‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 217 sur 367 · III · texte numérisé non relu

III

gieux. L'instinct naturel de l'amour filial s'élève à la hauteur d'un respect religieux et d'une soumission absolue, qui, en passant par tous les degrés intermédiaires, se reportent également sur les autorités jusqu'au tsar, qui n'est en Russie que le père de famille à sa plus haute puissance... L'amour des Russes pour les membres de leurs familles, pour leurs parents plus éloignés et pour tous leurs compatriotes, — que le langage vulgaire désigne aussi sous le nom de frères (broie), — repose sur le sentiment de la communauté religieuse. Enfin la terre qu'habite le Russe a été donnée par Dieu à ses ancêtres, à ses frères ; les os de ses pères y reposent; il vit sur ce sol religieusement consacré, qui le couvrira un jour, lui aussi, et qui renferme tous les objets de son affection et de ses respects. Ce patriotisme religieux, pour lequel Dieu même revêt un caractère de nationalité,.... est la base de l'unité de la Russie et la source de sa force morale et matérielle. »

Ainsi s'explique la ferme position de l'Eglise gréco-russe, fondée, comme sur un roc, sur l'amour universel des fidèles, qui voient en elle leur «mère,» leur première et vrai<; patrie terrestre. « En Russie, a dit un anonyme fameux, il n'y a pas de vie séparée , car l'Église est à tous en commun. L'Église est la nation, l'empire, la Russie enfin. »

Ce n'est pas ici le lieu pour en examiner le caractère, les tendances, l'esprit \ La présenter comme stationnairc , ce ne serait peut-être pas se mettre en contradiction avec ses propres docteurs, qui ont toujours tenu à l'immobilité de l'enseignement concernant la foi; mais l'accuser péremptoirement, comme fait le marquis de Custine% de slérililé, d'être morte, c'est trancher un peu lestement une question

1. A la page 13 on a déjà dit quelques mots de l'influence de l'église grécorusse , comparativement à celle qu'aurait pu avoir l'Église catholique romaine.

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