‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 209 sur 367 · Rein, Grossfùrstenthwn Finnland , p · texte numérisé non relu

Rein, Grossfùrstenthwn Finnland , p

composer de 14 membres, pris moitié au sein de la noblesse finlandaise et moitié parmi le clergé, les bourgeois et les paysans. Les anciens impôts ont été augmentés et de nouveaux établis par le sénat spécialement finlandais, aucun compte-rendu des recettes et dépenses n'a été publié, même sous l'administration intègre du comte Rebbinder, de qui on ne connaît qu'un rapport général à l'empereur sur les années de 1826 à 1836; l'oukase du 14 août 1827 a rapporté la disposition légale en vertu de laquelle les indigènes professant la religion protestante étaient seuls admissibles aux fonctions publiques et a conféré ce droit aux gréco-russes; celui du 14 janvier 1828 a modifié le régime des biens héréditaires concessions de la Couronne; la censure a été introduite en 1829, la déportation (portée en compte à raison de mille roubles par téte) a été mise au rang des peines légales, etc., — le tout sans donner lieu à une convocation des États. Ce fut encore l'empereur Alexandre II qui prit à tâche de réparer les torts du passé. Par son manifeste du 10 avril 1861 1 il annonça une session prochaine du comité permanent des États, et le 18 septembre 1863 il ouvrit en effet la diète finlandaise aux acclamations de tout le peuple , aux doléances duquel fut alors donné satisfaction dans une assez longue session (close le 15 avril de l'année suivante) qui ne resta pas sans porter de bons fruits. Entre autres lois votées par cette diète, nous citerons celle qui ordonne que le finlandais soit désormais, à la place du suédois, la langue officielle de la grande-principauté; cette loi a été ratifiée par l'empereur en février 1865, mais elle ne sera exécutoire qu'à partir du 1er janvier 1872, quand tout le monde aura pu se mettre en mesure à cet égard.

1. Ce manifeste , ainsi qu'un oukase du 23 août 1861 sur le même objet , se trouve dans les Archives diplomatiques d'Amyot, 1861 , t. II, p. 395, et t. IV, p. 273.

Gomme la Finlande est indissolublement liée à l'empire de Russie, les lois fondamentales de celui-ci concernant le droit de succession au trône, la majorité de l'empereur et, le cas échéant, la régence, lui sont, ainsi qu'il est dit dans le Svod, également applicables. Si, dans notre introduction, nous avons traité le pays d'État, aussi bien que l'empire lui-même et le royaume de Pologne, cela ne doit pas s'entendre d'une manière absolue, même comparativement à la Pologne. La grande-principauté a ses frontières, son code de lois, son sénat et sa magistrature (les Hoffraett), son administration, ses finances à elle propres, son université spéciale, sa banque; dans une certaine mesure, elle a même sa force armée, puisqu'un bataillon de carabiniers ou tireurs de la garde impériale et un équipage de marine portent son nom et qu'un corps finlandais de cadets est établi à Frédérikshamn1; mais du reste elle est régie, au nom de l'empereur grand-prince, par un gouverneur général qui peut être Russe et qui est aussi président du sénat; le ministre secrétaire d'État pour la Finlande résidant à Saint-Pétersbourg ne figure même pas dans YAdress-Kalendar (1864) parmi les hauts fonctionnaires de la grande-principauté; les oukases impériaux, en matières ordinaires, sont applicables ici comme dans l'empire, les fonctionnaires et employés sont rangés dans le tchine, etc. Néanmoins, le Finlandais se garde bien de confondre avec la Russie sa chère Aura*, dans laquelle seule il voit sa pairie, et il bénit la loyale justice du souverain actuel, qui lui en a de nouveau garanti l'autonomie.

Les distinctions sociales sont, dans la grande-principauté, les mêmes que dans l'empire, dont les ordres de chevalerie

1. Voir prince Em. Galitsyne, La Finlande, t. Il, p. 388. — Au besoin, la milice nationale serait convoquée sans pouvoir être employée hors des frontières du pays. Rein , p. 68.

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