‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 278 sur 367 · Voir Tourghénief, t. II, p · texte numérisé non relu

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jusqu'à 10 et 12 p. 100. La garantie de l'État est une sûreté à laquelle on sacrifie volontiers une partie du bénéfice possible. Naturellement, l'État ne laisse pas ces fonds dans l'immobilité, car la volonté de la fondatrice des banques était de donner assistance à l'agriculture, à l'industrie et au commerce. Il les prête sur bonne hypothèque et prend 5 p. 100 d'intérêts au lieu des 4 qu'il paye. Pour l'amortissement du capital, l'emprunteur est maintenant tenu d'ajouter aux intérêts un sixième pour cent, moyennant quoi la dette est éteinte au bout de trente-sept ans. Dans des moments d'embarras, le gouvernement, cédant à l'urgence de ses besoins, dispose de ces dépôts, ainsi que des fonds des deux lombards. Comme il s'agit de sommes dont l'ensemble dépasse souvent 100 millions de R. A. pour chaque année, on comprend que c'est là pour le Trésor un expédient qui doit d'autant plus le tenter, qu'on regarde ces opérations, auxquelles le comte Gancrine, de son propre aveu, a souvent eu recours, comme légales ou permises'. Avant £en finir avec les lombards, nous dirons encore qu'ils font office de monts-de-piété, prêtant sur gages de toute espèce, à un demi p. 100 d'intérêts par mois, mais que, faisant valoir en outre les fonds de la caisse des maisons d'Enfants trouvés, ils pouvaient faire aussi, contre hypothèque, des prêts de sommes considérables.

Voici quel était, au moment de la liquidation des banques, l'état des sommes prêtées sur hypothèque par ces établissements de crédit (auxquels nous en ajoutons quelques autres par anticipation), ainsi que des garanties présentées par les emprunteurs. Cet état, toutefois, nous inspi-

1 . M. Wolowski ( p. 42, 124 , 234 et 238 ) en a signalé les dangers, qu'avait fait ressortir déjà avant lui et avant Léon Faucher, l'auteur de la Lettre à M. Mauguin, p. 205-213. Cf. Kolb, p. 118. On a vu tout k l'heure la réponse opposée par Tengoborski aux accusations de Léon Faucher.

LES FINANCES DE i/ÉTÀT. DETTE ET CRÉDIT. 655

rant des doutes sur quelques points, nous le donnons sous toutes réserves.

Banque d'emprunt. Elle avait hypothéqué :

A Moscou , sur 662 propriétés comptant R A

3,030,442 âmes 192,261,391

A Pétersbourg, sur 7,491 propriétés comptant 2,470,944 âmes 133,427,478

Banque de l'État. Depuis sa fondation, elle avait hypothéqué, en outre, sur 950 propriétés avec 556,296 âmes 30,126,033

Établissements de bienfaisance (lombards, etc.). Us avaient hypothéqué, sur 14,416

propriétés avec 349,222 âmes 42,431,520

Total 398,246,422

C'étaient donc environ 1,600 millions de francs, hypothéqués sur 43,569 propriétés avec 6,606,909 âmes \ En terrains sans âmes, 923,682 déciatines étaient grevées d'hypothèque pour 4,362,74-1 R. A.; en maisons, 4,738 l'étaient pour 23,980,789 R. A. , etc.

Au 4 er janvier 4853 avaient été confiés comme dépôt aux établissements de crédit par des particuliers :

Franc».

A la Banque d'emprunt 530,653,940

Aux deux lombards de Pétersbourg et de

Moscou' 1,663,373,946

A la Banque de commerce3 750,680,596

Aux établissements de bienfaisance 276,889,968

Total 3,224,598,420

C'étaient des fonds exigibles à volonté par les déposants, dans un délai qui, selon l'importance des sommes, variait de huit jours à trois mois.

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