‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 305 sur 367 · Voyage, t. III , p. 62. Cf. Hupel , t. Ier, p · texte numérisé non relu

Voyage, t. III , p. 62. Cf. Hupel , t. Ier, p

2. Les Grecs lui furent de mauvais auxiliaires. Voir Zinkeisen, GescfUchi: des Osmanischcn Reiches, t. V, p. 931-933.

solennellement le pavillon-amiral par lui conquis sur le cercueil de Pierre le Grand. La paix de Koutchouk-Kaïnardji et la navigation libre de la mer Noire furent les fruits de ce triomphe. Plus tard, Otchakof et Kinbourn tombèrent entre les mains des Russes, et la conquête de la Crimée leur livra enfin toute la côte pontique septentrionale, où jusqu'alors ils n'avaient eu aucun port, car Nikolaïef ne fut bâti qu'en 1789 et l'exisience d'Odessa date de 1792. Dans la presqu'île et, comme s'exprime le maréchal duc de Raguse, dans « une des localités maritimes les plus belles du monde, » furent aussitôt commencés , puis continués jusqu'à nos jours, les travaux qui devaient faire de Sévastopol, — espérance . trompeuse pourtant — le Gibraltar de la mer Noire. Après avoir été longtemps tout au plus tolérés sur elle, les Russes en furent enfin^les maîtres; il est vrai que leur ambition était d'en faire, comme de la Caspienne, un lac moscovite. Dans la Baltique, où Calherine 11 soutint hardiment, depuis 1780, le principe de la neutralité armée, ils remportèrent sur les Suédois plus d'une victoire navale , compensées à la vérité en 1790 par celle de Davidstadt, et, quelques mois plus tard, par celle du Svenkasound, remportée par la flotte des skâres de Gustave IIP.

Au temps d'Alexandre 1er, aucune mer ne fut plus inabordable pour les vaisseaux russes. Tandis que, dans la première moitié du XVIIIe siècle, Vit Bering et Tchirikof avaient reconnu la partie la plus septentrionale du grand océan Pacifique, ainsi que la mer Glaciale, que le détroit de Bering met en communication avec elle et où Tchilchagof, Lûtke, Wrangel et d'autres habiles marins ramenèrent depuis 1793 le pavillon de leur nation, au commencement du XIXe se succédèrent les voyages de circumnavigation. Le capitaine

l. Voir Ouslrialof, t. Il, p. 248-203.

de Krusenstern1 ouvrit cette voie aux Russes de 1803 à 1806; après lui s'y lancèrent Bellinghausen et Lasaref (1818- 1821), et deux fois (1815 et 4823) Othon deKotzebue. Quant aux hauts faits militaires de la marine, nous n'imiterons pas l'exemple de M. Oustrialof* qui cite parmi eux la prise de Swéaborg en 1808 : de son propre aveu, elle fut le résultat de négociations heureuses plutôt que d'un habile emploi des forces maritimes; mais elle acheva et assura la conquête de la Finlande. Alexandre, qui s'efforça de faire régner l'ordre dans l'administration de la marine, eut en outre le mérite de bien comprendre le rôle qu'elle avait à jouer. Après avoir conquis la supériorité sur celle des Turcs et celle des Suédois, elle devait sans doute prendre à tache de se soutenir à cette hauteur; mais vouloir rivaliser avec celle de l'Angleterre ou Je la France, n'eût été pour elle qu'une vaine prétention dans l'état où est encore la marine marchande, si peu développée3. En conséquence, le monarque se borna à proportionner le nombre de ses vaisseaux aux forces maritimes que pouvaient lui opposer ses plus proches voisins. Cependant, à la fin de son règne, l'empire avait encore 32 vaisseaux de ligne , 25 frégates , 24 corvettes, bricks, etc., en tout 81 bâtiments de haut bord; de plus, 54 schooners, 20 galères, 25 batteries flottantes et 121 chaloupes canonnières. Le total était de 310 bâtiments de toute grandeur, portant 464 voiles et environ 6,000 bouches à

1. Disons ici une fois pour toutes que nous n'ajoutons la particule nobiliaire^ qu'aux noms allemands. Il va sans dire que la plupart des noms russes proprement dits que nous nommons, appartiennent à des nobles, malgré l'absence de cette même particule.

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