‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 240 sur 367 · Strahl , ouvrage cité , p · texte numérisé non relu

Strahl , ouvrage cité , p

4. Strahl (p. 24-31) entre dans de grands détails sur le Stoglavnik, sur lequel on peut voir aussi Karamzine, Herrmann, Reutz (p. 259) et Bodenstedt, Russische Fragmente, t. Ier, p. 269-314.

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pouvait pas encore le connaître; mais c'est là encore un élément essentiel de la législation ecclésiastique russe.

Si maintenant nous abordons l'étude de la constitution de l'Église en elle-même f, nous dirons que cette constitution, comme toutes les institutions en Russie, s'appuie sur le pouvoir impérial, et l'autorité souveraine en matière ecclésiastique se confond tellement avec l'autorité souveraine en matière profane , que notre siècle s'est cru en droit de forger le mot de césaropapisme , très-familier à la polémique, surtout en Allemagne s. Cependant, à dire vrai, si ce terme est applicable au régime moscovite, il ne désigne pas du moins une nouveauté : le césaropapisme qu'on y signale est aussi en vigueur dans les États protestants, où le prince a pouvoir, non pas, à la vérité, in sacris, mais circa sacra, et au fond il règne un peu partout, même dans les États catholiques, en France surtout, où le gouvernement n'a jamais abdiqué ses droits même vis-à-vis de l'autorité ecclésiastique. Il n'en est pas autrement en Russie, ainsi que M. le baron de Haxthausen l'a très-bien expliqué3. Pour ce qui est des fonctions extérieures du gouvernement de l'Eglise, l'empereur les exerce avec un pouvoir beaucoup * plus étendu que celui du pape. Il nomme à toutes les places, et ne s'est imposé qu'une restriction toute volontaire en permettant au saint-synode et aux évêques de lui présenter des candidats; il a également le droit (indirectement exercé)

1. Nous voulons dire de la constitution actuelle. On peut voir parles récits de Herberstein ce qu'elle était sous Vassili Ioannovitch. Cf. Meiners, 1. 11, p. 293 et suiv.

2. L'auteur du livre Russland und die Gegenwart, dans le chapitre consacré â l'Église (t. Ier, p. 131), emploie le terme de Zarenpontificat ; celui de l'article Das russische Staatsleben, dans le recueil Die Gegenwart {t. VI, p. 19), parle de Zweieinigkeit des Zarenpatriarchats.

3. Etudes, t. UI, p. 100 et 230. Ces deux passages toutefois ne semblent pas être complètement d'accord entre eux.

de déplacer ou même de destituer tel prêtre qu'il juge indigne de ses fonctions. Cependant il ne s'est jamais arrogé celui de décider en matière de foi. Son influence est grande, prépondérante même, en toutes choses, mais il est moins le chef de l'Église que son organe suprême, son protecteur né, son tuteur si l'on veut; dans tous les cas, il n'en est que le chef séculier. S'il s'agissait d'être juge dans un débat sur des matières de doctrine, l'empereur renverrait l'affaire au saint-synode ou réunirait un synode spécial, et, dans un cas majeur, il enverrait prendre l'avis des quatre patriarches d'Orient. Il ne se réserverait à lui-même, directement, que l'exécution de la décision rendue, de la sentence prononcée. Au reste, il est bien vrai, comme nous allons le voir, que l'autorité impériale est fortement représentée dans le gouvernement de l'Église; mais son intervention, loin d'être un mal , est une garantie d'ordre et de progrès. « Tout esprit impartial doit convenir , dit le voyageur westphalien, que la suprématie du pouvoir séculier sur l'Église a été très -favorable à l'organisation intérieure, comme à la tranquillité de la Russie. Il n'y a qu'une papauté indépendante1 qui puisse assurer le développement libre et large de l'Église.» Le patriarcat, selon lui, conduit à l'immobilité et à la stagnation, ce dont les quatre patriarcats d'Orient ont fourni la preuve. «L'abolition du patriarcat, continue-t-il, nous apparaît comme le plus grand bonheur qui ait pu arriver à la Russie. Toutes les réformes réelles dans l'organisation de l'Église, comme dans l'instruction du clergé et du peuple, sont dues au pouvoir séculier, aux empereurs, et l'on ne voit aucune trace de ces réformes dans les quatre autres patriarcats de l'Église d'Orient. » Ainsi, c'est sous l'autorité de l'empereur et en vertu de

1. Au lieu de cela nous dirions, nous : Il n'y a qu'une volonté suprême, à la fois éclairée et forte, qui....

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sa délégation, que le gouvernement de l'Eglise nationale est confié au collège appelé le très-saint synode dirigeant. Celui-ci fait partie des trois premiers corps de l'empire. Institué en 1721 1 , il eut d'abord son siège à Moscou, mais il ne tarda pas à être transféré à Saint-Pétersbourg, en ne conservant qu'un comptoir dans l'autre capitale. C'est la plus haute instance pour toutes les matières religieuses; mais tous les actes qui en émanent ne sont valides qu'à la condition d'être revêtus de l'approbation du souverain. Le saint-synode se compose de membres proprement! dits et de membres assistants : les premiers, au nombre de huit ou neuf, sont les principaux prélats de l'empire, métropolitains, archevêques ou archimandrites ; les seconds comprennent trois ou quatre autres prélats, ainsi que les membres laïques dont il va être parlé. La plupart de ces prélats quittent à tour de rôle leurs diocèses ou monastères pour venir siéger sous la présidence du métropolitain de Novgorod et Saint-Pétersbourg, toujours avec le concours du haut-procureur, fondé de pouvoirs de l'empereur et interprète de sa volonté. Ce principal membre laïque est le plus souvent un militaire, un aide-de-camp général; il a luimême pour assistants deux autres fonctionnaires de l'ordre laïque. Tous les membres sont ou de droit, comme les premiers métropolitains et l'exarque, et ceux-ci sont à vie, ou nommés par l'empereur, temporairement, pour trois ans, un an, etc. Dans le moment actuel, sont membres, outre les trois métropolitains de Pétersbourg, de Kief et de Moscou, le métropolitain de Lithuanie et de Vilna, Y exarque de Grousie, un archevêque-supérieur du monastère stavropighialnii, c'est-à-dire de première classe, de N. D. du Don, le confesseur de Sa Majesté, l'aumônier en chef de l'armée

1. Le règlement relatif au collège ecclésiastique {Oitstaf doukhovniya holleghii, St. Pétersb., 1721, in-4% a été imprimé aussi en latin, en allemand, etc.

et de la flotte; de plus, l'archevêque de Tver, celui de Moghilef et de Mstislaf, enfin celui de Riga et de Mitau prennent part aux délibérations. Les comptoirs ont leur personnel distinct, chacun avec un procureur impérial. Outre celui de Moscou dont il a déjà été question , il y a le comptoir grousino-iméréthien, présidé par l'exarque de Grousie. Le saint-synode a sa chancellerie, et le haut-procureur a la sienne. Dans chaque diocèse, il y a un consistoire (éparkhialnaïa konsistoria) subordonné au saintsynode et chargé d'agir en son nom par rapport aux affaires locales. Ce sont ces consistoires qui président aux actes de ce que nous appelons l'état civil, qui surveillent l'exercice du culte, la police des églises, la conduite des membres du clergé, enfin qui jugent les affaires ecclésiastiques.

Sauf cette autorité suprême, la source de tout pouvoir, dans l'Église d'Orient comme dans celle de Rome, est l'épiscopat1, dont chaque membre a reçu, par le sacre, comme une institution divine. Nous ne parlerons ici que de l'établissement extérieur de l'épiscopat.

Le nombre des éparchies ou diocèses a varié suivant les temps; maintenant il est de 52, sans compter quelques sièges de suffragants s. On les divise en classes , dont 3 de la première , 20 de la seconde et 29 de la troisième. Nous donnerons ci-après l'énumération par classes des éparchies, suivant l'ordre dans lequel elles se succèdent dans YAdresx- Kalendar pour 1864. Comme la dignité du titulaire est attachée à sa personne et non pas au siège qu'il occupe, nous indiquerons son titre, en regard du nom du siège, quelquefois en y ajoutant une note explicative. Cependant d'a-

1. VoirSchmitt, ouvrage cité, p. 281-306. Cf. prince Dolgoroukof, La.Vérité, etc., p. 341.

2. Sur leur historique, voir Busse. Journal von Russland, 2* aonée, t. Ier, p. 213-222 , et Slrabl , Gescfiichte d. R. À'., t. Ier, passim.

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bord nous ferons observer que très-peu de ces éparchies remontent à une époque antérieure à la fondation définitive de la Russie moscovite (1462). En 1370, il n'en existait encore qu'un petit nombre, d'une part la métropolie de Vladimir et Moscou, l'archevêché de Novgorod, les évêchés de Tver, Rostof, laroslavl, Souzdal, Briansk et Saraï1, puis encore peut-être Kalomna (1250?)*; et d'autre part, la métropolie de Kief, avec les évêchés de Tchernigof, Smolensk, Volynie, Loutsk, etc.1. L'éparchie de Pskof ne fut fondée qu'en 1589; celle de Kasan, qui, dans la même année, devint un diocèse métropolitain, l'avait été déjà en 1555 avec le titre d'archevêché. Vers 1830, les éparchies étaient déjà au nombre de 38; mais depuis, on en fonda de nouvelles et l'on fit aussi des dédoublements, comme cela avait déjà été pratiqué antérieurement.

Voici maintenant la liste des éparchies, indiquant en même temps les titres des prélats qui en sont les premiers pasteurs.

lre classe d'éparchies, en comprenant 3 :

Kief, la première de toutes et la plus ancienne (on en a vu la fondation p. 489) : métropolitain de Kief et de Galicie, ayant pour vicaire l'évêque de Tchighirine;

Novgorod et Saint-Pétersbourg , double éparchie réunie sous la main du même titulaire : métropolitain de Novgorod et de Saint-Pétersbourg, ayant pour vicaire, à Novgorod, l'évêque de Staraïa-Rouça;

Moscou: métropolitain de Moscou et de Kalomna, ayant deux vicaires, l'un évêque de Dmitrof, avec le titre d'ar-

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