BIENFAISANCE PUBLIQUE
à céder gratuitement à la compagnie tous les terrains sur lesquels la ligne s'établira, à lui fournir tous les matériaux nécessaires à la construction , enfin à lui abandonner 40 p. 400 du revenu net de sa ligne sibérienne. Quelle perspective pour l'avenir de la science! Si, par exemple, dans la suite de nos travaux , quelque renseignement essentiel sur la province de l'Amour nous faisait défaut, nous pourrions oser adresser à ce sujet une dépêche au gouverneur de Blagoveschtchensk , et l'expédiant de grand matin, il ne serait peut-être pas impossible de recevoir la réponse dans la même journée !
Bienfaisance publique. Si nous devions donner à ce sujet un développement proportionné à son importance, nous n'arriverions pas de sitôt à la fin de notre volume. Qu'on en juge par le passage suivant d'un remarquable mémoire sur l'état économique de la Russie, mémoire dont nous sommes dépositaire et dont il nous sera peut - être possible un jour de faire part au public. Parlant selon nos propres idées et selon notre cœur des obligations de toute société chrétienne, et en particulier de celle de son pays, avec le clergé régénéré qu'il lui suppose, l'auteur s'exprime ainsi : « L'Eglise ne doit pas être seulement le fondement de la culture du peuple , elle doit être aussi le foyer de sa charité. Hôpitaux, maisons de refuge, assistance pour toutes les misères, le peuple doit être porté à fonder et à soutenir tout cela autour et par le moyen de son Église. Le paysan a toujours été prêt à tous les sacrifices pour cette mère commune, tantôt pour la défendre, tantôt pour multiplier les temples du Seigneur; cette même disposition si nationale, il importe de la diriger, d'en concentrer les efforts sur l'instruction et la chanté sous toutes ses formes. Toute commune peut et doit avoir dans un délai prochain, outre son église, une école, un hôpital, une maison de
charité ouverte aux hommes accablés par la misère. Pour quiconque connaît l'intérieur du pays et le caractère du peuple, ce résultat paraîtra possible à atteindre. Il faut naturellement pour cela que le gouvernement reporte de plus en plus sur le bien-être physique et moral de la nation toute son activité, ses lumières, son énergie; il faut que jamais le pouvoir n'oublie que pour arriver à la gloire et à la grandeur actuelles de l'empire, ceux qui en étaient investis autrefois ont demandé au peuple le sacrifice de tous ses droits, de toutes ses libertés, aussi bien que son argent et son sang ... Le grand jour des restitutions est arrivé, et c'est l'émancipation des serfs ordonnée en 1861 par Alexandre H qui en a signalé la venue. » I
Sans doute, ce ne sont là encore que de pieux désirs; mais dans le passé même, dans le présent, il y a les collèges de prévision générale, fondés, en 1775, par Catherine II dans chacun des gouvernements qu'elle créait, collèges auxquels elle imposait les devoirs suivants1: Veiller à la création et à l'entretien d'écoles publiques, fonder et surveiller des maisons d'orphelins pour les deux sexes, des hôpitaux et hospices, des asiles pour les indigents et pour les vieillards infirmes, un établissement spécial pour les malades incurables, un autre pour les aliénés, une maison de travail, une maison de force. Les différents collèges ressorlissaienl à un Comité de prévoyance générale et de tutelle, dont l'académicien Herrmann déjà cité a jadis fait connaître le champ d'activité par une statistique qui se rapportait aux
t. Voir le Statut sur l'organisation des gouvernements, art. 380. — Il contient aussi des prescriptions sur le conseil noble des pupilles (art. 209-222), sur les conseils d'orphelinat dans les villes (art. 293-305) et sur le conseil de conscience (art. 395), espèce de justice de paix à laquelle elle posa ces trois règles : charité universelle, respect de la dignité d'homme, horreur de toute atteinle portée à cette dignité.