Voir le Statut dont ils étaient l'objet, dans Baudtkie, Jus polonicum, p. t.
2. Un appendice du t. II de Rœpell-Caro (p. 588-605) traite de cette plus ancienne loi fondamentale des Polonais, seulement mentionnée dans le corps du volume, p. 277.
l'extrême souplesse de ses membres; mais elle n'est entretenue qu'aux dépens du peuple en général qui ne peut lutter contre un monopole solidement établi et manque encore trop de lumières pour ne pas être dupe de ces offres de crédit dont il est incessamment obsédé.