‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 238 sur 367 · Ibid., p. 444-457, etc · texte numérisé non relu

Ibid., p. 444-457, etc

4. L'auteur du Slovar ou Dictionnaire des écrivains russes de l'ordre eccli' siastique, V édit., Pétersb., 1827, 2 vol. in-8«.

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district avec 39,000 élèves, quant aux garçons, et 6 écoles avec 342 élèves, quant aux filles.

Disons ensuite un mot de la propagande exercée au commencement du présent siècle par la compagnie de Jésus, à laquelle appartenaient alors en Russie1, principalement à Polotsk et à Dunabourg, 148 prêtres, 83 préposés aux écoles (scholastici) et 64 aides, en tout 262 membres. Depuis • 4705, l'ordre avait eu un collège à Saint-Pétersbourg, et quoique Pierre le Grand eût, en 4747, refusé à ces missionnaires du catholicisme de séjourner dans ses États, on les y retrouva au bout de peu d'années. En 4800, l'un des édifices assignés au culte de l'Église catholique à Saint- Pétersbourg fut remis aux jésuites et ils ouvrirent bientôt un collège, où furent reçus des élèves sans distinction de confession. Secondés par beaucoup de prêtres français de l'émigration, s'appuyant sur l'influence du comte Joseph de Maistre, ministre de la cour de Sardaigne près du cabinet russe, ils eurent de notables succès. Mais aussi ils employèrent toutes sortes de séductions pour faire passer dans leur communion les mieux doués des élèves confiés à leurs soins, et ainsi s'explique la conversion de quelques jeunes princes Galitsyne, Gagarine et autres, sans parler de celle de la plus illustre de leurs prosélytes, Mme Svetchine. Dans les provinces de même. « Il fut bientôt constaté par les rapports des autorités civiles, est-il dit dans un document ministériel, qu'ils continuaient à attirer dans leur communion les élèves du rite orthodoxe placés au collège de Moghilef... Alors on défendit aux jésuites d'admettre dans leurs écoles des élèves autres que du rite romain. Sans égard aux bulles du Saint-Siège et aux lois de l'État qui interdisent l'agrégation des grecs-unis à la juridiction du rite romain, les

1. D'après Storch, Russland tinter Mexander /., t. III, p. 281. Cf. Rabbe, Histoire d'Alexandre t. II, p. 305-312.

jésuites travaillèrent à les attirer dans les lieux mêmes où la présence des prêtres grecs-unis rendait celte usurpation inadmissible. » Avertis par les réclamations du gouvernement, «loin de s'abstenir, à l'égard de l'Église dominanle, de tout moyen de séduction et de coaction, les jésuites continuèrent à semer le trouble dans les colonies du rite protestant (gouvernement de Saratof), et se permirent même jusqu'à la violence pour soustraire des enfants juifs à leurs parents. » Toutes les réclamations du gouvernement étaut restées sans effet, une première mesure de sévérité fut prise contre eux, sous le règne du libéral et tolérant Alexandre Ier: en 1815, le séjour de la capitale fut interdit aux jésuites; puis un oukase du 25 mars (6 avril) 1820 ordonna même la fermeture de leur académie a Polotsk, ainsi que de toutes leurs écoles, et prononça leur bannissement hors des frontières de l'empire. Ils durent, au nombre de 750, prendre la roule de l'exil. Cependant aucune rigueur inutile n'aggrava leur situation ; ils purent choisir librement le point où ils passeraient à l'étranger, et le gouvernement pourvut aux frais du voyage. Des prêtres catholiques, moines ou autres, les remplacèrent dans les districts dont ils avaient desservi les églises, sous l'autorité de l'archevèque-métropolitain du même culte.

Un autre genre de propagande était exercé sur l'Eglise nationale, sous le règne dont nous parlons, par la Société biblique russe, fondée le 18 décembre 1812 à Saint-Pétersbourg, grâce aux efforts de la Société biblique britannique et étrangère. Définitivement constituée le 23 janvier 1813, elle eut pour président, sous le patronage de l'empereur, le prince Alexandre Galitsyne1, un des amis du

t. Voii sui lui notre Histoire intime, t. Il , p. 409; sut la Société biblique russe, ihid.t p. 171-475; sur les dispositions religieuses d'Alexandre, ibid., t. 1er, p. 461-162, et sur la baronne de Krudener, ibid., p. 446-453.

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monarque, alors ministre des cultes et de l'instruction publique. Elle s'affilia, dans les gouvernements, 289 comités ou sociétés auxiliaires. Près de 500,000 exemplaires de la Bible ou du Nouveau Testament furent répandus par les soins de cette société. Nous ne sommes pas en mesure d'apprécier l'influence de ces distributions, mais on leur reprocha de favoriser le piétisme , et comme elles coïncidaient avec les fameuses prédications de la baronne de Krudener dans le même esprit, le clergé fit des observations contre la facilité avec laquelle le prince Galitsyne, énergiquement assisté d'Alexandre Tourghénief, homme de bien et de savoir, mais suspect de marlinisme, se prêtait à ces tendances nouvelles, qui n'étaient pas, prétendait-il, sans dangers pour le repos de l'Église. Comme le saint-synode lui-même manifesta de l'inquiétude et comme l'archimandrite Photius, en grand renom de sainteté, s'en rendit l'organe près de l'empereur1, des bornes furent imposées à l'activité de la Société biblique russe, jusqu'à ce que, par un oukase du 24 avril (6 mai) 1826, Nicolas en prononça la suppression.

Un dernier fait que nous avons à inscrire ici, nous ramène à l'histoire de l'Union que le lecteur n'a sans doute pas oubliée. Une fois effectuée, celle-ci ne gagna jamais de terrain : au contraire, elle vit le nombre de ses adhérents s€ réduire successivement. D'abord le Kosak Bogdân Khmielnitzki, après avoir fondé., vers 1650, un État indépendant dans la Petite - Russie , ramena déjà un grand nombre d'uniates au giron de l'Église nationale russe; puis, lorsque, en 1772, le premier partage de la Pologne eut rendu à l'empire des Tsars ses anciennes provinces de la Russie- Blanche, Catherine II n'épargna pas les efforts pour obtenir un résultat semblable, et non sans succès. L'Union fut aban-

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