Voir Schubert, 1. 1", p
Alexandre II, le maître actuel de cette immense domination, a compris dès l'abord qu'il a d'autres conquêtes à faire désormais et que celles qu'il ferait à l'intérieur de son propre empire seraient tout autrement efficaces pour le bien de ses peuples que la réunion des plus vastes provinces, fussentelles l'empire Ottoman tout entier. Nicolas fut poussé par les événements dans une tout autre voie : engagé, dès le début de son règne, dans des guerres presque malgré lui, il finit par prendre goût aux conquêtes et en méditait même d'impossibles. Celles dont son règne de trente ans agrandit la Russie furent faites aux dépens de la Perse, de la Turquie, du Turkestan indépendant, et aux dépens du désert qui, au nord et à Test de la mer d'Aral, avoisine cette même région. Parlons d'abord des acquisitions qui se rapportent exclusivement à l'Asie.
Les Kirghises-Kaïssaks formaient, comme on Ta vu1, au sud de l'empire, une nation turque puissante, divisée en trois hordes, la grande, la moyenne et la petite. La Petite- Horde, qui est la plus occidentale des trois, était regardée, depuis 1730, comme soumise à la Russie; elle le fut en réalité au moins pendant un certain temps. Il s'en était même détaché une fraction, la horde de Boukéï, qui, avec la permission de l'empereur, s'était établie dans la steppe du gouvernement d'Astrakhan. Le reste de la Petite-Horde, nomades qui erraient dans d'autres steppes au delà du fleuve Oural et le long de la rivière d'Emba, reconnut, dans les années de 1820 à 1826, la suzeraineté du tsar moscovite, en conservant toutefois ses sultans particuliers, aujourd'hui au nombre de trois. Une grande partie de la Moyenne- Horde, dont les campements ne s'éloignaient jamais beau- * coup de la frontière sud-ouest de la Sibérie et des sources de l'Oural, suivit cet exemple sous le règne de Nicolas, qui,