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Oukases du 22 juillet 1828 et du 11 mai

2. Dans le mémoire inséré au t. III, p. 497, du livre de M. Tourghénief.

trième à 5 p. 100, qui est de 1831 ; il nous suffit d'avoir fait connaître l'origine du crédit public dans ce pays et les premières opérations par lesquelles il se manifesta. Cependant pour contribuer de notre part à rendre pius facile par quelques points de répère une histoire financière complète de la Russie, nous noterons ici le montant de la dette portant intérêt (intérieure et extérieure) pendant une période de six ans. La dette polonaise reste en dehors de ces chiffres, qui d'ailleurs se rapportent au commencement des années indiquées. Nous ne ferons la réduction en francs que pour le premier et le dernier.

R. A. Franc».

Un cinquième emprunt fut contracté en 18481, et aujourd'hui l'on en est au treizième ou quatorzième.

La dette portant intérêt était donc en 1847 de 315 millions de R. A., et se divisait ainsi : dette à terme, 89 millions; dette en rente, 226 millions. L'amortissement avait réduit la dette hollandaise à 66,830,000 florins ou 38,096,540 R. A., et aujourd'hui elle est au-dessous de 50 millions de florins; une partie de la dette en rentes avait également subi une forte réduction. Mais à cette sorte

1. Oukase du 22 août (2 sept.) 1847. On trouve un aperçu de l'ensemble des emprunts dans le livre de M. Wolowski , p. 180. Cf. Rusalandunter Mcxander II., p. 374-387. Sur les emprunts de 1854 et 1855, voir la réponse de M. le baron de Stieglitz, même livre de Wolowski, p. 76. — Sur l'emprunt de 1862 (de 15 millions de liv. sterl.), voir ibid. , p. 77. L'oukase du 13 (25) novembre 1864 a chargé la Banque de l'État d'ouvrir un emprunt intérieur a 5 p. 100 au capital de 100 millions de R. A., avec primes distribuées par une espèce de loterie.

de dette, il fallait toujours ajouter celle qui ne porte pas intérêt, le papier-monnaie en circulation. Or, il y en avait alors pour 644,327,507 R. B. ou 184,093,573 R. A., de manière que le total des deux dettes réunies s'élevait à 499,477,773 R. A. ou très-près de 2 milliards de francs. De plus, il y avait une dette flottante, par suite de rémission successive de 9 séries de bons du Trésor, chacune de 3 millions de R. A. Vers 1860, à la suite de la guerre d'Orient, l'ensemble de la dette était plus que doublé. Voici quelles indications nous avons trouvées à ce sujet dans des publications quasi-officielles :

Dette consolidée portant intérêt (intérieure R. A.

et extérieure) v . 515,988,012

Dette flottante, bons du Trésor T . 193,000,000

Dette qui ne paye pas d'intérêt, papiermonnaie en circulation 644,648,719

Total 1,353,636,731

Ce qui fait 5,400 millions de francs, non compris les sommes empruntées aux banques foncières. Celles-ci formaient, ajoutait-on, un total de 325 millions de R. A.; mais comme, d'un autre côté, il convient de déduire du passif des sommes considérables qui figuraient dans l'actif du Trésor, nous n'avons pas à porter en compte cet autre total. Ainsi, le capital de la commission d'amortissement était de 4,215,714 R. A., la réserve métallique déposée à la forteresse, de 110,812,483, et en outre une forte somme était due au gouvernement ou à ses banques par les débiteurs de ces dernières, dont les terres leur étaient hypothéquées.

Nous avons vu plus haut (p. 632) à quelles opérations on s'est livré dans les années 1862 et 1863, dans le but de réduire la masse des billets de crédit.

Mais enfin quel est l'état actuel de la dette russe? Quand

M. Wolowski a cru pouvoir l'évaluer, dans sa totalité, à au moins 1 milliard de R. A. ou 4 milliards de francs, il est vrai, en ajoutant ensuite comme variante 6,160 millions (4,540 millions de R. À.'), de vives réclamations s'élevèrent . aussitôt de toutes parts. Cependant, il est à croire quelles se rapportaient moins à cette évaluation en elle-même qu'aux commentaires dont elle était accompagnée et à la prétérition des circonstances atténuantes dont il eût été juste de tenir compte *. Elles faisaient observer avec raison que le moment actuel, trop proche encore de la guerre de 1854, de l'émancipation des serfs et de la nouvelle insurrection de la Pologne (1863), ne peut pas être regardé comme une époque normale sous ce rapport. En réalité, même le plus fort total indiqué n'avait rien d'exagéré; car encore à la fin de 1863, la circulation des billets de crédit ne s'éloignait guère de 600 millions de R. A., et dans le budget de 1864 étaient inscrits près de 60 millions se rapportant à la dette portant intérêt. Au denier 20, ces 60 raillions donneraient un capital de 1,200 millions, lesquels, ajoutés aux 600 millions, font 1,800 millions de R. A. ou 7,200 millions. Toutefois, il ne faut pas oublier que le capital relatif à la dette portant intérêt est en grande partie fictif, puisqu'il comprend aussi les rentes perpétuelles qui ne peuvent donner lieu à aucun remboursement. Voici, d'après le budget de 1864, l'état des arrérages qui sont dus.

2. Tous les auteurs des réponses à M. Wolowski insistent sur ces circonstances atténuantes. Voir, par exemple, les observations de M. de Thœrner dans le livre en question , p. 59,

Dettes extérieures a terme.. . .

— — perpétuelles Dettes intérieures à terme. . .

Total .

En définitive, nous ne savons rien de certain, mais on ne se tromperait peut-être pas de beaucoup en estimant à 6 milliards de francs le total général de la dette russe sur son pied actuel.

La dette de la France est aujourd'hui d'environ 9 milliards de francs; celle de la Grande-Bretagne va au delà de 20 milliards. Dans ce dernier pays circulent des .billets de banque, des bons du Trésor ou autres papiers-monnaie pour 1 milliard de francs; dans l'autre, cette même circulation atteint au moins 900 millions. Après ces deux puissances hors ligne , l'Aulriche seule a une dette à peu près égale à celle de la Russie : M. le baron de Gzœrnig l'évalue pour 1860 à 2,360 millions de florins, ce qui fait un peu plus de 6 milliards de francs. Nous ne parlons pas de la dette des Etats-Unis, tout accidentelle sans doute, mais qui s'élève dans ce moment à plus de 13 milliards.

Quoique considérable, la dette de la Russie ne donne pourtant pas plus de 80 fr. par habitant, tandis qu'en Angleterre on compte 690 fr. par habitant, et en France, 245 fr.1

Royaume de Pologne. D'après le rapport de M. Nie. Milutine (1864) 2, la dette polonaise s'élève à 46,642,000 R. A., ce qui fait environ 186 millions de francs. L'addition des différents emprunts contractés depuis 1835 et que notre auteur énumère, donne pour total primitif près de 67 millions de R. A. ou 268 millions de francs. D'après M. Kolb ,

1. D'après le baron de Reden (Dos Kaiserreich Russland, p. 579), le revenu de l'Etat, dans les pays ci-après, aurait été, en 1841 , à la dette publique comme suit: Grande-Bretagne et Irlande, 1 : 16.2; France, 1 : 5.2 ; Autriche, 1 : 4.1 ; Russie, 1 : 1.3; Prusse, 1 : 2.5. Ces proportions ne sont plus les mêmes maintenant. En ce qui concerne spécialement la Russie, Tengoborski a dit dans la polémique ci-dessus : «Dans le budget de 1854, l'intérêt et l'amortissement de la dette flottante et de la dette consolidée ne prennent que 21 Vf p. 100 des revenus ordinaires de l'État. *

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