‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 304 sur 367 · III · texte numérisé non relu

III

pour 1778, la liste nominative des bâtiments : c'étaient 38 vaisseaux de ligne, 15 frégates, 4 prames et 109 galères, sans compter la flotte de la mer Noire1, composée de son côté de 30 vaisseaux et frégates et de plus de 60 petits navires. L'escadre de galères se composait en outre de plus de 1,000 bâtiments à rames, dont 200 grandes chaloupes canonnières. Cet immense appareil de forces étonnait l'Europe, en même temps qu'il imposait aux ennemis de la Russie. En 1769, on vit avec stupéfaction l'escadre de la Baltique, sous le commandement du vice-amiral Spiridof, faire roule vers l'Archipel, où, guidée, il est vrai, par d'excellents marins britanniques, elle montra pour la première fois le pavillon moscovite. Rejointe ensuite par l'amiral comte Alexis Orlof, elle attaqua Modon et Navarin, insurgea la Morée au nom de leur commune religion1, et livra au kapudan-pacha Hosameddin, le 5 juillet 1770, près de l'île de Chios, ce combat naval dans lequel les deux vaisseauxamiraux sautèrent en l'air. On en vint à l'abordage et une grande partie de la flotte ottomane fut mise hors de combat; le reste s'é tant réfugié dans la baie de Tchesmé, vis-à-vis de l'île, les contre-amiraux Elphinstone et Greigh l'y suivirent. Deux autres Anglais, Dugdale et Elgin, eurent l'audace de conduire des brûlots jusqu'au milieu des vaisseaux ennemis. Ceux-ci furent livres aux flammes, ce qui acheva la destruction de l'escadre ottomane. Peu de jours après, Spiridof et Elphinstone apparurent au détroit des Dardanelles et en bombardèrent les forts; un instant, les Turcs tremblèrent dans Constantinople. Catherine II immortalisa ces hauts faits en conférant à Orlof le surnom de Tchesmenskoi, ainsi

que l'ordre de Saint-George de lre classe, et en déposant

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