Woldcmar, p. 240; Kbanikof, p. 19 et
total de 208,069 élèves des deux sexes (dn ressort du ministère de l'instruction publique), que M. Khanikof a trouvé, d'une part, 39 enfants allant à l'école sur 10,000 habitant^ ce qui donne la proportion peu avantageuse de 1 écolier sur 256 habitants , et, d'autre part, environ 200,000 individus ayant reçu de l'instruction sur une population totale de 62,200,000 habitants. La proportion est ainsi rabaissée jusqu'à 1 sur 300. Mais déjà, dans des tableaux officiels relatifs à 1834', on avait compté 245,000 élèves de tous les degrés, chiffre qui, rapproché de la population d'alors, avait établi la proportion de 1:210, encore assez défavorable. Selon M. Vôlter, en 1855, elle aurait été de 1 : 151. Si maintenant, prenant pour base du calcul pour 1865 notre tableau ci-dessus (p. 842) et un total de 794,000 élèves rapproché d'une population générale de 69 millions, nous obtenons la proportion plus honorable de 1 : 86*.
Après cela, ce n'est pas chose facile de dire quel est le rapport de la population lettrée à celle qui ne l'est pas ou à la population totale. En France même, sur 1,000 jeunes gens appelés au tirage pour le service militaire, il n'y a guère plus de 700 qui sachent lire , et la proportion des époux qui, au moment de leur mariage, sont à même de signer sur le registre, reste encore un peu au-dessous. En Russie, ceux qui ne savent ni lire ni écrire se comptent par milliers ; la proportion parmi les adultes pourrait bien être encore de 1 : 200, mais elle s'améliore d'année en année, au grand avantage du développement de la presse, sur laquelle, avant de finir, nous aurons aussi à dire quelques mots. Ce que
1. 'fablUtyoutehelmykhxavédéimvsekhvèdomstv' (1838,in-4°), surtout p. 109.
2. On a vu plus haut (p. 825, note 2) la proportion de la France. Cf. notre Statistique de la France, t. II, p. 352 , et pour les derniers temps, M. Block . 1. 1", p. 232 et nff.
nous avons remarqué à ce sujet déjà en 1 829 1 est encore bien plus vrai aujourd'hui : « C'est une justice à rendre à la nation russe que de dire que chaque père de famille, pour peu qu'il jouisse de quelque aisance, s'empresse aujourd'hui d'assurer à ses enfants un avantage dont il n'a pu jouir Juiméme. L'amour de la lecture a fait dans les derniers temps de grands progrès en Russie, et insensiblement la presse y deviendra une puissance. >
C'est naturellement dans les deux circonscriptions scolaires de Sibérie que les illettrés sont le plus nombreux. Sur la carte teintée de la Russie d'Europe qui accompagne les Tablitsy de 1838, les teintes les plus noires se rapportent à une partie de la circonscription de Kasan et à celle du Caucase. Le midi de la Russie;, y compris la Tauride , et les contrées Baltiques , ainsi que le gouvernement de Saint-Pétersbourg, sont en teintes claires. En effet, la circonscription de Dorpat et celle de Saint-Pétersbourg occupent le premier rang pour l'instruction; et après elles viennent les provinces occidentales ci-devant polonaises, n'en déplaise à l'auteur de la même carte, qui semble avoir vidé sur elles tout son encrier.
La presse1. Dans l'année 1836, le nombre des ouvrages originaux publiés en Russie, n'était encore que de 674 (8,340 feuilles d'impression) et celui des ouvrages traduits de 138 (2,666 feuilles). C'était un total de 812 ouvrages, dont, chose curieuse, 98 en langue hébraïque, à peu près autant en allemand, une trentaine en français, beaucoup d'autres en letton, en finnois, en tatar, etc. Aujourd'hui, ce total est plus que doublé , et les beaux livres russes de-