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Voir t. II , p. 674, et sur leur religion , p

chacune des deux capitales de l'empire. Leur clergé se composait, il y a une dizaine d'années, du katholikos d'Etchmiadzine, qui en est le chef, de quelques archevêques et évêques, de 1,307 prêtres et de 1,717 chantres ou sacristains. Il desservait 619 églises et 310 chapelles (variante: 1,017 bâtiments consacrés au culte), et avait 4 séminaires et 32 écoles paroissiales. 11 existait de plus 40 couvents avec 133 moines et 34 religieuses.

L'Église arméno-grégorienne a reçu le 11 mars 1836 sa loi d'organisation, et, depuis l'année suivante, elle est régie par un synode qui a son siège au monastère d'Etchmiadzine1, avec la chancellerie qui en dépend9. Le président de ce synode, chef de toute cette Église en ce qui concerne la Russie (elle a un patriarche à Constantinople), porte officiellement le titre de «patriarche d'Etchmiadzine, katholikos de tous les arméniens. » Lui-même s'intitule « Serviteur de Jésus-Christ et, par sa grâce, katholikos de tous les Arméniens, suprême patriarche de la sainte Eglise apostolique du Christ et du saint-siége d'Etchmiadzine, près de l'Ararath. » Depuis 1446, il réside dans ce monastère, entouré d'archevêques et d'évêques, ainsi que des moines. Jusqu'au traité de Tourkmantchaï, en 1828, sujet des Persans, qui ont toujours respecté et sa personne et les biens de son Église8, il passa alors avec une très-grande partie de sa nation sous la domination russe. C'est par élection que ce

1. Voir sur ce lieu saint des Arméniens, Brosset, Voyage archéologique en Transcaucasie , t. Ier, p. 8 et suiv., et l'atlas; baron de Haxthausen, Transkaukasta, t. Ier, p. 254-287, et notre t. 1er, p. 264, la note.

2. On trouvera beaucoup d'autres faits relatifs aux Arméniens, dans le livre russe de Kœppen , intitulé Matériaux pour l'histoire des étrangers de la Russie d'Europe, p. 21. — Nous avons vainement cherché l'état officiel de cette Église dans YAdress-Kalendar, où nous n'avons trouvé non plus aucune mention du Katholikos.

3. Voir Transkaukasia, U 1er, p. 256. — Sur le traité, voir ci -dessus, p. 90*

pontife est élevé à la dignité dont il est revêtu; la dernière eut lieu en 1859, après la mort du patriarche Narsès qui avait été élu en 1843 et à l'élection duquel avaient pris part, suivant le récit du baron de Haxthausen, 6 archevêques, 8 évêques, 7 archimandrites et 5 laïcs. De même que dans l'Église russe, les grands-dignitaires de celle des Arméniens sont toujours pris parmi les moines, Les évêques nomment les curés, qui doivent êlre mariés. Longtemps avant que le katholikos fût sujet russe1, il y avait une éparchie arménienne à Astrakhan et, en 1830, l'empereur Nicolas en créa une seconde sous le nom d'éparchie de Nakhitchévân (sur le Don, près de Novo-Tcherkask) et de Bessarabie. Depuis 1780, toutefois, il y avait un siège archiépiscopal à Nakhitchévân, à moins que ce ne fût celui de la ville d'Arménie de ce nom. Nous trouvons en outre la mention d'un oukase du 11 avril 1858 qui transfère à Féodosie le consistoire de Kichinef.

Arméniens-unis ou catholiques. Unis aux latins, sur la hase de la suprématie papale, ils sont, au contraire, regardés comme des schismatiquespar les grecs; et ce schisme en sous-ordre paraît avoir pris naissance depuis 813 et l'entreprise de Jean d'Osni. Le royaume de la Petite-Arménie, en Cilicie, paraît en avoir été le premier foyer; mais les arméniens catholiques se répandirent, depuis les croisades, dans le Liban, dans le Diarbékir et la Mésopotamie, enfin dans la Grousie, où ils ont encore des églises à Tiflis, à Gori, à Koutaïs, mais ne comptent parmi leurs adhérents, dit Klaproth, que 7 à 800 familles. «Objets, jadis, des persécutions des patriarches arméniens de Constantinople et

1 . Autrefois il y avait aussi un katholikos de KartLIi ou de Géorgie. Celui d'Avkhazeth résidait à Bidzuoda. Voir Brosset, Explication de diverse* itucription*. etc., p. 91 et Bulletin historico-philologique de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, t. Ier. p. 62 et 311 et auiv.

d'Etchmiadzine , ils donnèrent accès sur eux au fanatisme et restèrent d'ailleurs dans une profonde ignorance. Comme les grégoriens, les arméniens-unis n'admettent point les décisions du concile de Chalcédoine : c'est là la principale dissidence entre eux et les catholiques; du moins il n'est pas certain qu'ils rejettent comme eux, dans le symbole de la foi, l'addition du mot filioque , et si certaines «hérésies» ont été enseignées par leurs vartabieds ou docteurs, elles ne paraissent pas avoir jamais été adoptées par l'ensemble des fidèles de cette Église.

Au total, on ne compte en Russie pas plus de 18,500 arméniens-unis, et leurs églises, au nombre de 44, se ratlachent à une seule éparchie dont le siège est à Moghilef sur le Dnièstr (gouv. de Podolie) et qui relève, comme celles des grégoriens, du ministère de l'intérieur.

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