Voir Karamzine, t. Ier, chap. ix; Strahl, t. Ier, p
ment de Minsk), dans le pays des Drevliens, à Tmoutarakân, etc. De là les principautés apanagées des mêmes noms, tantôt existantes, tantôt de nouveau réunies. De 4026 à 1036, la grande-principauté était partagée en deux moitiés, séparées entre elles par le Dnièpr, et dès lors, si Ton veut, il y avait une Russie comprise dans les pays de civilisation et une Russie barbare ou in parlibus infidelium; seulement celleci n'était pas la Moscovie. A la mort de Mstislaf, son rival, laroslaf le Grand rétablit l'unité de l'empire. Il n'y eut de prince indépendant qu'à Polotsk; encore celui-ci subissait-il l'influence du grand-prince. La Russie était puissante alors et se faisait respecter de tous; mais le fatal usage des apanages la perdit. laroslaf en assigna un à chacun de ses cinq fils, ce qui, avec Polotsk, fit six principautés1, dont Novgorod ne tarda pas à être la principale de fait, bien que la suprématie nominale et le titre de grand-prince restassent à Kief. Le morcellement alla en croissant, et bientôt il fut tel qu'on s'est cru en droit de dire qu'il n'y avait plus alors de Russie. On oubliait que ces fragments divers, désolés par la guerre civile que leurs princes entretenaient entre eux, avaient pour les tenir en union des liens autres que celui de la politique. Ces liens assez forts pour entretenir l'idée d'une commune patrie malgré la dissolution de l'État, étaient une seule et même langue, une même religion, celle de l'Église orientale réputée seule orthodoxe, une même dynastie, celle de Rurik et de S. Vladimir Ier, et ensuite plus spécialement celle de Vladimir II Monomaque, petit-fils de Vladimir Iert; enfin, les mêmes traditions nationales formaient le quatrième lien.
Vladimir Monomaque est la vraie souche des princes rus-