III. Résultats généraux ; état des lumières
Depuis notre Statistique de 1829, le temps a marché et des progrès sans nombre sont venus à sa suite*; depuis dix
1. Elle n'oublie pas ces derniers dans la libéralité de ses distributions.
2. Néanmoins nous croyons pouvoir maintenir les observations qui y sont consignées p. 72 et p. 80. Cf. Haxtbausen, t. Ier, p. 160 et suiv. A ceux d'entre les Russes qui seraient trop enclins â s'enorgueillir de ces progrès , nous nous permettrions le conseil de donner un instant d'attention à ce qui s'écrit à ce sujet en Allemagne; voir, par exemple ,Die Gegenwart, t. H, p. 317 et suiv.; Rutsland und die Gegenwart, t. Ier, p. 35-65; Aur. Buddeus, Rusdands sociale Gegenwart, p. 4 et suiv.
ans surtout, ces progrès sont rapides et considérables, et même le gros de la nation n'y est plus désintéressé. C'est là, nous l'avouons, le point de vue auquel nous attachons le plus d'importance, et c'est sur celui-là qu'on nous permettra d'insister dans ce moment. Mais là précisément est grande la difficulté de se procurer des notions exactes; car les données dont on a, à différentes époques, fait part au public sont loin d'être homogènes. Le plus souvent il n'était question , dans ces statistiques , que des écoles du ressort du ministre de l'instruction publique, quoique, comme le lecleur le sait maintenant , elles ne renfermassent qu'une minorité d'élèves, en comparaison du total fourni par l'addition de tous ceux qui recevaient l'instruction dans des écoles appartenant à dix ou quinze ressorts différents. En 1824, on ne parlait encore que de 70,000 élèves, en 1832 de 71,400 dans 1,382 établissements, et en 1844, de 103,250 dans 2,166 établissements1. Quant à nous, dès celte époque-là, nous écrivions': «Peut-être restons-nous au-dessous de la réalité en portant le total (nous voulions dire le total général) à 250,000 élèves, Pologne et Finlande non comprises. » Si , dans les publications officielles d'aujourd'hui * , ne figurent que des chiffres inférieurs à celuilà, c'est que, dans toutes, il est uniquement question du ressort du ministère de l'instruction publique, et non de la totalité des écoles existant dans l'empire. C'est en se fondant sur des chiffres également partiels seulement, mais se rapportant aux toutes dernières années, en se fondant sur le
1. Voir un article du Journal français de Saint-Pétersbourg, 15 (27) mai 1843. M. de Krusenstern (p. 414) compte un total de 109,256 élèves de toute catégorie pour 1804, de 263,323 pour 1824, et de 460,576 pour 1837*. Mais il n'oublie pas (p. 415) de donner â ce sujet les explications nécessaires.
2. Statistique delà France , t. II, p. 344, note. — Voir aussi plus haut p. 80G et le tableau de la page 841.