III
«Toute l'opération (sauf ce qui restait) s'est faite dans l'espace d'un an. Les anciennes banques et autres établissements, débarrassés ainsi de l'épée de Damoclès suspendue sur leur tête sous la forme d'une dette remboursable à volonté, sont restés en possession d'une valeur de 1,068,481,293 R. A. sur les sommes qu'on leur doit sur hypothèque. Ceci a permis d'ouvrir la Banque de l'État. Une ère nouvelle a commencé pour le crédit de la Russie.»
Nous avons sous les yeux plusieurs extraits officiels des comptes rendus assez volumineux de la Banque de l'État'. Dès 1860 parut celui sur le premier semestre du premier exercice; le second semestre ne tarda pas à suivre. Dans le rapport qui le concerne nous lisons : « Les opérations que la Banque fait pour compte du Trésor ont pour objet : 1° les billets de crédit; 2° les remboursements et le service des intérêts des dépôts; 3° le payement des coupons et l'amortissement des billets de la Banque à 5 p. 100; 4° la conversion des capitaux en obligations de l'emprunt consolidé à 4 p. 100; 5° l'encaissement des intérêts des prêts pour faire face aux payements ci-dessus; 6° les comptes de la dette du Trésor et des prêts du Lombard, a Suivent les détails sur chacune de ces rubriques, auxquels on entremêle ou ajoute d'autres opérations que la Banque fait pour son propre compte. Le rapport passe ensuite aux opérations purement commerciales, telles que comptes courants, dépôts en consignation, dépôts en transfert, escompte des lettres de change et effets, prêts sur marchandises, prêts sur dépôt d'or ou d'effets de fonds publics et d'actions, prêts faits en exécution d'ordres suprêmes, etc. Deux rubriques se rapportent aux comptoirs (kontory). «Le revirement général de la Banque
1. Celui pour l'exercice 1862 a été réimprimé, d'après le Journal de Saint- Pétershourg, tians îo livre dp M. Wolowski, p. 210-226, et AppenHirc, p. 227-
LES FINANCES DE l/ÉTAT. DETTE ET CRÉDIT. 659
et de ses comptoirs, est-il dit dans le même compte rendu, a donc été de 1,177 millions de R. A.... Sur les 15 millions de son capital, 7,400,000 ont été affectés aux opérations des succursales, dans les proportions ci-après: 4 millions à celle de Moscou, 1 million à celle d'Odessa, 550,000 roubles à celle de Riga; même somme à celle d'Arkhangel; 500,000 à celle de Kief; même somme à celle de îékatérinebourg; 300,000 à celle de Kharkof.v On ajoute : «Dans le courant de 1860, une somme de 500,000 roubles a été mise à la disposition de chaque section temporaire des succursales que Ton établit pendant les foires à Irbith, à Rybinsk, à Nijni-Novgorod et à Pollava. »
Enfin une note qui accompagne l'une des réfutations du livre Les Finances de la Russie1 et dont nous trouvons la confirmation dans les journaux russes de 1864, nous apprend qu'il existe jusqu'à 100 banqties urbaines, probablement particulières et simplement autorisées par le gouvernement. D'après les mêmes journaux, il existe aussi 60 banques villageoises, et des banques de la noblesse sont en voie de préparation.
Pologne. Sur la Banque de Pologne, nous avons sous les yeux * de grands développements , dans lesquels nous ne pouvons pas entrer. Le capital primitif de cette banque, qui était de 30 millions de florins, a été porté dans la sujte à 42 millions, environ 25 millions de francs. En 4834, elle faisait pour 738 millions de florins (plus de 440 millions de francs) d'affaires. En 1863, elle avait des dépôts pour environ 35 millions de francs, sans compter
1. Celle de M. de Bunge, Wolowski, p. 115. « Ces banques, autorisées tout récemment, dit ce savant économiste, indiquent que nous devons entrer dans une nouvelle voie.... Notre horizon commercial doit bientôt s'éclaircir. »
2. Materialy, publiés par M. Milutine, n° III, 3e livraison, p. 67-165. On y trouve aussi les statuts rie la Banque.
les capitaux des institutions (environ 17 millions de francs), ceux des particuliers (environ 6 millions) et les sommes pour transferts (environ 5 millions). — La Banque foncière du royaume de Pologne a un caractère plutôt privé; mais elle est néanmoins placée sous le patronage et le contrôle du gouvernement, qui est lui-même un des principaux intéressés, dit Tengoborski, y ayant engagé une partie de ses domaines du royaume. Le fonds de réserve de cette banque est consigné à la Banque de Pologne à titre de dépôt.