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La Banque de l'État n'existait pas encore alors

La Banque de commerce, . fondée en 1 81 7 par Alexandre Ier, fut , dans Tordre des dates, le troisième de cette sorte d'établissements. Son but spécial étant de venir en aide à la classe des marchands des trois guildes ou autres, elle recevait les lettres de change et autres effets présentés à l'escompte, quand ils étaient d'une échéance de moins de six mois, et faisait des prêts sur dépôt de marchandises susceptibles d'être exportées, contre un intérêt qui, variable selon le cours de la Bourse de Saint-Pétersbourg, était néanmoins limité à un demi p. 100 par mois. Mais, accessoirement, cette banque faisait aussi d'autres affaires. Elle recevait, moyennant un léger droit, des dépôts en barres d'or et d'argent; elle opérait des transferts d'un compte à l'autre à l'intérieur, lesquels, dans de certaines limites, pouvaient aussi s'étendre aux pays du dehors ; elle acceptait enfin en dépôt du numéraire, de même que les caisses de dépôt et la Banque d'emprunts et au même taux d'intérêts. La Banque de commerce avait des comptoirs à Moscou, à Odessa, à Riga, à Àrkhangel, à Astrakhan, etc., comme les a aujourd'hui la Banque de l'État et comme il en existait depuis le règne de Catherine IL

Aujourd'hui, les établissements de crédit que nous venons d'énumérer 1 n'existent plus comme tels. Un oukase du 1 3septembre 1859 en ayant prescrit la réorganisation et l'attribution au ministère des finances, ils ont dû liquider, et, le 1er juillet 1860, a été inaugurée la Banque de l'État, leur héritière. Le but principal assigné à celle-ci est de «consolider le système de la monnaie fiduciaire. » M. Wolowski la nomme une vaste machine de liquidation et de centralisation des obligations fiduciaires et de la dette flottante de l'empire. «Les statuts de cette banque, qui résume aujourd'hui

1. Voir sur eux Wolowski, p. 238; Tengoborski , dans la Revue des Deux- Mondes, 15 novembre 1854, p. 806.

LES FINANCES DE i/ÉTAT. DETTE ET CRÉDIT.

tout le mouvement du crédit de la Russie, dit-il, datent du 31 mai 1860. Elle a été fondée avec un capital de 15 millions de R. A.1; les encaisses des anciens établissements de crédit lui ont été remis, et elle répond de leurs engagements5. » Cette dette a été consolidée. «La consolidation, lisons-nous ailleurs, fut entreprise par l'émission de billets de rente à 4 et à 5 p. 100, remboursables, les premiers, dans un temps déterminé, les seconds, dans l'espace de 37 ans, et ayant trait, les premiers à des capitaux déposés à perpétuité, les seconds à des capitaux que leurs propriétaires désireraient pouvoir manier à leur gré. Les dettes de nos anciens établissements financiers montaient à une somme de 967,107,000 R. A. (3,868 millions de francs), et voici les dispositions qui furent prises à son égard, d'après un compte rendu de la fin de Tannée 1860.

54,752,453 R. A. ont été acceptés en billets à 4 p. 400, 272,620,800 » ont été acceptés en billets à 5 p. 100, 92,876,107 » attendent leur tour pour être convertis en

billets à 4 p. 100, 197,412,761 » ont été payés aux déposants qui en désiraient

le retour en espèces, 20,892,902 » ont été restitués au Trésor auquel ils appar-

tiennent.

Restaient :

328,552,000 » dont une grande partie est aussi destinée,

disait-on, par le désir déjà énoncé de leurs propriétaires, à être convertie en billets à 4 p. 100, qu'on délivre encore jusqu'au 1er janvier 1861.

1 . 60 millions de francs. Le capital de la Banque de France est de 182 millions de francs; celui de la Banque d'Angleterre, de 362 millions (14 V» millions de liv. st.).

2. P. 43. Cf. p. 241. Voir aussi la réponse de M. de Thœrner, même ouvrage, p. 60, et Parochine, p. 26.

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