‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 315 sur 367 · Numéro du 4 avril · texte numérisé non relu

Numéro du 4 avril

l'administration centrale.

classes de la société russe aurait sa part d'attributions et de pouvoir.» Bien renseigné par ses correspondants, le même émincnt organe de la presse politique française disait en outre que, «lorsque les desseins de l'empereur seraient accomplis, le gouvernement russe se rapprocherait beaucoup du gouvernement représentatif; que l'empereur avait reconnu la nécessité de renouveler presque entièrement l'organisation du pays : qu'il avait commencé par l'émancipation des serfs et que cette mesure avait produit plusieurs millions de petits propriétaires qu'il était question de faire participer à l'administration , en même temps que la bourgeoisie et la noblesse.» En effet, le manifeste impérial qui accompagnait la loi du 1er (13) janvier 1864, annonçait que le monarque avait jugé bon d'appeler les populations locales à l'administration des affaires qui concernent les intérêts et les besoins provinciaux de chaque gouvernement et de chaque district, par l'entremise de délégués de leur choix. Dans cette loi, en attendant, il n'est question que de l'administration locale, mais les bases de l'organisation judiciaire publiée le 29 septembre (11 octobre) 1862, desquelles nous aurons à parler dans notre avant-dernier chapitre, apportent aussi des modifications à l'institution du Sénat; celle du Conseil de l'empire en attend sans doute de son côté, et déjà l'administration centrale proprement dite a reçu un premier perfectionnement par la création d'un conseil des ministres ordonnée par acte du 12 (24) novembre 1861. Ainsi des pas décisifs sont faits pour livrer à la réforme ce vaste champ où tant de labeurs l'attendent encore.

État actuel de l'administration centrale. Nous le présenterons le plus brièvement possible, en envisageant séparément les grands corps de l'État et le pouvoir exécutif proprement dit Cependant le lecteur se rappellera toujours

ce que nous avons déjà dit, c'est que le point central de toute l'adminisl ration est l'empereur lui-même, à la décision ou à la sanction duquel toutes les mesures de quelque importance doivent être soumises. Tout émane du monarque et tout aboutit à lui en dernière instance. Ses nombreuses attributions, le travail personnel qu'il s'impose, lui font une loi de cette activité prodigieuse que Nicolas Ier a déployée toute sa vie et qu'il a transmise à son fils et son successeur comme héritage de bon augure. Nous répéterons, en outre, que l'administration de la Russie est une centralisation rigoureuse à laquelle rien ne doit se soustraire.

Les grands corps de l'État. On en compte trois dans l'empire , et il en existe aussi dans les deux annexes. Avant de les énumérer, nous dirons quelques mots des grands corps d'autrefois dont ils sont venus occuper la place. Il a été question plus haut (p. 233) du zemskoï sobor et de la zemskafa douma, dénominations que plusieurs auteurs russes ont traduites, un peu ambitieusement selon nous, par «États généraux» : c'étaient des assemblées consultatives, comme l'étaient autrefois chez nous les assemblées de notables. Mais des corps auxquels il est naturel de penser ici, c'est le grand conseil ou douma des boïars du XVIIe siècle', ainsi que le conseil intime suprême (verkhovnyi tainyi sovelh) qui usurpa momentanément le pouvoir au XVIIIe'. Les prikases mentionnées plus haut (p. 743, note) étaient sous l'autorité du conseil intime , lequel se réunissait tous les jours. Le « cabinet impérial », sous le règne d'Anne Ioannovna, et le «conseil impérial», sous Catherine H et Paul5, étaient moins des corps de l'État que des conseils de mi-

1. Voir Olearius, trad. franç. , p. 312. Cf. Moiners, t. Ier, p. 307 et 209, et Oustrialof, t. Ier, p. 457.

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