Éludes, t. III, p
3. Le revenu de ces terres ne figure pas séparément au budget de l'État ; autrefois on l'évaluait à 250,000 R. A., ou 1 million de francs , mais aujourd'hui ce revenu est de beaucoup supérieur à cette somme.
LA société religieuse; église nationale. 545
sont, comme on sait, de trois degrés, le diaconat, la prêtrise et l'épiscopat; mais, en réalité, ce n'est guère que parmi les fils de popes que le clergé se recrute. Les popes, tous nécessairement mariés avant de pouvoir recevoir l'ordination, prennent leurs femmes presque exclusivement dans des familles de prêtres. Bien plus , à raison de l'exemption du clergé de la capitation, il est interdit aux prélats (oukase du 12nov. 1725) d'appeler aux fonctions cléricales des hommes inscrits sur les listes de révision, à moins d'autorisation expresse. Les cas où des nobles se présentent pour recevoir la prêtrise , sont infiniment rares. Les nobles entrent plutôt dans les couvents, car c'est là que se recrute la prélature : cela arrive assez souvent dans la Petite-Russie et dans les provinces occidentales. Tout le clergé russe se ressent de cette constitution en caste.
Enfin on voudra savoir quelles sont les écoles où se forme le clergé. En 1860, il existait quatre académies ecclésiastiques (à Saint-Pétersbourg, Kief, Moscou et Kasan, sans compter le collège ecclésiastique de Vilna , pour la Lilhuanie), avec environ 400 élèves entretenus aux frais du gouvernement; puis 50 séminaires avec plus de 18,000 élèves; enfin des écoles inférieures où se préparent les jeunes aspirants au séminaire, savoir: 185 écoles de district avec environ 35,242 élèves, et 190 écoles paroissiales avec plus de 20,000 élèves *. Le nombre total des élèves était de 54,055, sans compter les 133,666 enfants qui recevaient leur instruction dans 7,907 écoles d'églises ou de couvents. Nous avons dit et répété que c'est sur les séminaires qu'il faut agir si l'on veut sérieusement la réforme du clergé russe et si l'on espère amener la possibilité d'agir par lui d'une manière salutaire sur les masses.
1. Voir le Calendrier de Saint-Pétersbourg pour 1803, p. 108. 111. 35
Dans le personnel du clergé, il ne faut pas confondre avec les prêtres consacrés les nombreux acolytes, chantres, sacristains, servants de toute espèce et les religieux rangés dans la même classe. Ce sont toutes ces classes, même avec les femmes des prêtres et leurs enfants, que représente le chiffre de 556,346 individus que donne la Statistique officielle de 1 863 l, savoir 266,172 du sexe masculin et 290,174 du sexe féminin. Les ecclésiastiques de tout rang et de toute dénomination ayant des fonctions à remplir sont au nombre d'environ 130,000: c'étaient -f en 1846, 36,694 prêtres, 15,765 diacres et 64,904 sacristains; plus, 5,149 moines avec 3,963 frères servants, et 2,250 religieuses avec 5,169 sœurs servantes *. Les gouvernements où Ton trouve le plus d'ecclésiastiques sont ceux de Tambof, Koursk,Tver, Vladimir, savoir plus de 10,000 chacun; celui de Moscou en avait 9,525; celui de Saint-Pétersbourg seulement 2,213.
On divise le clergé en séculier ou clergé blanc (béloié doukhovenstvo) 3 et en régulier ou clergé noir (tchornoïé doukhovenstvo). C'est du dernier que sortent tous les prélats, et c'est aussi là qu'il y a quelque science et quelque élévation dans les idées.
De véritables popes ou curés (sviaschtchenniki), il n'y en a guère que de 36 à 40,000. C'est un nombre inférieur au besoin: aussi y a-t-il eu, en 1842, 2,000 vacances, et antérieurement même plus. Un rapport synodal relatif à l'année
1. P. 268. L'Église nationale est seule comptée. Dans Déviataxa-Rèvinya, p. 210, on donne séparément un état de 8,709 serviteurs attachés aux maison* épiscopales et aux monastères. M. de Buschen (p. 47) porte le total à 596,528, savoir 281,501 du sexe masculin et 315,027 du sexe féminin.