CHAPITRE III
LA JUSTICE
C'est une grande vérité que ce mot qu'on lit dans un livre d'un anonyme russe1: «Le pouvoir, vrai et légitime représentant de tous les intérêts russes, est en quelque sorte la providence sociale de notre pays.» Il l'a été à différentes époques, il l'est surtout au temps actuel, à l'époque contemporaine des transformations. Qui ne l'aurait pas senti en lisant le préambule de l'oukase du 20 novembre (2 décembre) 1864? Cet oukase contient la confirmation des promesses de réformes judiciaires déjà données à la nation le 29 septembre (11 octobre) 1862, et rappelle ces paroles du manifeste impérial du 19 (31) mars 1856: «Qu'avec «l'aide du Tout-Puissant, qui a toujours protégé la Russie, « se consolide et se perfectionne son organisation intérieure! «Que l'équité et la clémence régnent dans sa justice; que «l'élan vers la civilisation et vers toute activité utile se «propage partout avec une nouvelle force!» Puis l'empereur Alexandre II déclare que ces réformes ont pour but « d'introduire une procédure judiciaire prompte, juste, tem- « pérée et la même pour tous les sujets de l'empire , de «donner plus de force à l'autorité des magistrats, d'assurer « leur indépendance et d'affermir parmi le peuple le respect «de la loi. » Sages et salutaires paroles qui étaient inspirées au monarque par sa conviction que les réformes devaient