‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 233 sur 367 · On en trouve l'analyse dans SchrœcW , t. V, p · texte numérisé non relu

On en trouve l'analyse dans SchrœcW , t. V, p

2. Karamzine, t. XI, cbap. iv (p. 181); Strahl-Herrmann , Histoire de Russie, t. III, p. 425 et suiv.; Strahl, Getchiclde d. R. K.t t. Ier, p. 619.

3 Voir lâ-dessus Oustrialof , t. Ier, p. 432 et 433 ; Strahl , Geschichte d. R. A'., t. Ier, p. 509 , 558 , 598 , 609 , 614. 4. Ce dernier évèché devint bientôt après celui d'Astrakhan.

Pologne. En conséquence, Boris résolut d'autant plus de transformer en patriarcat le siège métropolitain, qu'il espérait s'attacher ainsi le clergé et s'en faire un appui dans l'exécution des projets d'ambition personnelle qu'il méditait. Selon toute vraisemblance, ce fut le voyage en Russie du patriarche Jérémie qui devint pour lui l'occasion de réaliser son plan, quoique pourtant un rapport contemporain1 afiirme que déjà auparavant, après avoir pris l'avis du métropolitain et des principaux évoques, Boris avait ouvert une correspondance à ce sujet avec les quatre patriarches et s'était assuré de leur consentement. La version suivant laquelle ce ministre aurait sondé le vieux prélat, à Moscou, et aurait mis à sa propre disposition la haute dignité qu'il s'agissait de créer, parait probable. On ajoute que Jérémie ne refusa pas absolument pour lui-même, quoiqu'il finît par renoncer à cette idée. «Que la volonté du tsar se fasse! aurait-il dit d'après le récit de Karamzine; muni des pleinspouvoirs de notre Église, je bénirai et consacrerai celui que Fœdor, par l'inspiration de Dieu, aura choisi.» Boris avait d'avance son candidat; mais pour ménager les apparences, il réunit une assemblée d'évêques chargés d'en proposer trois au tsar. Ce furent Job, métropolitain de Moscou, Alexandre, archevêque de Novgorod, et Barlaam, archevêque de Rostof. Le tsar désigna Job, qui fut solennellement consacré et intronisé à la cathédrale Ouspenski le 23 janvier 4589*. Après vêpres et le service ordinaire,

1. Oc rapport, en grec moderne, qui avait pour auteur un des compagnons de voyage du patriarche Arsène, évêque d'Élasson, a été publié en 1749, accompagné d'une traduction latine, laquelle figure aussi dans le Recueil de B. de YVïcbrnann, intitulé Sammlung bisher noch umjedmckler kleiner Schriften mt Kennlniss des Hussùchen Heichs (1820) , t. Ier, p. 57-121. On en trouve <l&» extraits dans une brochure publiée en 1840 par le savant et respectable F. Adelung sous ce titre : Der griechische Patriarch Jerernias m Moski a, 1589.

L'acte de la nomination de Job existe encore et porte la signature de Jéré-

le vieillard, en grande tenue de lête, sortit des portes tsaiiennes de l'iconostase et alla se placer sur l'ambon, tenant d'une main un cierge allumé et de l'autre une lettre d'actions de grâces pour le souverain présent à la cérémonie. Alors un haut dignitaire, également porteur d'un cierge, vint proclamer ceci à haute voix: «Le tsar orthodoxe, le « patriarche œcuménique et le sacré synode t'élèvent sur le « trône pontifical de Vladimir, Moscou et de toute la Russie.» S'approchant ensuite du pontife, Fœdor, de ses propres mains, lui passa autour du cou un précieux reliquaire suspendu à une chaîne d'or (encolpimn), lui mit sur les épaules un pallium en soie et en or, couvert de pierres précieuses, lui fit d'autres présents, et lui adressa ces paroles : «Très- « saint Seigneur, vénérable patriarche, père des pères, «primat de toute la Russie, savoir de la Grande-Russie, de « la Vladimirie, de la Moscovie, des régions septentrionales, « d'Astrakhan, de Kasan, de Novgorod la Grande et de Riai- «sàn, ainsi que de toute la Sibérie! Ma Majesté déclare que « dorénavant t'appartiendra la suprématie sur tous les autres ' « évêques, et elle ordonne que tu portes le sac merveilleux «(aa'xxoç 3-aup.affTo'ç) 1 et la mitre, et la grande chasuble, «et qu'en tout empire et dans toutes les dominations, tu «sois appelé patriarche, frère des patriarches existants, de « celui de Constantinople ainsi que des autres. » Puis Fœdor demanda à Job sa bénédiction et le reconduisit processionnellement au palais des tsars. Un nouvel acte fut dressé5 et par cet acte il fut décidé que le patriarche de Moscou et de toute

mie. Il se trouve imprimé dans la Collection de documents d'Ëtat du comte Nie. Uomnantsof, Sobranié Goçoudarstrennykh Gramotli, t. II, p. 94.

1. Espèce de chasuble ou vêtement de dessus que portent les évèques pendant qu'ils officient. Le saccos était réputé sacré. — Sur le sac ou saccos, le phélone et fomophor, voir Strahl, Das gelehite Rtissland, p. 337, note, et la description , par l'archimandrite Sabas , de la Sacristie synodale de Moscou ( ! 859) .

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