Voir l'explication de ce terme t. p. 344 et
laquelle étaient les steppes de la Horde du Kiptchak, avec Saraï ou Astrakhan pour capitale.
Nous avons dit ailleurs à quel état d'inculture se trouvait encore alors cette seconde Russie, c'est-à-dire la Moscovie primitive1; mais elle jetait à ce moment-là les fondements de sa grandeur future. Karamzine compare Ioann III à Pierre le Grand; d'autres voient en lui le Louis XI de la Russie, et un historien national récent* s'exprime sur son compte en ces termes : « Ioann III est le fondateur du puissant empire des Tsars. Il arrêta les principes qui devaient diriger pendant deux siècles la politique intérieure. Pour agrandir leur pouvoir, ses successeurs n'avaient qu'à exécuter ses plans; en se conformant à ses indications , ils étaient sûrs d'ajouter aux forces de l'empire. Sans avoir fait aucune de ces actions brillantes qui excitent l'admiration des contemporains, sans avoir mérité même leur reconnaissance , Ioann apparaît vraiment grand au tribunal de la postérité. Tout ce qui avait jusque-là déchiré la Russie, ce qui la menaçait de maux toujours renaissants, le système des partages, le joug des Mongols , l'ambition rivale de la maison (lithuanienne) de Ghédimine, tout cela tombe en poussière naturellement et sans longues tourmentes, par l'effet de sa grande sagacité politique, qui devançait l'avenir. » Pendant le règne de Ioann, les apanages de beaucoup de princes, notamment Iaroslavl, Tver , les dépendances de Rostof, une partie de Riaisàn , puis (1478) la principauté de Novgorod , celle de Novgorod- Séversk avec Tchernigof (1503), furent successivement réunis à la grande-principauté. Son fils Vassili IV Ioannovitch (1505-1534) y ajouta, outre la république de Pskof, le restant de Riaisàn (1517), et l'ancienne principauté de Smo-
1. Voir notre ouvrage La Russie ancienne et moderne, édition in -8°, p. 73-76.