‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 223 sur 367 · I. Stralil, GeschichlP d. «. A'., t. Vr, p. Ititi · texte numérisé non relu

I. Stralil, GeschichlP d. «. A'., t. Vr, p. Ititi

(1015), avait fait de ses États, funeste à la grandeur politique de la Russie , favorisait au contraire ces progrès. Les douze grands-princes issus de ce partage portèrent l'Évangile dans les contrées les plus lointaines; chacun d'eux, non content de créer un siège épiscopal dans sa résidence, fonda en outre des églises et des monastères ou couvents. Cependant Kief resta au premier rang pour ses édifices religieux, laroslaf le Grand (1019-1054) y fit élever un grand nombre d'églises, dont la plus somptueuse fut celle de Sainte-Sophie. Une cathédrale du même nom fut aussi construite à Novgorod, en 1045, et Ton sait qu'elle devint célèbre parmi tous les sanctuaires russes, qu'elle accumula de grandes richesses dans son trésor (mntfcrc), et qu'elle se décora d'ouvrages d'art tels que ses fameuses portes d'airain. Plus tard, en 1118, S. Antoine le Romain vint fonder sur le Volkhof, près de cette cité célèbre, le monastère qui porte encore aujourd'hui son nom et jouit d'une grande réputation de sainteté '. La doctrine chrétienne fut portée successivement chez iesBoulgares, les Petchénèghes, les Viatitches, chez une partie des Tchérémisses et des Votiaks, et pendant que l'Église d'Orient exerçait ainsi sa propagande du côté de l'est, le moine Meinhard, envoyé en 1186 par l'évêque de Brème, avec d'autres missionnaires, sur les côtes de la Livonie, fit, du côté de l'ouest, des conquêtes au profit de l'Église latine. De toutes parts l'idolâtrie fut renversée; le christianisme se fit jour jusqu'à la mer Blanche et jusqu'à l'Oural. Vers 1380, Étienne Kharp prêcha l'Évangile aux Zyriaines et éleva la croix, dans la Biarmie, à la place de la fameuse statue de la « Vieille d'or » (zolotaïa baba) dont les traditions hyperboréennes sont remplies-. Les Mongols de la Horde d'or, longtemps partagés entre

I. Stralil , Gencldcldc d. li. h., p. 121). 1 Voir ce qui en a été dit t. Il, p. 580.

l'idolâtrie et le mahométisme qui devint dominant chez eux au XIVe siècle, s'opposèrent si peu, aussi longtemps qu'ils étaient païens, aux efforts des pieux missionnaires, que le khan Berké permit même, en 1261, qu'un évêché fût fondé à Saraï, sa résidence, d'où le christianisme put se répandre vers l'Orient'. L'Église latine et l'Église grecque se disputèrent les Lithuaniens, dont la conversion ne commença pas beaucoup avant celle des Permiens. La dernière acheva d'amener dans son giron les Tchouvaches et la majeure partie des Voliaks et des Tchérémisses. Elle y ramena aussi partiellement, sous loann IV, les Tcherkesses, auxquels des prêtres arméniens avaient prêché l'Évangile déjà anciennement. Celte doctrine de salut pénélra avec Iermak en Sibérie, où elle se répandit peu à peu et où elle fait encore journellement des conquêtes.

En général , l'orthodoxie se maintint en Russie : aussi l'histoire ne fait-elle pas mention de persécutions religieuses en grand. Karamzine* rapporte au règne d'André (1169- 1174) la première hérésie. Quoiqu'elle fût condamnée , on peut la considérer comme légère, si elle se réduisit, ainsi qu'on le rapporte, à cette assertion que c'est un péché de manger de la viande un jour de fêle, quand ce jour est un mercredi ou un vendredi. Il y eut toutefois des hérésies plus anciennes, comme celle de Dimitri qui, vers 1 120, voulut réformer l'Église, et celle du moine arménien Martin qui s'attaqua à certains dogmes1; il y en eut de plus nombreuses dans la suite, ainsi qu'on le verra plus loin.

Après les dévastations successives de Kief dont nous avons parlé précédemment (p. 43-45), le métropolitain Maxime ne voulut plus continuer de résider dans cette ville en ruines

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